‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 88 sur 351 · COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Rousselin augmentait Tautorité du comité révolutionnaire en étendant ses pouvoirs au département tout entier. Le nombre des membres du comité fut porté à vingt-deux. Parmi eux se trouvaient Pierre-Jean, menuisier, Rosé-Doué, chapelier, et d'autres individus non moins obscurs, mais qui s'étaient signalés par la violence de leurs paroles et de leurs actes (1). Tel était Goutin, sergent de la municipalité, qui apportait la plus grande rigueur dans les arrestations qu il était chargé de faire. Le secrétaire du comité était un ancien prêtre originaire de Nantes, ami, confident et collaborateur de Gâchez, et que Von accusait d'avoir été payé par Rousselin pour prêcher l'athéisme (2).

Non content de proscrire les modérés, de les expulser de toutes les administrations, de les signaler à la haine publique, Rousselin voulait sévir contre les riches et les négociants. « Leurs crimes, dit-il, avaient succédé à ceux de la noblesse et du clergé... )> Les marchands de Troyes, selon lui, composaient Tavant-garde des spéculateurs . . . , a loups dévorants répandus sur la surface de la République entière. Ils doublaient leur fortune en un jour... et, le croirait-on, ajoute-t-il, ces calculateurs avides, ces hulans de l'Autriche, engraissés de la substance du peuple, chargés de l'embonpoint du bœuf Apis, n'en sont que plus aristocrates encore (3). »

(1) Arrêté du 4 frimaire, reproduit dans VHistoire du Terrorismef p. 63. Précis des opérations, etc.

(2) Hist. du Terrorisme, pp. 4 et 82. Listes des terroristes. Arch. de Troyes.

(3) Rapport de Romselin, pp. 16 et 17.

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