‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 327 sur 351 · ARTS. — BIBLIOTHÈQUE. - INSTRUCTION · texte numérisé non relu

ARTS. — BIBLIOTHÈQUE. - INSTRUCTION

La Révolution ne fut point favorable aux arts, aux sciences et aux lettres. Les assemblées et les administrations s'efforcèrent, il est vrai, d'atténuer les conséquences fatales des lois destructives qu'elles avaient votées et appliquées. Elles prescrivirent de recueillir les livres et les objets d'art provenant des maisons religieuses et des maisons d'émigrés; elles cherchèrent à créer et à faire prospérer un nouveau système d'instruction ; mais trop souvent, malgré la générosité des principes qui les guidaient, malgré la sincérité de leurs efforts, elles n'arrivèrent qu'à des résultats insuffisants ou à des déceptions complètes.

Lorsqu'on 1790 les couvents furent fermés et mis en vente, le conseil général de l'Aube décida que les reliques, les statues, les bas-reliefs, les tableaux et les monuments précieux provenant des églises supprimées seraient transférés à Saint- Pierre. « Ainsi la métropole du département, disait l'arrêté, deviendrait un musée sacré, où les arts

470 PROJET d'un musée.

iraient chercher des modèles, la piété des exemples, le goût des leçons, et la religion s'élèverait superbe du milieu des monuments de ses merveilles (1). » Ce projet, inspiré par de nobles sentiments, reçut un commencement d'exécution ; les tombeaux des comtes de Champagne et les richesses du trésor de Sdint-Etienne furent transportés à Saint-Pierre en 1792. On a vu quel sort leur était réservé. Le conseil général de 1792 se préoccupa aussi de réunir au chef-lieu du département les objets d'art qui se trouvaient dans les maisons confisquées sur les émigrés. L'un de ses membres. Pavée de Vendeuvre, proposa de demander à la Convention l'autorisation nécessaire pour établir un musée dans l'ancienne abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains, qui, selon lui, offrait les formes d'une architecture simple et grave, et toutes les conditions désirables d'aménagement intérieur. Le conseil applaudit et adhéra à cette proposition (2). On a vu également qu'il chargea deux administrateurs de visiter les maisons d'émigrés du district de Nogent, pour y recueillir les objets d'art dignes de figurer au musée. Ce musée devait rester longtemps à l'état de projet. Cependant on réunit dans les vastes bâtiments de l'ancienne abbaye de Saint-Loup un certain nombre d'objets précieux provenant des églises et des monuments. Les attributs du médaillon de Louis XIV, qui était à l'hôtel-de-villé^ y

(1) Rapport de Beugnot, p. 70. Rapport du bureau du bien public, et arrêté du 13 décembre 1790. Beg, des dél. de rassemblée du départe' ment,

(2) Dél. du 15 décembre 1792. Reg, des dél., p. 26. Arch. de TAube, L. 330.

CONSERVATION d'œUVRES D*ART. 471

furent transférés, ainsi que les vitraux de l'Arquebuse et ceux de Saint-Etienne, que Ton enferma dans des caisses (1). C'est à cette mesure de précaution que Ton doit la conservation des charmants vitraux du xvii® siècle que l'on peut admirer aux fenêtres de la grande salle de la bibliothèque. Les objets précieux, qui échappèrent au vandalisme de la Terreur, furent déposés au trésor de la commune, et à partir de 1796, dans les bâtiments de Notre-Dame. Les sculptures et les peintures religieuses furent entassées dans les salles basses de Saint-Loup, dans les plus mauvaises conditions de préservation. L'agent national de la commune, qui les visita en 1794, trouva les tableaux froissés les uns contre les autres, pêle-mêle sur les carreaux, ou appuyés contre un mur humide récemment reblanchi. Des morceaux superbes de sculpture gisaient épars çà et là à côté d'images grossières du saint Sépulcre (2). Les sculptures s'y trouvaient encore à l'époque du Consulat (3) ; elles furent pour la plupart réclamées par les curés des paroisses de la ville. Les tableaux et les gravures furent tous réunis dans les greniers de Notre-Dameaux-Nonnains ; les uns servirent plus tard à l'ornement des salons de la préfecture; d'autres furent restitués aux églises ; d'autreâ enfin, et ce fut le plus grand nombre, furent veiidus à l'encan ou disparurent sans laisser de traces. Sur 255 tableaux, 37 ont été conservés au musée, que la Société acadé-

(1) Arrêté du département, du 9 septembre 1793. Arch. de TAube, L. 15. Lettre de Muloi et de Cossard. Id. 2. 0. 393.

(2) Corr. mun. du 27 tbermidor an ii.

(3) Indicateur pour Van IX, p. 208.

mique de TAube a fondé en 1831 dans l'ancienne abbaye de Saint-Loup (1).

C'est dans les bâtiments de la niême abbaye que furent réunis les livres provenant des communautés religieuses et des émigrés. Le département prescrivit en 1 793 la suppression de deux étages de cellules « abreuvées par un vaste corridor, » qui occupaient la j^rtie supérieure de l'abbaye (2). Cette suppression permit quelques années plus tard de réunir dans une salle immense, de 1 60 pieds de longueur, les soixante mille volumes qui font de la bibliothèque de Troyes une des plus belles, des plus riches et des plus curieuses de France.

Cette admirable collection se forma de quelques livres d'émigrés, de la bibliothèque de l'abbaye de Clairvaux et des autres bibliothèques conventuelles du département. Parmi ces dernières se trouvaient la bibliothèque des Cordeliers, enrichie par la libéralité d'Hennequin, et celle du collège de l'Oratoire, à laquelle François Pithou avait légué ses livres. Toutes deux contenaient des imprimés et des manuscrits précieux. Les autres congrégations, à l'exception de l'abbaye de Montiéramey, avaient de moins riches collections. La plupart d'entre elles furent déposées provisoirement, « comme des tas de pierres qu'on mesure au pied cube, » dans des chambres étroites des bâtiments de Notre-Dame-aux-Nonnains. Pour faire place aux

(1) On trouvera sur la formation du musée les détails les plus circonstanciés dans l'Introduction à la Notice sur les collections du musée de Troyes, par M. J. Gréau. ^

(2) Dél. dép. du 9 septembre 1793.

suspects détenus, on déménagea précipitamment la bibliothèque du Grand-Séminaire, qui contenait des éditions très-recherchées au milieu d'un amas confus d'ouvrages religieux. Ces livres, pour la plupart, furent jetés par les fenêtres, et « tombèrent dans les ordures les plus infectes. » Bramand, qui était chargé de leur classement, fut occupé pendant plus de dix jours à réparer le dégât. Il procéda à leur inventaire dans le grenier de Saint- Loup, qualifié par lui de repaire à rats, où, exposé à toutes les intempéries, il fut obligé d'interrompre son travail pour laisser aux couvreurs le temps de réparer la toiture (1).

. Le nombre des livres provenant des communautés religieuses et des émigrés du district fut évalué par Bramand à 25,753 (2). La théologie y dominait. Aussi l'ancien vicaire épiscopal Bramand, tout en reconnaissant que ces collections étaient « lardées de quelques bons livres, » en parlait-il avec un étrange dédain et dans un style inexcusable. « Voilà, citoyens administrateurs, écrivait-il au district en lui adressant un aperçu de ses travaux, l'état actuel de vos bibliothèques, qui pillées toutes dans le mortier du sens commun, ne produiraient qu'un virus incrassant et une humeur acez fétide, et au moins soporative, et très-peu d'élixir vivifiant, et tel qu'il le faudrait en abondance pour détruire la gangrenne et régénérer l'esprit de ce

(i) Lettre de Bramand et de Godmée, du 7 fructidor an ii.

(*2) Catalogue du 23 ventôse an m. Dans ce relevé, où ne figure pas la bibliothèque de Clairvaux, les Cordeliers figurent pour 4,507, le Grand-Séminaire pour 2,200, Saint-Loup pour 2,366, le collège et l'Oratoire chacun pour a,000, Montier-Ia-Celle pour 1,956.

siècle abâtardi et presque par alise (1). » Les membres du département pensaient de même, et ne voyaient dans ces collections que « des monceaux de fratras, aliments de Terreur et du fanatisme que de pieux fainéants ne semblaient conserver que pour insulter à la raison. » Les administrateurs appréciaient davantage la bibliothèque de Clairvaux, et ils en pressaient le transfert, afin, disaient-ils, « qu'elle pût servir à l'instruction des sans-culottes (2). »

Ce qui faisait la valeur exceptionnelle de cette bibliothèque, c'est qu'elle renfermait l'admirable collection formée par les présidents Bouhier, de Dijon. Cette collection, qui comprenait 3i ,652 volumes et 1,074 manuscrits, avait été vendue, en 1781, moyennant 135,000 1. à l'abbé de Clairvaux. En 1790, ces livres étaient entassés dans deux salles, l'une située sous le cloître, l'autre dans le bâtiment des fours (3). Le département, qui en connaissait la valeur, décida le 13 décembre qu'ils seraient transportés à Troyes. Malgré les mauvaises conditions d'entretien où se trouvaient ces livres, ils restèrent à Clairvaux jusqu'en 1795. A cette époque, les adjudicataires de l'abbaye demandèrent « qu'on les en débarrassât. }> Le représentant Dupuis, auteur de V Origine des cultes^ et plus tard membre de l'Institut, ayant été envoyé à cette époque k Troyes pour réorganiser l'instruction pu-

(1) Lettre du 4 prairial an ii. Arch. de l'Aube, 2. 0. 363.

(2) Dél. dép. du U ventôse an ii. Id., L. 1.

(3) Inventaire de Clairvaux, du 24 mai 1790. Les commissaires comptèrent tous les livres, sur l'observation que les catalogues fournis par le vendeur n'étaient pas exacts. Arch. de l'Aube.

blique, pressa le département de hâter le transport de la bibliothèque de Clairvaux. Il fut effectué à raison de 20 1. le quintal pendant les mois de juillet et d'août. L'administration aurait voulu placer cette importante collection dans l'ancien réfectoire de l'abbaye de Notre-Dame (1); mais elle était destinée à faire partie de la bibliothèque de l'Ecole centrale à laquelle avaient été attribués tous les livres du département, et qui devait être installée à Saint-Loup (2). En attendant que le premier étage fût disposé pour les recevoir, ces livres restèrent en caisse, exposés à l'humidité, et ce ne fut qu'au commencement de l'automne de 1796 qu'on s'occupa de les cataloguer. La ville avança les fonds nécessaires pour la mise en place et la construction des bufifets qui provenaient en partie de Clairvaux (3).

Herluison avait été nommé l'année précédente commissaire à l'inventaire et au catalogue des livres, en remplacement de Bramand et de Godmée (4). Avec l'aide de Peuchot, qui lui fut adjoint, il s'occupa du classement et du transport des livres du district, qui avaient été primitivement déposés à Notre-Dame-aux-Nonnains, sous la garde de Nicolas-Jacques Camusat. Il fit aussi transférer à Saint-Loup certaines bibliothèques

(l). Les frais de transport montèrent à 37,647 1. au 15 brumaire an iv, sar lesquels on compte 7,569 1. de caisses. Dél. dép. des 25 prairial, 9 messidor et 29 fructidor an m. Arch. de l'Aube, L. 18 et 26.

(2) Arrêté dép. du 7 floréal an iv. Id., L. 22,

(3) Dél. mun. du 8 vendémiaire an v. Voir aussi : Arch. de l'Aube, 2. 0. 363. — Lettres de Milony et d'Herluison. Annales troyennes, n"' 23 et 26.

(4j DéJ. du 15 ventôse an m. Arch. de l'Aube, L. 33.

conventuelles, telles que celle du collège, qui étaient restées dans leur ancien local. Il fit amener également en ^ 797 les livres que les villes d'Arcis, de Bar-sur-Aube et de Nogent prétendaient conserver, en qualité d'anciens chefs-lieux de district. Les manuscrits étaient rangés sur les rayons, le catalogue des imprimés avançait, lorsqu'Herluison, destitué à la suite de son discours du 10 thermidor an V, dut céder ses fonctions à Bouille, qui fut bientôt remplacé lui-même par Jérôme Jaillant, magistrat à Sens avant 1 789, et ancien député aux Etats-généraux (1^ Ce fut sous l'administration de ce dernier que la bibliothèque s'ouvrit régulièrement pour le public quatre jours par décade, et que Ton autorisa les prêts de livres au dehors (2). En 1800, Herluison fut réintégré dans ses fonctions par le préfet ^3) ; il devait y déployer, jusqu'à sa mort qui arriva en 1811, toutes les qualités d'une érudition à la fois attrayante et sérieuse.

La bibliothèque, qui en 1803 fut attribuée à la ville, survécut à TEcole centrale, à laquelle elle avait été attachée. En fondant dans chaque département une école centrale, la Convention avait voulu réorganiser rinstruction secondaire, en donnant à renseignement des sciences plus d'importance que par le passé. Le collège fondé par Pithou

[V Dé), da *!!t messidor an n. Lorsque BouiUé fut installé le 16 rentôse. les livre> êt:uent amoncelés en parallellipèdes, et les cartes du catalogue remî-'.î^Siùent Cî cartons. Arch. de l'Aube, L. 21 et 2. 0. 363.

(2i Règlement du 22 nivôse an vu. .irch. de l'Aube, L, 30.

•3) Arrvsé da 17 ttorôal an viii. Id. 2. 0. 3G3. Le 13 thermidor^ il futéju à runnnimit-L* fur les professeurs de l'Ecole centrale. Voir aussi sur la Bibliothè-iue V Annuaire de VAube de 18 'i5, p. 50 et saiv.

avait été déserté pendant la Terreur; cependant il y restait encore quelques élèves en 1795, et les cours continuèrent jusqu'à rétablissement de TEcole centrale de TAube, qui n'eut lieu qu'en novembre 1796. Les professeurs de l'école furent choisis au concours par un jury composé de Charbonnet, ancien recteur de l'Université de Paris; de Bosc, chimiste, et de Regnault-Beaucaron (1). Presque tous les professeurs choisis avaient' fait leurs preuves de^îapacité, soit dans l'enseignement, soit dans les professions libérales qu'ils avaient embrassées. Quatre chaires sur sept furent attribuées aux lettres et à l'histoire, et l'une d'elles fut confiée à Charbonnet, qui s'était distingué par des compositions latines et françaises, où il avait déployé, en louant les princes et les grands, toutes les ressources d'une rhétorique savante et d'un style quelque peu apprêté (2).

L'installation des professeurs et l'ouverture de l'école centrale eurent lieu le 14 brumaire an v (4 novembre 1796], dans l'ancienne abbaye de Saint-Loup. Rivière, président du département, ouvrit la séance par un discours substantiel et

(1) Arrêté d'Albert, du 26 ventôse an m. Arch. de l'Aube, 2. 0. 388. Arrêté dip. du 7 floréal an iv. Id., L. 25.

(2) Les professeurs nommés en l'an iv furent : Delagrange, ancien principal du collège de Chaource, langues anciennes; Bramant, grammaire générale; Hardy, ancien principal du collège d'Ervy, histoire; Charbonnet, belles-lettres ; Desponts, ancien professeur de mathématiques à l'Ecole militaire de Brîenne, auteur d'écrits philosophiques, mathématiques; Serqueil, médecin, histoire naturelle; Baudemant, ancien professeur à l'école de dessin, dessin; Charbonnet, appelé en 1798 à la chaire d'éloquence au collège Charlemagne, à Paris, fut remplacé par Bégat. On ouvrit plus tard un cours de législation qui fut confié à Balestrier, et une chaire de chimie, où professèreot Bosc et le chirurgien Bergerat.

court. Pavée, qui venait d'être appelé au jury central, fit ensuite apprécier dans une allocution chaleureuse son érudition, ainsi que la grâce et la facilité de son style. Tous les professeurs prirent successivement la parole pour exposer leur méthode et tracer le programme de leurs cours. Herluison, bibliothécaire de Técole, parla le dernier, et lut un traité sur la critique, qui à diverses reprises souleva de vifs applaudissements (1).

Malgré le chaleureux appel que fit le président du département aux pères de famille, malgré le zèle et le mérite des professeurs, les cours de recelé centrale, qui s'ouvrirent le lendemain dans les salles de l'ancienne école de dessin, à Thôtel-deville, furent peu suivis et ne produisirent pas les résultats qu'on en attendait. Le programme était cependant de nature à attirer ceux qui voulaient s'instruire rapidement. Le professeur Delagrange avait une méthode nouvelle pour enseigner les langues anciennes. « Les élèves, disait-il, n'employeront pas huit années pour apprendre le grec et le latin... Des dispositions naturelles, de l'application et quelques mois d'étude sulSâront pour entendre Virgile et Homère. » Les élèves cependant ne venaient pas, et un an plus tard, l'administration déclarait que l'espoir des succès de l'école centrale avait été cruellement déçu par la funeste apathie des parents et l'empire des préjugés. C^la était d'autant plus regrettable, suivant elle, que l'ignorance accroissait chaque jour son empire d'une manière si effrayante que la presque totalité de

(1) Annales troyennes, n" 12.

radolescence savait à peine lire et parler sa langue.

Le local de Saint-Loup n'était pas encore disposé pour les classes; les salles de Thôtel-de-ville étaient insuffisantes. En novembre 1797, Técole centrale fut Installée dans les bâtiments de l'ancien collège, qui fut également affecté au logement des professeurs (1). Un règlement fut publié, fixant la durée des cours à deux heures et leur périodicité à trois fois par semaine (2). L'administration redoubla d'efforts pour assurer le succès d'un établissement qui réunissait l'enseignement supérieur à l'enseignement secondaire, sans avoir le mérite de l'un et la régularité de l'autre. Les cours étaient aussi trop élevés pour ceux qui y étaient admis; les classes, indépendantes les unes des autres, ne pré-, sentaient pas dans leur ensemble un système sagement combiné d'instruction commune (3). On n'y recevait que des externes dont l'assiduité et la discipline laissaient à désirer. A la fin de 1798, on décida qu'un pensionnat serait établi auprès de l'école (4). Un nouveau programme, inspiré des principes républicains et philosophiques de l'époque, fut rédigé ; il n'était pas fait pour attirer ceux qui se défiaient de ces principes et qui chaque jour de-

(1) Dél. dép. du 6 brumaire an vi. Le budget de Técole était de 24,000fr. Les professeurs et le bibliothécaire avaient 2,000 fr. de traitement. L'entretien du cabinet de chimie et de physique était de 2,000. Le cabinet d'histoire naturelle fut cédé le 28 thermidor an xii à la Société académique de l'Aube.

(2) Dél. dép. du 17 frimaire. Id., L. 20. Un autre règlement fut imprimé le 14 nivôse an vu. Gobelet, in-4'* de 7 p.

(3) FoRNEROx, Notice sur le collège. Mém, de la Soc, académique de TAuhe, 1840.

(4) Dél. dép. du 5 nivôse an vu. Ârch. de l'Aube, L. 30.

venaient plus nombreux. Ainsi, si Ton introduisait avec raison dans les cours Tétude de la géogra-^ phie, qu'on qualifiait d'œil de l'histoire, on annon^^ çait qu'on enseignerait sur la morale et la philos phie de Thistoire les doctrines de Condillac, Voltaire et de Mably (I). Les distributions de p et les examens se firent avec plus de publicité q^ jamais (2) ; les élèves étaient toujours peu no ^ breux. Les professeurs demandèrent un réglera ^^ fixe; celui que l'administration leur accorda s^o^/. leva leurs réclamations, parce quil leur parais 573/^ de nature à amener la désorganisation de Técole (3). Mais ses détracteurs redoublèrent leurs attaques contre l'enseignement qui y était donné. Cette opposition ne cessa que lorsque l'école centrale, supprimée par une loi de 1802, fut remplacée en 1804 par une école secondaire communale, dont la méthode d'eAseignement revint à celle des anciens collèges (4).

Cependant les efforts sincères des professeurs de l'école centrale et des administrateurs ne restèrent pas entièrement stériles. Ce fut sous leurs

(1) Programme de l'école centrale du département de l'Aube, du 14 pluviôse an vu. ln-4» de 19 p.

(2) Procès-verbal de la séance du 18 fructidor an VII... pour la distribution des prix. Gobelet, 10-4° de 22 p. — Examen général fl public des élèves. An vu. Salnton... in-4*' de 6i p. Il y avait 30 élèves pour les langues anciennes, 20 pour la grammaire. Le nombre total était de 80. {Mémoire sur la statistique). Le Journal de VEcole centrait ^^ 19 pluviôse en compte 200. — Discours du citoyen Bégat... à la séanct du 18 fructidor. Mallet, in-S" de 24 p.

(3) Registre des délibérations du conseil administratif de Técole... mao. de la bibl. de Troyes, n° 2,286.

(4) Etablissement de Vécole secondaire et communale de Troyes dans Vancien collège de cette ville, — 6 thermidor an xii, — in-4' de 4 p.

SOCIÉTÉ d'agriculture. 481

auspices que se créa une société libre d'agriculture et d'économie rurale, qui se transforma en 1799 en société d'agriculture, du commerce et des arts, et qui fut pour ainsi dire le berceau de la Société académique de l'Aube. Le docteur Serqueil, l'ex-agent forestier deMauroy, Jaillant-Deschainets, Tru'elle-Chambouzon, Berthelin de Rosières, Laffertey, Verrollot furent nommés par le département membres du bureau (1). La plupart de leurs travaux furent insérés dans une publication périodique qu'ils fondèrent, de concert avec les professeurs de l'école centrale, sous le titre de Journal de VEcole centrale et de la Société d'agriculture du dé-partement de VAube (2). L'administration en favorisa la publication en souscrivant pour cent soixante exemplaires; aussi, sous le rapport politique, ce journal se borna-t-il à un rôle officieux, se conformant aux variations de l'opinion gouvernementale, reproduisant en 1799 des imprécations de Bramand contre les rois, et en 1800 exaltant le premier -consul dans des vers du genre de ceux-ci :

Bonaparte est l'ange de paix.

L'humanité lui doit un temple.

Mais il renferma d'intéressants articles sur l'agriculture, la rhétorique, les sciences, sur les travaux de la nouvelle Société, dus à la plume de Desponts, de Berey de Vaudes, de Truelle-Chambouzon, de Sutil, dé Bégat, de Serqueil. Loiselet y

(1) Dél. dép. des 1" messidor an vi et 9 pluviôse an vu. Arch. de TAube, L. 21 et 30.

(2) Il paraissait le nonidi en un in-8° de 8 p. La collection de la bi* bliothèque de Troyes contient 67 numéros, du 29 brumaire an vu aa 29 tructidor an viii.

Page 1