HÔPITAL MILITAIRE
Ces passages se ralentirent vers la fin d'octobre ; ils durèrent cependant tout l'hiver. Parfois les volontaires se plaisaient dans la ville, et se refusaient à la quitter. Le lieutenant-colonel du cinquième bataillon de Seine-et-Marne n'ayant pu décider ses hommes à partir pour Brienne, fut obligé pour les faire obéir d'en référer à l'administration départementale. Il fut constaté que les volontaires, dont la plupart attendaient de Paris leurs habits , se trouvaient dans le dénûment le plus absolu. Plusieurs d'entre eux menaçaient même de déposer leurs armes et de retourner dans leur pays. Le conseil général permanent les rappela à leur devoir, et leur avança 6,000 liv. pour pourvoir à leurs dépenses les plus urgentes (1).
Comme il arrive toujours aux troupes composées de jeunes recrues, les malades furent nombreux. L'hôpital en fut bientôt encombré. Les pauvres malades de la ville ne pouvaient plus y être admis. Les provisions et le linge étaient épuisés. Les ci-devant sœurs, excédées de fatigue et de dégoût, étaient maltraitées et insultées par les soldats (2). Il fallut requérir les objets de literie des anciens couvents, et soixante lits supplémentaires furent dressés. On fut obligé de convertir la maison épiscopale en hôpital militaire, dans lequel on établit cent lits. Les ateliers pour les habillements et les équipements des troupes furent transportés ailleurs, et le service de la subsistance des
(1) Dél. du 16 janvier 1793.
(2) Dél. municipa'e da 5 octobre 1793. Arch. de Troyes.