VISITES DOMICILIAIRES
socia à ces craintes absurdes, en faisant dresser un nouveau tableau des habitants de chaque commune, d'après les prescriptions de la loi de 1791 , qui ordonnait de tenir compte des gens sans aveu, des gens suspects et des gens malintentionnés. Il prescrivit en outre de faire des visites quotidiennes ch^z les aubergistes pour vérifier Tétat de leurs registres, de demander partout les passeports, notamment aux portes de la ville, où Ton établirait des corps-de-garde de vétérans, et de faire saisir à la poste toutes les lettres venant de Tétranger (1). Naturellement toutes ces mesures devaient produire peu de résultats. Deux Génois, qui se qualifiaient de marchands indigents, furent arrêtés et renvoyés à la frontière, de brigade en brigade. Le directoire ordonna des mesures plus vexatoires pour parvenir à découvrir des émissaires qui existaient surtout dans son imagination. Le ministre de la police voulait connaître les individus qui « auraient manifesté leur intelligence avec l'étranger dans le but d'élever un trône à Louis XVIII. » Des visites domiciliaires eurent lieu au commencement d'août 1798 chez dix-neuf habitants de la ville de Troyes, appartenant notoirement au parti royaliste. Parmi eux se trouvaient d'anciens chanoines, l'ancien officier de maréchaussée Cadot, Tex-notaire Guyot et Sourdat (2). Leurs domiciles
(1) Dél. dép. du 13 prairiat an vi. Arch. de TAube, L. 21.
(2) En outre, Porfer, veuve Simonuot, Dalbanne, Piers, Masson, veuve- Froment, Roulion, les anciens chanoines Tresfort, Mocqueris, de Challemaison, Henry, Rousselet, épicier, Meurville -Gérard, drapier, Hervé, no^ taire, Rapault, ancien directeur de la Monnaie, Portier, coutelier. — DéL Bran, du 17 thermidor an vi.