ARRESTATION DES SUSPECTS
l'emportait dans la section de la Trinité, où Ton voulait amener l'union des aristocrates et des démocrates (1), il n'en était pas de même dans le plus grand nombre des sections. Dans la seconde, des citoyens suspects furent expulsés et même frappés. Ceux qui essayèrent de les défendre furent hués. Cependant quand on alla aux voix, la majorité garda le silence, et dix ou douze personnes votèrent la liste des suspects, malgré les protestations de ceux qui prétendaient que les abstentions devaient être en faveur des inculpés (2),
Cent cinq suspects furent ainsi renvoyés par les sections devant le conseil général de la commune. Sur ce nombre, sept furent reconnus inoffensifs, quinze furent condamnés à la réclusion, les autres à la surveillance. Les condamnés étaient presque tous d'ardents royalistes, dont les sentiments étaient connus. Sourdat et Guélon-Marc étaient du nombre ; on vota l'incarcération du premier à l'unanimité. Il était resté à Paris, et ne fut pas atteint par cette condamnation. Les notaires Corthier et Guyot, l'ancien lieutenant-général Pàillot, Vernier père, avaient déjà été signalés, au mois d'août précédent, comme suspects; ils furent désignés pour la réclusion ainsi que Corlieu, Margery, Devillars,
(1) La Société populaire dénonça avec indignation l'arrêté pris par cette section. Registre de la permanence municipale. Arch. de Troyes.
(2) Défense de Dauphin, du 1*' floréal an m. Arch. de Troyes. Diaprés un autre récit, sur 217 citoyens, 97 prirent part au scrutin sur le civisme de l'un d*entre eux. On vota avec des haricots rouges et blancs. M. A. Aafauvre a donné un intéressant compte-rendu de k séance, tenue le 23 juin 1793, par la seconde section, dite de l'Oratoire, dans VÀlmanaeh de Troyes, 1853, p. 138 à;i43.