‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 44 sur 351 · MORT D£ DAMPIERRE · texte numérisé non relu

MORT D£ DAMPIERRE

tion, avait fait alors insérer sur le Succès des armes françaises (1). La ville de Troyes avait pu s'enorgueillir de ces succès, en songeant que deux des généraux qui s'étaient illustrés à Jemmapes, Dampierre et Beumon ville, appartenaient au département dont elle était le chef-lieu. Aussi les soldats, qui servaient sous leurs ordres, avaient demandé à Dumouriez de donner à la ville de Troyes un canon de sept, qu'ils avaient pris pendant le combat (2). Plus tard, les nouvelles furent tristes. Le troisième bataillon de volontaires de l'Aube était revenu à marches forcées de Hollande. Attaqué le 28 mars 1793, à une lieue d'Anvers, par un corps de 3,000 Autrichiens, il soutint son feu pendant quatre heures, et fit une retraite honorable. Il perdit 20 hommes, parmi lesquels se trouvait un ancien professeur de seconde au collège, nommé Dulondel. Le bataillon, après avoir éprouvé les plus grandes fatigues, arrriva à Lille, d'où on l'envoya au camp de la Madeleine (3), situé dans le voisinage de cette ville, puis à Cambrai.

Peu de temps après, on apprit la mort de Dampierre. L'ancien président du département de l'Aube se trouvait à la guerre dans son véritable élément ; il s'y distingua à plusieurs reprises. Son ardeur militaire, son zèle patriotique le signalèrent à la Convention; après la défection de Dumouriez, il fut nommé général en chef des armées du Nord et

(1) Numéro du 23 janvier 1793.

(2) Journal du Département du 12 décembre 1792.

(3) Extrait de la lettre d'un officier. Journal du Département du 17 avril 1793.

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des Ardennes (1).,Dans un comb^^t, qu'il livr/i sqi}s les murs de Valenciennes, et où. sa.valeifr r^ti;atna trop loin, il eut la cuisse emportée par , un, boulet de canon, et mourut le.jpur môme des suites de sa blessure. La veille, il avait prononcé, deyant la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité de Valenciennes, un discpurs dans leqi;iel il avait manifesté des sentiments d'hostilité çpntre la royauté, la noblesse et le sacerdoce, « fantôaies» disait-il, si redoutés de ses pères. » La Çonventiç^n, malgré l'avis contraire de Danton (2) , l^ii décerna les honneurs du Panthéon. A Troyes, Bramand, preçaier vicaire épiscopal, prononça, le ,19 mai, son éloge funèbre dans la séance publique de la Société des Amis, qui avait autrefois mis en doute ses opinions révolutionnaires (3) , et qui maintenant rendait hommage à son dévouement patriotique et à ses sentiments républicains.

Quelques mois plus tard, un désastre éprouvé par la garnison de Cambrai causa de nombreijix deuils dans les familles des volontaires du troisième bataillon de l'Aube. Ce bataillon fit partie

(1) Dumouriez paratt Tavoir jugé avec sagacité, en disant de lui que c'était « un général de main, » qui n'avait • ni les talents ni l'âge pour un commandement stable. » Mortimer Ternaux, Histoire de la Terreur, t. IV, p. 537.

(2) Lorsque, plus tard, Dampierre fut accusé de trahison, Danton prit sa défense à la Convention. Il attesla qu*il avait vécu dans les principes de régalité pratique, et qu'il jouissait, dans son département, de Testime de tous les citoyens. (Moniteur du 2 nivôse an ii). Il existe plusieurs portraits gravés de Dampierre. Plusieurs médailles furent tirées à l'époque de sa mort. Trois d'entre elles sont reproduites dans VHistoire numismatique de la Révolution, 1826, planche 48.

(3) Bramand dit que Dampierre y fut admis, mais qu'il y fut suspecté et vivement attaqué. Il semble dire qu'il cessa d'en faire partie. Eloge funèbre... prononcé... le 19 m>aif par le cit. Bramand.

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des troupes destinées à opérer luie «ortie, qui, emportées par leur ardeur, furent rejetées par l'ennemi sous le canon de Bouchain. 167 volontaires furent tués ou faits prisonniers ; 23 appartenaient à la ville de Troyes (1).

Le deuxième bataillon, aux avant<-postes de Strasbout^, sans se lasser des travaux, des fatigues, des périls, construisait et défendait les batteries de nie du Rhin, et méritait par son zèle et sa fermeté les éloges du général Alexandre Sparre et des représentants du peuple en mission (2). De ce côté aussi, nos armées avaient subi des revers; tandis que Condé et Yalenciennes succombaient dans le Nord, Mayence avait capitulé, non sans gloire. La garnison de cette ville, qui avait obtenu de conserver ses armes, à la condition de ne point en faire usage contre les puissances coalisées, fut dirigée à marches forcées sur la Vendée. Elle traversa le département de TAube. On célébrait à Troyes l'anniversaire du 1 0 août, lorsqu'on apprit l'arrivée de trois divisions de 5 à 6,000 hommes chacune, venant de Mayence. Les administrateurs s'empressèrent de pourvoir à leur logement, et de réunir les vivres nécessaires à leur subsistance. Les chevaux de poste furent requis pour les transports des oflSciers et des bagages, et le passage de ce corps d'armée, qui avait excité même Tadmira-

(1) Etat nominatif des volontaires tués ou prisonniers, dressé par le ehef de brigade Dussaussay, le 16 octobre 1793. Arch. de TAube, R. 4492. Le général, qui commandait, fut accusé d'impéritie par tous ses soldats et arrêté. Moniteur, n"* 260 et 266.

(2) Lettres du 15 août, dans le Journal du Département du 28.

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