‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 40 sur 351 · COMMISSAIRES DES GUERRES · texte numérisé non relu

COMMISSAIRES DES GUERRES

donné (1). Ces mesures ne produisirent pas tout le résultat qu'on en attendait; dans les premiers jours du mois de mai, les trois corps administratifs furent obligés de voter l'acquisition de 2,000 fusils pour accélérer la mise en activité des volontaires, qui reçurent Tordre de partir imtnédiatement (2). De nombreux abus avaient été signalés dans les opérations du recrutement, et Ton accusa plusieurs agents de l'avoir retardé pour « chercher à prolonger leur lucrative existence (3). »

Ce n'étaient pas aux commissaires des guerres que s'adressaient ces reproches. Ceux- ci étaient cependant parfois en conflit avec l'administration. Depuis le commencement de la guerre, plusieurs de ces fonctionnaires avaient été accrédités à Troyes, entre autres Clainville-Belloc, Petion-Labatte, Garnier, Dubois-Crancé, et Juglard. Si la commune n'avait eu qu'à se louer de Dubois-Crancé, au point d'intervenir auprès du ministre pour empêcher sa destitution (4), elle eut plus tard à se plaindre de Juglard . Deux cents prisonniers prussiens et au* trichiens se trouvaient à Troyes, au mois de mai 1793. Juglard s'était opposé à leur internement dans un local désigné, avait changé les consignes, négligé de faire les appels journaliers, et repoussé les observations. Il fut suspendu de ses fonctions^ par Turreau et Garnier (5).

Ce fut pendant' la mission de ces derniers qu&

(1) Arrêté du \k avril 1793. Lettre des- administrateurs de VÀubè,

(2) Arrêté du 9 mai. Arch. de TAube, L. 12.

(3) Lettre du 26 juillet. Arch. de TAube, L. 313.

(4) Correspondance municipale du 18 octobre 1792.

(5) Arch. de l'Aube, L. 12.

yOLONTJ^lRE& CONTRE LA VENDÉE. 67

se firent les premiers appels aux patriotes disposés à se former en compagnies de volontaires, pour marcher contre les insurgés de la Vendée. Le maire Jacquet demanda pour eux à ses concitoyens les armes, les gibernes, les habits militaires et les guêtres dont ils pourraient disposer, en leur promettant de leur en rembourser la valeur sur estimation d'experts (1). Ce ne fut cependant qu'au mois de mai que l'on s'occupa activement de la levée d'un bataillon de volontaires contre la Vendée. Les trois corps administratifs se réunirent le 12, pour décider qu'il serait composé de huit cents hommes, et prendre les mesures nécessaires pour sa formation. Chaque volontaire devait toucher une prime d'engagement de 300 liv., et recevoir, outre son habillement et son équipement, une solde de vingt sous par jour. Un fonds de 200,000 1. pourvoirait aux secours à donner à leurs parents et à leurs enfants. Pour subvenir à ces dépenses, les trois corps décidaient un emprunt forcé d'un million sur les riches du département. Le revenu présumé des riches, défalcation faite d'une somme de 1,500 liv. par père et mère, de 1,000 liv. par célibataire et de 500 liv. par enfant, aurait formé la base de l'emprunt dans des proportions progressives (2).

Cet arrêté eut un commencement d'exécution. Le département s'empressa de demander, sur la fortune de tous les citoyens, des renseignements que la commune de Troyes chargea six commis-

Ci) Proclamations des 21 et 26 mars 1793. (2) Arrêté du 12 mai, précédé d'une Adresse.

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