MAGASIN GENERAL DE SAINT-URBAIN
cette demande, que le directoire départemental et les députés de l'Aube appuient; Rondot et Bouquet vont solliciter, au nom de la commune, un secours de 400,000 liv. Comme on ne peut parvenir à nourrir les habitants qu'au jour le jour, on oblige ceux qui ont des provisions pour plus d'une semaine à les partager avec ceux qui en manquent. On emprunte des farines aux dépôts militaires. Les boulangers en délivrent désormais, à raison d'une livre et demie par bouche, et à 3 s. 9 d. la livre, sur la remise de cartes distribuées par les comités de subsistances. Des piquets de gardes nationaux sont placés à la porte des boulangers. Le magasin général de Saint-Urbain est assiégé par la foule. On annonce à son de trompe le jour et l'heure où les habitants des sections peuvent s'y présenter; un piquet de vétérans soldés, de quatorze hommes, se tient derrière les grilles et aux portes. Vingt-quatre commissaires président à la distribution. Mais de nombreux désordres se produisent; les gardes nationaux, chargés de les réprimer, les aggravent, et l'on est forcé de remplacer les gardes nationaux par des recrues de la levée de cavalerie (1).
Les administrations sont vivement inquiètes. « Il existe une grande fermentation en ville,» dit la commune. « Il ne reste plus de subsistances pour vingt-quatre heures, » dit le district. « Les réquisitions n'ont plus d'effet sur les cultivateurs. Le peuple de Troyes, encore tranquille, est plongé dans la stupeur; mais son réveil peut être ter-
(l) Dél. mun.des 10, 12, 14, 22 et 24 septembre 1793.