FOUCHÉ A TROYES
le président leur donna le baiser fraternel (1).
La formation de ces deux compagnies ne satisfit point le parti révolutionnaire. La tiédeur de l'administration fut sans doute signalée à la Convenvention; celle-ci envoya àTroyes un de ses membres pour inviter et requérir les citoyens de l'Aube à prendre les armes contre les rebelles de la Vendée. Ce membre était l'ancien oratorien Fouché, qui plus tard ministre de la police et duc d'Otrante, a laissé un nom fameux dans notre histoire. Fouché arriva à Troyes le 28 juin, accompagné d'un député extraordinaire de la ville de Nantes, nommé Pointel. Le jour même, le conseil général permanent renouvela son arrêté du 12 mai pour l'inscription des volontaires, sans cependant reproduire les articles relatifs à l'emprunt forcé (2).
Cela ne suflSsait pas à Fouché. Il était envoyé à Troyes pour surexciter l'ardeur révolutionnaire. Dans une proclamation énergique, il cita aux citoyens de l'Aube l'exemple de Paris. « Le tocsin et le canon d'alarme, disait-il, ont éveillé le patriotisme en annonçant que la Liberté était en péril... Soudain les 48 sections ont été couvertes de fer et transformées en une armée. » Aussi appelait-il les habitants du département à voler à la défense des Nantais menacés par les « brigands de la Vendée (3). » Pour attirer des recrues, Fouché em-
(1) Assemblée des trois corps du 11 juin 1793. Arch. de TAube, L. 12. Journal du Département du 3 juillet.
(2) Eœtr. du registre des délibérations du CS juin 1793.
(i«) Le représentant du peuple député par la Convention nationale près les départements du Centre ou de VOuest aux citoyens du département de VAube, Proclamation du 29 juin.