ÉLECTIONS DE L*AN VII
Vadministration départementale, et remplacé par Joseph Bosc,« professeur de chimie à l'école centrale, et frère du naturaliste Louis Bosc, qui fut Vami et le confident de madame Roland (i).
L'un des inconvénients du régime existant, c'est que les administrateurs et les commissaires cherchaient à user de leur influence pour se faire élire députés au Corps législatif. Bosc, voyant la prépondérance de l'opinion modérée, voulut lui donner des gages. Son influence contribua aux changements qui furent eff'ectués dans les administrations. Il s'efi'orçait de se conformer dans ses actes aux instructions du ministre, dont la devise était : « Plus d'anarchistes en France; mais aussi point de réaction. » Les administrateurs publièrent une adresse dans le même sens : « Evitez les royalistes, disaient-ils aux électeurs primaires, et les ambitieux d'une autre espèce. Vos ennemis veillent. Faites de bons choix (2). » Duchâtel-Berthelin et Parisot agissaient aussi pour le triomphe des mêmes principes. Le neveu de Parisot, Vandeuvre, qui fut sous la Restauration procureur général à Rouen, publia une adresse au peuple sur les Elections de Van VIT, qui eut dans l'Aube un grand retentis-
(1) Dél. dép. des 8 et 16 messidor an vi. Id., L. 21. Sutil avait été accusé de délivrer, moyennant des présents, des congés provisoires ou définitifs aux réquisitionnaires. Il réclama contre cette inculpation dans une Pétition présentée à l'administration centrale de VAube (in-S" de U p. Pluviôse an vu).
Joseph-Antoine Bosc, né à Aprey (Haute-Marne) en 176 i, mourut en 1837, à Besançon.
(2) Circulaire du ministre et adresse des administrateurs, du 14 pluviôse an Vil. Imp.
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sèment, et dans laquelle il attaquait avec force la « faction terroriste (1). »
Si les révolutionnaires ne répondirent que plus tiard à Vandeuvre (2), ils attaquèrent Bosc avec la plus extrême violence, dans un pamphlet intitulé : Observations sur ce qui se passe dans le département de l'Aube (3). Mais leurs efforts furent inutiles. L'assemblée électorale de l'Aube, qui ouvrit ses séances le 20 germinal an vu dans la salle de l'évêché, sous la présidence de Lerouge-CoUinet, se composait de 249 membres. Le parti modéré l'emportait d'un petit nombre de voix ; il valida les opérations de quelques assemblées primaires scissionnaires, et procéda à l'élection de trois membres du Conseil des Anciens et d'un membre du Conseil des Cinq- Cents. Lerouge-CoUinet, président du tribunal civil. Courtois et, Bosc furent appelés au Conseil des Anciens, le premier pour trois ans, les autres pour deux. Duchâtel-Berthelin échoua dans un scrutin de ballotage entre lui et Courtois (4). Mennessier, qui avait refusé en 1795 le mandat de député, fut élu membre du Conseil des Cinq-Cents. Tous se montrèrent hostiles au gouvernement issu du 18 fructidor, et n'hésitèrent pas à concourir au
(1) Au Peuple,., in-S" de 15 p.
(2) Pierre-Prudent Vendeuvre-Bazile, notable départemental de l'arrondissement de Bar-surSeine, à ses collègues du département de VAuhe, s. 1. n. d. In-S" de 8 p. Pamphlet ironique très-violent.
(3) !•' germinal an vu. A Troyes, de l'imprimerie des Sourds-muets, in-S" de 16 p.
(4) Duchâtel avait publié un compte-rendu à ses électeurs aussi intitulé : Duchâtel-Berthelin, représentant du peuple^ député de l'Aube en Van IV, à ses concitoyens du même département. Germinal an VII, Paris, in-8° de 89 p.