‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 66 sur 351 · COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

fut envoyé à Tonnerre pour apaiser les troubles qu'avait causés la rivalité de deux clubs. Il profita de son séjour dans cette ville, pour venir à Troyes le 1 5 et le 25 octobre. Il y fut entouré des principaux membres du comité de surveillance de la Société populaire, Pecquereau, Hadot, Rondotfils, Debary, Thomas, Baucheron, qui, non contents d'avoir fait nommer maire leur collègue Gâchez, voulaient eux-mêmes arriver au pouvoir et l'exercer sans partage.

Pour y parvenir, ils dépeignirent là ville comme livrée à l'aristocratie; et l'un d'eux prétendit qu'il ne s'y trouvait pas vingt patriotes. Garnier se laissa influencer par leurs discours, et, quoiqu'il ne fût chargé d'aucune mission officielle à Troyes, il n'hé-* sita pas à y établir un comité révolutionnaire, dont les pouvoirs devaient s'étendre sur tout le district. « Après les convulsions auxquelles, selon lui, l'aristocratie voulait encore se livrer, le comité avait pour but d'en imposer à cette caste ennemie d'une manière qui pût tranquilliser les bons citoyens, et affermir, autant que les circonstances le permettraient, le bonheur du peuple. » Composé de douze membres, choisis dans la Société populaire, il dut « connaître révolutionnairement de tout ce que les autres comités de sections et de communes auraient pu faire et ordonner. » Il n'avait d'autre supérieur que le comité de sûreté générale de la Convention, avec lequel il communiquait directement. Toutes les autorités constituées, tous les commandants de la force armée, étaient requis de lui obéir sans hésitation, sous peine d'être regardés comme ennemis de la paix, et traités

11H COMITE UkVOLUTlONNAltlK.

commo tolfl. Iladot, Gâche/, Lonclo, Forgoot, Fùvro (lit rAmôricain, Dauphin, UondotHlM, Pecquoroau, ThornaH, IlaillotditTroiH-MoutoriN, Guôrin et Dauvot furont notnmÔH tnotnbroH do co cornitô tout puiHHant, dont lo conHoil K^'^néral do la cotnmuno accoptaHanN r^Hintanco Tautoritt^) (1).

Juf«(|Uû-là lo pouvoir (!}lait roNl6 ontro \o» mainH don adniiniNtrationNl(')K^ilotnont61uoH; c'étaient olloH qui étaient charK^oH d'exécuter Ion loiit, ot qui houvent cherchaient h on atténuor la rigueur oxcoh- Hive. Lo comité révolutioîinairo inaugurait un «yHt6me nouveau ; il était créé par l'initiative arbitraire d'un représentant natiH nuuidat, |)0ur défendre Ion intérêts d'un petit nombre do HOCtairoH; oImouh le prétexte do nauvegardor Ioh intér/^tn du peuple, il le soumettait aux ordroH abHoluH d'une oligarchie démagogi(|uo, (|ui no tenait aucun compte, ni de «ON droits, ni do hoh v(I3UX.

LoH citoyens virent bien ({uo les dernières garanties do la liberté h;ur étaient enlevées, et plusieurs s(îCtions s'iionon^îrent, en essayant de protester contnj lacréalion du comité révolutionnaire. Aussi, lorsriue Pecriuercau se nmdit, avec deux (1(3 ses colhNguoH, i\ la réunion de la (puitri(Sme s(ïction, pour j)rocéd(îr<Vs()népurcin(înt, un d(5 ses membres contesta les pouvoirs du comité, iu\ déclarant (|ue sa formation était illégale. — Un réc(!nt décnjt, dit ce courageiu cit()y(m, venait de rap|)olor tous lesrei)rés(jntants(Uï mission, i^r(îX(îeption de quatre

(I) H^inn(Y (lu 17 hnimnIrM. l/iirr^lM do Oiinilor, ifiNtilunnl lo romit/i, «ut (lu 11 (I*' (lovomliin) . Arcti. do Tn»y(^M. Ilidljol (ivfiit don (i|diiioii« pluR niodArC'ON (|u« nom coII^kh^'i i il vduliit ddrinor mm d('«iriiMon; m.ii4 (iii lu lui flt rttiïrer, m lo moHMVHnld'Iririiroi'inilion. Aroli. do l'Aulio, L. U'A,

liïCSIMTANOK Dn LA gUATUll^MK NKCTtON. 119

d'ontro eux. Qarnior, on admettant qu'il fAt Tuu doë quatre, avait 6i6 envoya i\ Tonnorro, et non & TroyoH; il n*avait donc puH lo droit do créer dans cotte ville un comité rcWolutionnaire. — On en référa aux membres du directoire du dé|)artoment, <iui répondit a la députation de la Hection ({uo « lo zùle seul du rei)réHentant (hmiior l'avait déterminé ii passer par Troyes. » O'était reconnaître qu'il y était venu sans mandat. Kn consé(|uence, Pecquoreau et ses collègues durent se retirer, et la section écrivit immédiatement nu dé[)artomont pour le prier de faire cossor les fonctions du comité. Mais les administrateurs, ayant plus de rospon* sabilité que les citoyens, avaient moins d*énorgio (tu*eux. Lo dé])artement, tremblant devant les monaces dos chefs du comité, n'hésita pas, le soir mémoi i\ démentir d'une manière authentique les paroles (|ue ses membres avaient prononcées lo matin. Après avoir déclaré que hm réi)onses verbales n'étaient jamais bien rendues, les administrateurs écrivaient : « Nous avons répondu que lorsqu'un rci)réNentant du ])eui)le, nous étant parfaitement connu par son patriotisme, agissait on vertu des pouvoirs ([u'il disait avoir, nous ne savions que nous sounu^ttre i\ son arrêts... Nous avions pour le citoyen (JarnicM' une conliance si giando (|uo nous avons obtenu do lui divers arn^tés; nous ne pouvons ^Iro regardés comme compétcmts pour agiter une (jucîMlion aussi (bMinate (|ue colle (lui concerne rétubliNsiMuent du tribunal révolutionnaire. » Aussi (Migiigenient-ils i\ adhérer aux décisions de (iarnitu*, rommo ils l'avaient fait eux- UH^mes individuellement dans leurs sections. De-

riO CALENDRIER RÉPUBLICAIN.

vant la faiblesse des autorités, que pouvait faire la quatrième section? Gâchez, Pecquereau etFèvre vinrent lui donner lecture, le même soir, d'une lettre du district, écrite dans le même sens, et lui communiquèrent l'arrêté de Garnier sur la formar tion du comité, revêtu du sceau de la République. Il ne restait à la section qu'à se soumettre, en abritant, comme elle le fit, sa responsabilité sous les invitations qu'elle avait reçues des autorités. Le président donna l'accolade à Gâchez, et reconnut le comité (i).

Les révolutionnaires avaient non-seulement la volonté de briser toutes les résistances légales capables de s'opposer à la réalisation de leurs desseins ; ils voulaient supprimer tous les souvenirs du passé, même les dénominations des mois et des jours. La Convention croyait avoir fondé une ère nouvelle; elle décréta le calendrier républicain. Ce fut au mois d'octobre que l'on commença à s'en servir. A partir du 1 3 novembre (23 brumaire an ii), tous les actes officiels s'y conformèrent; le repos pour les fonctionnaires et les élèves des écoles fut fixé au dixième jour de chaque décade (2). Désormais, lorsqu'on emploie les dénominations do l'ancien calendrier, on les accompagiuî dos observations suivantes, entre parenthèsoH : vieux style ou style esclave,

Los sections s'étaient mises à la hauteur des circonstances en changeant de nom. La première

^l) séance du 21 brumaire an ii. Arch. de Troyes. Arch. de TAube, L. \M), C2) Àrrélë du D^iMrtrment du 18 brumtirc. imp.

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