PROCÈS DE PERRIN
tiellement les principes républicains, et qu'elles mettaient les citoyens à contribution (1). )>
Au moment où Gâchez était appelé à remplir les fonctions de maire, la Révolution entrait dans sa période la plus violente. Marie-Antoinette, victime d'une condamnation inique, que rien ne pouvait excuser, venait de périr sur Téchafaud. Le député Robin, dans une lettre adressée à ses amis, rendit compte de ses derniers moments, dont il avait été le témoin oculaire, dans les termes suivants : « Cette nouvelle Médicis, dit-il, a montré assez de courage pour aller à la mort. Elle n'écoutait nullement son confesseur. Elle est morte enfin comme elle a vécu. Paris est encore une fois dans l'allégresse (2). » A l'exception de quelques énergumènes, Troyes ne partagea point cette impression. Tandis que les royalistes déploraient, dans un silence nécessaire, le trépas de cette reine infortunée, les républicains modérés de l'Aube apprenaient, avec un sentiment de regret mêlé de crainte, le sort funeste d'un de leurs députés. L'ancien maire de Troyes Perrin était membre du comité de la Convention chargé de la surveillance des marchés; il fut accusé par Charlier de s'être rendu commissionnaire des fournisseurs qu'il devait surveiller, d'avoir été complice de leurs monopoles, et d'avoir fait secrètement dans différentes villes, notamment à Troyes et à Rouen, des accaparements immenses de toiles de coton (3).
(i) Dél. mun. des 7 et 9 brumaire. Arch. de Troyes.
(2) Lettre du 25° jour du l" mois. Arch. de l'Aube, L. 1547. On sait que le confesseur de la reine était un prêtre constitutionnel.
(3) Moniteur, n° ?67. Séance de la Couvention du 22 septembre.