DÉCLARATION DE SIBILLE
atteinte au culte de la majorité des citoyens, et qu'on méconnaissait les droits les plus sacrés de la liberté de leur conscience.
Rousselin ne trouva pas seulement des complices parmi le clergé; il y trouva des apologistes. L'évêque Sibille s'était empressé de renoncer à ses fonctions et de déposer ses lettres de prêtrise entre les mains du comité révolutionnaire; loin de protester contre l'arrêté de Rousselin, il s'unit à plusieurs de ses prêtres pour le faire suivre d'une déclaration, qui en expliquait le sens et la portée. « Citoyens avant d'être les ministres d'un culte, » ils venaient rassurer « ceux qui croyaient qu'on voulait attaquer leur religion. » La nation, suivant eux, ne reconnaissait que le culte extérieur de la liberté; afin de ne favoriser aucun culte, elle ne devait point de temples aux catholiques ; elle avait le droit de reprendre ceux qu elle leur avait accordés jusqu'alors. « Les premiers chrétiens, disaientils, savaient, sans le secours de la puissance temporelle, remplir les fonctions de leur religion.... Si les temples sont fermés et leurs ornements enlevés, il restera aux catholiques la liberté qu'a le juif et le protestant de se réunir en société particulière, et de célébrer son culte comme il le juge convenable. » Sibille et ses adhérents terminaient en cherchant à tranquilliser les doutes de leurs fidèles, et en déclarant qu'ils pouvaient exercer leur religion sous la protection de la loi, dans les en-
il est défendu à qui que ce soit de prêcher ou écrire pour favoriser quelque culte ou opinion religieuse que ce puisse être. Placard imprimé à Saintes, et daté du 1" nivôse.