PROTESTATIONS DES FIDÈLES
de Rousselin lui enjoignirent de se rendre au comité. Comme il tardait à revenir, un grand nombre de ses paroissiens quitta Téglise, vint le rejoindre, et demanda qu'on lui laissât dire la messe comme à l'ordinaire. Rousselin voulait lui persuader de prêcher la liberté et l'égalité, au lieu de l'Evangile, pour lequel il professait un grand dédain. Un des fidèles de Saint-Remy, nommé Chiquand, demanda avec assurance à Rousselin s'il était venu à Troyes pour anéantir la constitution de l'Etat qui reconnaissait la liberté entière des cultes. — Dans ce cas, ajouta-t-il, montrez- nous vos pouvoirs. Mais jusquelà, vous ne pouvez ni interdire aux prêtres la faculté de dire la messe, ni aux fidèles la liberté d'v assister. — Devant ce langage ferme et logique, Rousselin n'insista pas, et permit au curé Rondot de retourner à son église (1). Des rassemblements s'étaient formés pendant ce temps à la porte du comité, qui requit un piquet de garde nationale pour maintenir la tranquillité, et décida qu'à l'avenir un poste serait établi dans la maison où il siégeait, pour protéger sa sécurité.
Huit jours après, le dimanche 24, les églises furent fermées sans opposition, et le culte cessa d'y être célébré. Ceux qui avaient essayé de protester dans leurs sections avaient été incarcérés. Ce fut le sort d'un citoyen nommé Miley , qui osa réclamer le maintien du culte; la majorité lui ôta la parole, et décida que ses propositions étant de nature à troubler la tranquillité publique ne seraient pas insérées au procès-verbal. Son arrestation fut
(1) Séance du comité du '^7 brumaire. Notes manuscrites.