‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 34 sur 351 · DONS CIVIQUES · texte numérisé non relu

DONS CIVIQUES

Les armes de guerre faisaient défaut, et les districts recevaient Tordre de rassembler toutes celles qui se trouvaient entre les mains des municipalités et des particuliers (1). Les vêtements manquaient aussi pour les soldats, et ceux qu'on leur destinait étaient souvent de qualité inférieure. Pleine de zèle pour la cause nationale, la commune de Troyes, non contente de signaler au ministre la fabrication défectueuse des bas, provoqua, au commencement de janvier, des dons civiques en faveur des armées. <( Les Français, disait-elle, semblent des dieux que la foudre précède. Encore quelques moments, et Tunivers sera libre. Encore quelques moments, et tous les peuples seront heureux... En attendant, ces braves manquent de tout; il ne leur reste que leurs lauriers pour se couvrir; ils marchent les pieds nus sur la glace; ils couchent sans habits, sans capotes, au milieu des neiges; et toujours combattants, ils ont à vaincre et les rigueurs de l'hiver, et les derniers efforts de nos ennemis. » Aussi la municipalité ouvrit-elle à la maison comr mune un bureau, où tous les amis de la République étaient priés d'apporter des habits, des vestes bien chaudes, des capotes, des souliers, des bas et des chemises, ou de l'argent, qui serait immédiater ment converti en achats d'étoff'es et de toiles (2).

Le conseil général du département prit à la même époque un arrêté pour inviter toutes les

Troyes, par M. Gréau, p. xlii. La Belle-Croix fut vendae aux enchères le 20 novembre. Elle pesait 8,000 liv., qui furent adjugées environ 20 sols la livre.

(1) Arrêté du 29 novembre 1792. Arch. de TAubc. K. 2.

(2) Proclamation du 3 janvier 1793. Journal du Département do 9.

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