ENFANTS TROUVÉS
Sur 164 déposés en Tan iv, il en meurt 134; en l'an VII, sur 147, 136 périssent. L'insuffisance et le vice de leur première alimentation, l'air. malsain qu'ils respiraient, l'absence des plus simples précautions de l'hygiène, contribuaient à ce déplorable résultat. Le discrédit ne permettait plus de trouver des nourrices; les malheureux enfants, qu'on appelait officiellement enfants de la patrie, buvaient du lait de vache, et restaient dans une salle de l'hôpital exposés à l'influence des exhalaisons malsaines. « La cause de cette mortalité, disait le premier préfet de l'Aube, est dans le dénuement o(i les enfants ont été laissés. Il a moissonné presque tous ceux qui étaient apportés (1). »
L'état des prisons était également déplorable. Il avait depuis longtemps éveillé la sollicitude des administrations. La maison d'arrêt, située dans les bâtiments des Cordeliers, où était la salle d'audience du tribunal criminel, laissait à désirer sous le rapport de l'aménagement. La maison de gêne occupait le local des anciennes prisons; comme en 1789, les détenus s'y trouvaient dans les pires conditions matérielles. La salle des femmes, longue, étroite, éclairée par une seule lucarne, était infectée. Partout la misère était affreuse ; on voyait sur une paille à demi-pourrie des hommes et des femmes, aux trois quarts nus, sans chemises, sans
(l) Annales troyennes, du 1" germinal an v. — Mémoire sur la Statistique.., p. 36. Gorr. mun. du 10 brumaire an v. La proportion des décès n*est pas moins effrayante à Paris, où, en l'an iv, il meurt 2,907 enfants trouvés sur 3, IH déposés. Moniteur, an y, n'^l^l. — Des lois furent votées en Tan vi et en Tan viii pour assurer aux enfants de la patrie dos moyens d'existence au moyen de prélèvements sur les contributions. — Voir RocQUAiN. Etat de la France au 18 brumaire, p. xxix et suiv.