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ploya les moyens les plus propres à frapper les esprits. Le 1®'' juillet, il rassembla sur le mail toute la garde nationale, sans armes. Sur l'invitation des canonniers, il mit le feu au canon a pour manifester la joie du peuple. » Après cet exorde inusité, il dépeignit, dans un langage enflammé, les malheurs de la guerre civile dans TOuest, et le sort dont cette partie de la France était menacée si les vengeurs de la Liberté ne prefraient point les armes pour la défendre. Ce discours alluma, dit-on, le feu du patriotisme dans les veines. Trois cents volontaires se firent inscrire. Parmi eux se trouvaient Toflâcier municipal Mignot, l'administrateur du district Antoine, le juge Mérat, et Houdebert, professeur de seconde au collège. « Des pères, des femmes, pressaient de partir leurs fils, leurs maris. Le représentant vit alors, dit un document officiel, que l'esprit du peuple troyen était bon. » Tous les engagements n'étaient pas cependant entièrement spontanés, et la pression exercée par la Société populaire ne fut pas étrangère à quelques-uns d'entre eux (1).
Le soir, Fouché, accompagné de Pointel et des administrateurs de la ville, parcourut toutes l-es rues, au son de la musique, pour « exciter le zèle et le patriotisme des citoyens. » C'était ce qu'on appelait alors une marche civique (2).
L'argent manquait pour subvenir aux frais du
(1) Elle avait demandé au conseil général de la commune de désigner plusieurs de ses membres pour se joindre aux volontaires. Régi tre de la permanence du 30 juin 1793. Arch. de Troyes.
(2) Dél. du conseU général permanent du 1«' juillet 1793. Arch. de TAube, L. 12.
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recrutement. Raverat et Gonthier furent envoyés à Paris pour solliciter 600,000 liv. de la Convention, qui leur en accorda 300,000. En attendant qu'ils fussçnt payés, Fouché autorisa le receveur du district à s'indemniser de ses avances sur les traitements du clergé et à se faire remettre des fonds pçir le payeur général du département (1). Aussi, dans le courant de juillet, six compagnies pujrent se former pour marcher contre la Vendée. Mignot fut élu capitaine, et François Chaperon sergent de l'une d'entre elles (2).
Deux compagnies de cent hommes chacune partirent le 7. Le département leur ofifrit un repas aux TroisrGâteaux, à l'extrémité du faubourg Sainte- Sayine (3). Une compagnie de quatre-vingts canonniers, qui s'exerçaient parfois au détriment des promeneurs inofifensifs (4), se mit en route le 10 pour Paris, qh elle devait recevoir des canons. Quatre autres compagnies les suivirent. De nouvelles perquisitions furent faites, par ordre de Fou-
(1) Dél. du 28 juin et du 2 juillet. Décret du 7. Lettre du 30 juillet. Arch. de l'Aube, L. 12 et 313.
(2) Procès-verbal de l'éleclioa des officiers de la troisième compagnie. L'élection eut lieu dans Téglise Saint-Urbain, le 3 juillet. Dans la cinquième compagnie, Sergent, commissaire national près le tribunal du district, fut choisi pour capitaine; un professeur de Técole de dessin, Alexandre, fut nommé sergent-major. Arch. deTAube, L. 4,491.
(3) Ce repas coûta 436 liv. 13 s. Dans le mémoire figure 273 liv. 8 s. pour une pièce de vin et vers (sic) cassés. Il y eut 80 verres pris ou cassés. Le C^ Courtois reçut 5 liv. pour avoir servi les volontaires. Arch. de TAube, L. 1591.
(4) Musson se plaint qu'en se promenant aux environs de Saint-Parre, plusieurs, fragments de son habit ont été emportés par un boulet tiré par des artilleurs faisant Texercice. Il prie la municipalité d'inviter les canonniers à ne pas exposer ainsi les citoyens. Registre de la permanence du 30 juin. Arch. de Troyes. — Arrêté du 5 juillet. Arch. de l'Aube, L. 1591.
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ché, pour leur procurer des fusils. Les six compagnies, qui formèrent le sixième bataillon de l'Aube^ furent dirigées sur Caen, où des troubles avaient éclaté (1). I^s deux compagnies parties le 12 juin avaient reçu Tordre de se rendre à Tours, et prirent part à la guerre contre la Vendée. Elles composèrent le quatrième bataillon, et continuèrent à rester sous les drapeaux, tandis que les autres compagnies rentraient dans leurs foyers au milieu de l'hiver suivant [2).
Fouché resta à Troyes jusqu'au 15 juillet; il rendit à la Convention un compte favorable de la « conduite vraiment patriotique » des administrateurs et des administrés du département de l'Aube, et la Convention en fit mention dans son procèsverbal (3).
Bientôt ce ne furent pas seulement les dangers de la guerre civile qui motivèrent les appels aux armes ; ce furent les dangers de la guerre étrangère. On n'était plus, comme au commencement de l'année, sous l'impression de la conquête de la Belgique et de la Savoie ; on ne publiait plus dans le Journal du Département, des vers enthousiastes comme ceux que Finot, employé à l'administra-
(1) A Gaen, on vola treize chevaux aux canonniers. Ils ne parent les retrouver. Lettre du 15 prairial an ii.
(2) Ârch. de TAube, L. 17. Lettre du 18 nivôse an m. Id. L. 301. Le cinquième bataillon n*a jamais existé. Le bataillon des grenadiers, que le Journal du Département qualifiait de quatrième, avait été licencié, comme nous Tavons vu. Le quatrième bataillon, levé contre les Vendéens, après avoir été incorporé dans le 1*' bataillon de la formation d'Orléans, fit partie en Tan m de la 196' demi-brigade, et en Tan iv de la 6*, qui fut envoyée en Italie. Emplacement des troupes qui composent l'armée de la République^ an m à an vu.
(3) Décret du Vèjuillet,n'' 1492.