‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 48 sur 351 · DÉNONCIATION DES SUSPECTS · texte numérisé non relu

DÉNONCIATION DES SUSPECTS

surveillance des sections de former de nouvelles listes de suspects, de décider quels étaient ceux qui devaient être arrêtés, et de les faire diriger sur les chefs-lieux de district, pour y être incarcérés (1). La commune de Troyes convoqua les citoyens dans leurs sections, pour qu'ils dénonçassent, à la majorité absolue des voix, les personnes suspectes d'aristocratie ou d'incivisme. « Ici l'indifférence serait un crime, disait la commune. Ne pas faire connaître les ennemis de la patrie, c'est la trahir. Dénoncer un citoyen sur de faux soupçons, c'est ordinairement donner un ennemi de plus à la République (2). » C'était à la fois stimuler le zèle et modérer les passions, dont la violence augmentait de jour en jour.

Dans les premiers jours de juin, les huit sections avaient nommé des comités de surveillance, composés de douze membres, qui non-seulement, d'après le décret du 21 mars, devaient s'occuper de la police des étrangers, mais désigner les suspects et délivrer des cartes de civisme (3). Les plus ardents révolutionnaires, dominant dans la plupart de ces comités, voulurent ordonner des visites domiciliaires, que la municipalité trouva intempestives ; ils protestèrent, en faisant afficher et réimprimer une adresse qu'elle avait improuvée et déférée au département (4). Si l'esprit de conciliation

(1) Dé!, dép. du 14 juin 1793. Arch. de l'Aube, L. 12.

(2) Arrêté du 18 juin. Arch. de Troyes.

(3) Les Archives de l'Aube possèdent les registres des huit comités de sections de Troyes, organisés d'après l'arrêté du district du 17 mai 1793. Ces comités siégeaient, tantôt dans des chapelles, comme celle de la Trinité, tantôt dans d'autres édifices publics, comme le Collège et le Palais.

(ï) Dél. municipale du 9 juin 1793. — Dél. du comité de la 3* section.

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