PRISONS
habits, sans couvertures, dans Thumidité et dans la vermine. Pour toute nourriture ils recevaient une livre et demie de pain par jour et de Teau. Les administrations s'émurent d'une situation aussi déplorable; une infirmerie avait été établie dans la maison de gêne; on proposa de créer des ateliers dans les prisons pour occuper les détenus et leur procurer quelques ressources. Il y avait en même ; temps un grand relâchement dans la discipline intérieure de la maison; on circulait toute la journée dans les cours; des prisonniers obtenaient l'autorisation d'aller travailler en ville ; des femmes libres venaient passer la nuit avec leurs maris. Le concierge exerçait un pouvoir absolu, donnant des permissions ou infligeant des châtiments selon son bon plaisir, traitant bien ceux qui payaient, maltraitant les autres, mettant les prisonniers aux fers, et faisant couper les cheveux aux femmes qui cherchaient à s'évader.
A la maison d'arrêt, le relâchement était plus grand encore. L'intérieur était converti en tavernes. « Par un contraste frappant, disait l'officier municipal rapporteur, cette maison pendant l'été offre aux passants, sur le rempart, le spectacle des- Champs-Elysées. » Les règlements qu'édicta la commune n'y firent rien (1). En 1797, la maison de gêne était devenue une maison de plaisir et de débauche (2). Lé concierge, accusé d'avoir laissé évader quatre détenus, fut poursuivi en justice;
(1) Dél. dép. des 1" et 27 ventôse an iv. Dél. mun. du 1 messidor an iv. Id. et règlement du 18 pluviôse an v. Rapport de Milony. Arch. de Troyes.
(2) Dél. dép. du [•' frimaire an vi. Arch. de TAube, L. 20.