CHAPITRE XLIII
ÉLECTIONS DE LAN VII. - LÉVÊQUE BLAMPOIX. LES CONSCRITS. - LE 18 BRUMAIRE.
La Constitution républicaine de l'an m n'assura ni la stabilité, ni la liberté. Le Directoire unissait l'arbitraire à l'impuissance, et suspendait ou appliquait à son gré les lois qu'il était chargé d'exécuter. Pendant les quatre années que dura ce régime, la municipalité de Troyes fut renouvelée sept fois, en totalité ou en partie. Jamais les membres de cette administration, élus pour un an, n'arrivèrent au terme normal de leur mandat. Les oflficiers municipaux de Tan iv furent écartés des affaires et remplacés au bout de six mois, pour vice de forme dans Télection; l'année suivante, les modérés furent rappelés par le suffrage de leurs concitoyens à la municipalité. Le 18 fructidor arriva; le Directoire substitua aux modérés des révolutionnaires. Ceux-ci obtinrent la majorité dans les assemblées primaires de Tan vi; mais ils ne purent se maintenir jusqu'aux élections de Tan vu. François (de Neufchâteau) avait fait prévaloir au
ministère de l'intérieur une politique moins exclusive. Les membres de l'administration cantonale de Troyes, qui avaient élu Dorgemont pour président^ ne lui présentaient pas les garanties suffisantes pour l'exécution des lois, soit à raison de leur conduite à l'époque des élections antérieures, soit à cause de leurs opinions politiques. La lutte qu'ils opposaient sans cesse à l'autorité départementale entravait les affaires et perpétuait le désordre. Aussi, sans attendre les élections qui devaient avoir lieu six semaines plus tard, le Directoire destitua en février 1799 les quatre membres les plus influents de la municipalité, Dorgemont, Lejeune, Dupont-Abit et Ramonnet, et les remplaça par Joffroy-Gény, Debure, Vernier fils et Lièvre, qui appartenaient au parti modéré (1). Deux mois auparavant, une mesure analogue avait modifié l'administration départementale. Le président Jaillant, Bouille et Patin furent destitués par le Directoire, les deux premiers « comme ne donnant pas au gouvernement une garantie suffisante de l'exécution des lois, » le dernier « comme n'ayant pas les talents nécessaires. » Ils furent remplacés par des républicains moins ardents, Feugé, Raverat et Sissous. Duval fut élu président en remplacement de Jaillant (2). Une autre modification importante avait eu lieu dans le cours de l'été de 1798. Sutil, accusé de concussion, avait été révoqué de ses fonctions de commissaire près
(1) Dél. mun. du24 pluviôse an vu. Àrch. de Troyes. Bourlier, Branche et Mignot furent conservés. Joffroy-Gény fut élu président le 26. (^) Dél. dép. du 8 frimaire an vu. Àrch. de l'Àube, L. 30,