CONSOLATEURS
même défiance envers le clergé, et redoublé les mesures de police relatives à l'exercice du culte. Milony signalait Tintolérance des prêtres, et voulait les réduire au silence, non par la persécution, mais en les vouant au mépris par la propagation des lumières de la philosophie (1). En attendant ce résultat, on empêchait les prêtres de publier les bans de mariage, parce que cette publication était de nature à décrier les lois civiles; on interdisait les réunions dans les églises après le coucher du soleil; on renouvelait les arrêtés qui proscrivaient Tancien calendrier (2) ; on poursuivait un suisse et un bedeau, qui, dans un chef-lieu de canton, avaient accompagné dans les rues un enfant nouveauné (3). La municipalité cependant autorisa deux « consolateurs » à assister jusqu'à Téchafaud deux condamnés à mort, à la condition qu'ils ne porteraient les signes d'aucun culte. Ce fait fut dénoncé au ministre qui s'en émut, et que l'on rassura en lui écrivant que les consolateurs portaient des habits de couleur (4).
Ces exécutions capitales ne mettaient point fin aux crimes et au brigandage, dont on réclamait toujours la répression dans le département (5). Dans la ville, on ne pouvait compter, pour assurer l'ordre, sur la garde nationale. Malgré la réquisition permanente,, malgré les corps-de-garde établis aux portes de la ville, le service se faisait plus mal
(1) Lettre du 29 thermidor an vi. Àrch. de TAube, L. 1480.
(2) Dél. dép. des 29 frimaire et 18 nivôse an vu.
(3) Id. du 4 brumaire an vu.
(4) Gorr. mun. des 18 et 29 ventôse an vu.
(5) Dél. dép. du 6 thermidor an vu.