‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 75 sur 351 · CONDUITE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

CONDUITE DU CLERGÉ

ceintes qu'ils se procureraient à leurs frais (1). On ne pouvait abandonner avec plus de faiblesse et moins de dignité les antiques églises élevées et consacrées par la piété des générations pour l'exercice de la religion catholique. Quelques prêtres essayèrent de protester timidement, comme les vicaires de Saint-Pierre, qui tout en affirmant leur dévouement à la chose publique, déclarèrent qu'ils resteraient fidèlement attachés à leurs opinions religieuses (2). Il est probable que la démarche tentée par les frères Dret auprès de Danton avait pour but de l'engager à faire rapporter l'arrêté sur la fermeture des églises. Les frères Dret essayèrent sans doute d'y résister, car ils furent arrêtés lel®' décembre par ordre du comité révolutionnaire et de Rousselin, et ne furent relâchés que sur l'ordre du représentant Bô, et sans doute par l'entremise de Danton (3).

Il y eut des protestations non moins généreuses de la part des fidèles. Le dimanche, 17 novembre, le comité révolutionnaire avait enjoint aux curés de la ville de ne plus exercer leurs fonctions, et de se contenter de faire dans leurs églises des « discours pathétiques et analogues aux circonstances, » dont le but serait de détruire le fanatisme. Le curé de Saint-Remy, Rondot, allait monter àl'autel pour célébrer la grand'messe, lorsque des émissaires

(1) Déclaration, à la suite de Taprêté de Rou^selia. Placard. Elle est signée : Sibille, évoque du département, Bramand, curé de St.-Pantaléon , Lejeune, Pichot, Desmoulins, Bavoillot, Rondot, Dret, Roblot, Larmct, Didier, Dret, Lucas, Hartel.

(2) Séance du comité révolutionnaire du 27 brumaire. Précis.

(3) Le 10 nivôse. Registre d'écrou. Liste des détenus. Arch. de TAube.

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