‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 77 sur 351 · TEMPLE DE LA RAISON · texte numérisé non relu

TEMPLE DE LA RAISON

ensuite votée (1). La terreur inspirée par Rousselin comprima l'explosion du sentiment populaire, profondément blessé dans ses croyances .et dans ses usages.

La fermeture des églises ne suffisait pas aux révolutionnaires; Saint-Remy fut destiné à servir de magasin de subsistances ; la cathédrale fut convertie en temple de la Raison. On surmonta le maîtreautel d'une statue de la Liberté, derrière laquelle on plaça un grand tableau représentant la Montagne, emblème du pouvoir triomphant. Selon sa promesse, Rousselin alla avec des hommes dévoués « y dire la messe républicaine pour faire oublier la catholique. » Ce que, dans son langage impie, il appelait la messe républicaine, consistait dans des récits et dans des prédications déclamatoires entremêlés d'hymnes patriotiques. Mais la véritable fête pour les sans-culottes commençait ensuite. Le chœur fut converti en salle de danse; la musique occupait une partie des stalles. L'affluence était grande. Le soir, on plaça de tous côtés des lanternes qu'on alla chercher dans les rues, pour éclairer les danses qui se prolongèrent jusqu'à une heure avancée de la nuit. Les contemporains ont flétri avec une juste indignation les scènes de débauche et d'immoralité dont le chœur ainsi profané fut le théâtre, et dont les chapelles des bas-côtés furent l'asile (2). Rousselin, dont les

(1) Reg. du comité de la septième section. Dès le 14 brumaire, un garde national fut arrêté pour avoir dit qu'après la guerre la religion serait rétablie plus que jamais, et quMl la défeudrait au péril de sa vie. Arch. de l'Aube, L. I'i33.

(2) Note > manuscrites communiquées par M. Pi geotte. Adresse de GneS' Ion. Compte-rendu d'Albert.

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