‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 33 sur 351 · DESTRUCTION DE LA 9ELLE-CB0IX · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DE LA 9ELLE-CB0IX

armées fut installé dans la maison des Chartreux, au faubourg Croncels (1).

Des réquisitions frappaient en même temps sur les habitants du département. Le 1 2 octobre, ils sont tenus d'envoyer cent voitures au camp de Châlons dans l'espace de quatre jours. Le même jour, le lieutenant-général Alexandre Sparre demande tout le plomb des églises et des édifices nationaux dont on pourra disposer sans en compromettre la solidité, et le conseil général s'empresse d'en demander l'état aux districts. Les révolutionnaires n'avaient pas attendu cette réquisition pour abattre une croix en bronze doré, haute de trente-six pieds, élevée en 1 495 sur la place de l'Hôtel-de- Ville, et qui, connue sous le nom de Belle-Croix, était regardée comme l'un des ornements de Troyes. Elle fut déconstruite le 8 octobre, ainsi que la croix des Cordeliers, par ordre du conseil général , sous le prétexte que « ces monuments, élevés dans des temps reculés, présenteraient des objets de plus grande utilité par leur fonte et conversion en canons (2). » Pour ajouter aux regrets que causa la destruction de la Belle-Croix, on reconnut que le métaln'étaitpointpropreàla fabrication des armes, et le Journal du Département déplora qu'on ne se fût pas assuré préalablement, par la fonte d'un essai, du véritable produit de l'opération (3).

(1) Arrêtés des 27 et 29 septembre et du 9 octobre 1792. Arch. de l'Aube, K. 1.

(2) Arrêté du 26 septembre. Arch. de TAube, K. 1.

(3) N" du 10 octobre. Voir : Voyage archéologique dans l'Aube, de M. Arnaud (p. 73), où se trouve une reproduction lithographique de la Belle-Croix ; Introduction à la Notice sur les collections du musée de

Page 1