VOLONTAIRES CONTRE LÀ VENDÉE
saires de prendre dans chaque section (1). Mais la Convention, sollicitée d'approuver l'arrêté qui prescrivait cette inquisition, ne fit aucune réponse au député des corps administratifs de TAube ; et comme elle vota en principe, quelques jours plus tard, un impôt forcé d'un milliard sur les citoyens riches, les administrateurs se déterminèrent à rapporter leur arrêté, et à surseoir, non-seulement à l'emprunt forcé, mais au recrutement du bataillon (2).
Cependant, sous l'influence des événements du 31 mai, et sous l'impulsion de la Société populaire, deux compagnies de volontaires se constituèrent au commencement de juin. Les autorités les réunirent le 1 1 ; elles remirent à chaque oflScier une épée et un hausse-col, et donnèrent au bataillon une oriflamme sur laquelle on lisait : Maintien de la République une et indivisible. Guerre aux tyrans, aux anarchistes et aux brigands. Le 12, les 160 volontaires assistèrent, avec les corps constitués, à une messe dite par le citoyen évêque pour invoquer le Dieu des armées; après la bénédiction de l'oriflamme, ils allèrent chanter la Marseillaise autour de l'arbre de la Liberté, jurèrent de mourir ou de vaincre les « brigands fanatisés, » et reçurent chacun leurs 300 liv. de prime. Le lendemain, ils partirent pour Orléans, sous la conduite de Chaperon ; on les reconduisit au son des instruments jusqu'au faubourg, et au moment de leur départ.
(1) Lettre du 13. Ârch. de l*Aube, L. 313. Gorr. municipale.
(2) Arrêté du 21 mai.