PÉNURIE DU MARCHÉ
chez les cultivateurs et chez les habitants de la ville pour constater la quantité de grains et de farines qu'ils possédaient (1). On trouva chez un habitant de la section de Saint-Urbain trente-trois boisseaux de froment; il fut arrêté et déféré comme accapareur au jury d'accusation, qui le renvoya de la poursuite (2). Les grains provenant des biens d'émigrés avaient été emmagasinés par les soins du receveur des domaines; ils furent délivrés aux boulangers, en présence de commissaires de la municipalité. Chez les boulangers, on se disputait les pains; la garde appelée était souvent forcée de les faire couper pour contenter la foule. La commune décida qu'il n'en serait fait désormais qu'une seule espèce, et qu'il y entrerait un tiers de seigle et d'orge (3). Une partie delà population, qui se plaignait de la disette, se plaignit bientôt de la mauvaise qualité du pain.
Au marché du 7 août, six cents femmes se retirèrent sans avoir pu acheter du grain. La municipalité promettait cependant aux cultivateurs une prime de 20 sous par boisseau, payable par les citoyens riches (4). Le district presse les maires des communes rurales de lui fournir l'état de leurs récoltes et de leurs besoins. Il les engage à apporter leurs grains, et à ne pas venir en acheter au marché de Troyes, attendu que chaque citoyen, d'après la loi du 4 mai, doit trouver son nécessaire sans sor-
(1) Arrêtés du 13 et du 29 juillet 1793. Arch. de TAube.
(2) Le C. Prompt à ses concitoyens. In-4" de 8 p.
(3) Arrêté du 9 juillet. Arch. de l'Aube, L. 46. Journal du Département du 14 août. Arrêté du !•' août 1793.
(4) Journal du Département du 14 août t793.