DÉSERTIONS
amis et les amantes de ces jeune's enfants de la patrie (1). »
Ces levées furent jugées insuffisantes, et une nouvelle loi appela en activité de service, le 1®' juillet 1799, les conscrits des deux dernières classes. Ils devaient être formés en bataillons auxiliaires dans les départements où ils étaient inscrits, et un emprunt forcé de cent millions levé sur les classes aisées était destiné à subvenir aux frais de leur organisation. Les jeunes gens appelés à former le bataillon auxiliaire de TAube furent réunis àTroyes à la fin d'août; la plupart d'entre eux furent casernes à révêché, où la ville leur fournit 590 lits; cependant un certain nombre étaient hébergés chez les habitants , et la municipalité déclara hautement qu'elle refuserait des billets de logement qui, suivant elle, n'étaient pas nécessaires. Il fut difficile de retemr les jeunes conscrits à leur poste. Les désertions se produisent de toutes parts; à Bar-sur-Seine, vingt-trois conscrits disparaissent. Quarante et un réquisitionnaires sont envoyés à Dijon; il en arrive six. Les gendarmes, la cavalerie, la colonne mobile sont expédiés à la recherche des déserteurs qui se sont réfugiés dans les bois; on met des garnisaires chez leurs parents. On rétablit les corps-de-garde aux portes pour empêcher la sortie des conscrits. L'esprit d'indiscipline et d'opposition règne parmi eux; plusieurs manifestent des sentiments royalistes, et les officiers leur
(1) Dél. dép. des 15 vendémiaire, 5, 18 et 23 brumaire, 28 frimaire, 5 nivôse, 3, 7 10 et 25 floréal an vu. — Corr. mun. des 23 brumaire et 9 prairial. La municipalité envoya une adresse aux conseils sur les massacres de Rastadt.