TEMPLE DÉCADAIRE
en avez la sagesse et le pouvoir. » Ce jour-là, seize des vieillards les plus recommandables du canton sont conduits au temple décadaire, et reçoivent des couronnes enlacées de feuilles de chêne et de fleurs (1).
Toutes ces fêtes, dont Tinspiration était parfois généreuse, et dont les détails étaient trop souvent puérils, se célébrèrent à partir du 4 fructidor an vi, dans réglise Saint-Pierre, à laquelle on donna le nom de Temple décadaire ou de Nomodôm^ temple des lois. On affecta le chœur aux autorités, aux futurs époux et à leurs témoins; l'autel de la Patrie y fut dressé; on le décora de la Déclaration des droits de l'homme ; on suspendit aux piliers des emblèmes et des trophées (2) ; on aurait voulu y attacher un nombre pair de drapeaux pris sur Tennemi, et la municipalité en fit la demande. C'est dans cette enceinte que se rendaient le décadi les autorités, accompagnées des élèves des écoles et escortées des gardes nationaux. On y lisait les lois nouvelles, le Bulletin décadaire des affaires générales de la République, la liste des naissances et des décès; on chantait des hymnes patriotiques. Quelquefois un artiste, accompagné de la clarinette et d'autres instruments de musique, faisait entendre un hymne à l'Eternel (3). Des discours étaient prononcés, et la cérémonie se terminait par la célé-
(1) Arrêté du 2 nivôse an vu. Dél. dép. et mun. de l'an vi et de l'an vu. Arch. de TAube, L. 30.
(2) Dél. mun. des 4 et 22 fructidor an vi.
(3) Cérémonial du canton de Troycs. Registre servant à inscrire le procès-verbal des fête» décadaires du 10 vendémiaire au 25 messidor au vu. Arch. de Troyes.