DESCENTE DES CLOCHES
dant, au mois d'octobre, une des sections décida qu'il ne serait pas accordé de certificat de civisme aux pensionnaires ecclésiastiques qui ne reconnaîtraient pas Sibille pour leur évêque. Mais, quelques jours après, elle rapporta son arrêté, considérant qu'il ne reposait sur aucune loi, et qu'il ne pourrait qu'aigrir les esprits (1). La Société populaire, dès le mois d'août, avait demandé qu'on enjoignît aux suisses de paroisse de ne plus porter les « habits pompeux » et les panaches dont ils étaient décorés, et qu'on les forçât de revêtir « l'habit national. » Elle voulait aussi qu'un officier municipal fût chargé d'aller faire casser les cloches jugées inutiles (2). La municipalité avait déjà décidé que l'on supprimerait toutes les cloches dans les oratoires, à l'exception de la plus grosse; mais ce ne fut qu'au moment où le comité révolutionnaire entra en fonctions que des charpentiers furent mis en réquisition pour en opérer la descente (3).
La nomination de Gâchez aux fonctions de maire fut le signal de mesures anti-religieuses. Les sœurs de la Charité de Saint-Jean, qui, au nombre de sept, continuaient de soigner les malades, furent expulsées de leurs maisons sans qu'on leur accordât aucun délai; deux officiers municipaux furent
varie de 1898 I. à 700 1., 154 ex- chanoines, religieux ou bénéficiers, et 178 ex-religieuses séculières et régulières, qui touchent des pensions. Arch. de TAube, L. 1480.
(1) Reg. du comité de surveillance de la 4« section. Séances des 12 et 21 octobre. Id.,L. 1591.
(2) Reg. de la Permanence, 18 août. Arch. de Troyes. Les cannes des suisses supprimés furent données aux tambours-majors des bataillons de la première réquisition. Arrêté du district du 11 brumaire.
(3) Herluison et Milony furent chargés de surveiller cette opération. Dél. mun. du 17 brumaire. Arch. de Troyes.