DEMANDE D*UN TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE
ressort (1). » La guillotine fut dressée; mais pour rhonneur du tribunal criminel, il refusa de se constituer en commission prévôtale (2), sans un ordre formel de la Convention. Rousselin cependant voulait faire « monter la commune de Troyes à la hauteur parisienne (3) ; » il fit tous ses efforts pour faire ériger le tribunal criminel en tribunal révolutionnaire ; il envoya Bertrand et Hadot à Paris pour le solliciter de la Convention, tandis que ses amis cherchaient à recueillir des moyens d'accusation contre les suépects. A la suite des événements du 20 juin 1792, une adresse avait été envoyée au roi par six cents habitants de Troyes pour lui manifester leur dévouement. Cette adresse devait être conservée aux Archives de la Convention. Plusieurs membres du comité révolutionnaire s'adressèrent au représentant Courtois, pour qu'il la leur procurât. Courtois feignit d'entrer dans leurs vues; il se rendit aux Archives, demanda à ouvrir lui-même le carton où se trouvait l'adresse
(1) Compte-rendu à la Convention nationale par le représentant du peuple Albert, sur le département de l'Aube, le 29 ventôse an m. Troyes, Sainton, in-S" de 23 p., p. 4. On releva plus tard, dans cette lettre, le mot prévôtalement. « On y reconnaît, disait-on en l'an m dans une leltre oflicielle, le goût « sanguînocrate » (de ce « petit monstre ») et « combien il tenait à Tancien régime^ car il passe pour certain qu'il était enragé aristocrate au commencement de la Révolution. » Lettre du 6 ventôse an III. Arch. de l'Aube, L. 1502.
(2) Le tribunal criminel s'était déclaré incompétent, le 18 brumaire, pour juger une fileuse de coton de Saint-Martin-ès-Vignes, nommée Catherine Courtye, accusée d'avoir crié : Vive le roi ! Il la renvoya au Tribunal révolutionnaire de Paris, qui l'acquitta le 19 frimaire. Reg. des audiences. Le Tribunal révolutionnaire de Paris, par E. Gampardon, t. ii, p. 401. Cependant, le 24 floréal, le tribunal condamna un mendiant d'Arcis, nommé Valentin, à la réclusion jusqu'à la paix, pour avoir crié, comme Catherine Courtye : Vive le roi ! Arch. du Palais de Justice.
(3) Rapport de Rousselin, p. 14.