CAISSE DES SUBSISTANCES
tir de son canton. Le département, de son côté, invite les habitants des villes à « attirer les cultivateurs par l'appât des vertus et de la fraternité. » Des commissaires sont envoyés dans le district pour faire battre les blés sous leurs yeux, et les requérir; mais dans les campagnes, les bras faisaient défaut, et Ton était prévenu par les fournisseurs des armées qui amenaient la hausse des prix (1 ) .
L'argent manquait. La Convention n'avait pas encore payé au département les 300,000 liv. qu'elle lui avait accordées le 7 juillet (2). Elle avait octroyé 70,000 liv. à la ville pour acheter des grains. Cette somme était insuffisante ; la commune engageait les citoyens aisés à souscrire pour subvenir aux besoins des autres. « Le patrimoine de l'indigent, disait-elle, est la générosité, l'humanité de son voisin plus opulent que lui (3). » Plus tard, il fut question de créer une caisse des subsistances, au capital de 200 actions de 200 liv. chacune, versées pour un an sans intérêts, et hypothéquées sur les biens de la commune (4). Mais les souscripteurs furent rares, et d'ailleurs l'argent ne procurait pas les grains dont on avait besoin. A Provins, à Vitry, on n'en trouve point à acheter. C'est en vain qu'on ordonne de conduire à Troyes toutes les récoltes des émigrés du canton, de faire rechercher cent boisseaux de grains qui devaient se
(1) Circulaires imprimées. Dél. dép. et mnti. du 5 aoât 1793. C^) Délib. du conseil général permanent du 5 août. Arch. de TAube, L. 31.
(3) Proclamation du 24 août. Placard.
(4) Dél. mun. du 18 septembre. Arch. de Troyes.