‹ Histoire de TunisChapitre 18 sur 79 · IL. MARCVS SIMPLEX ET L · texte numérisé non relu

IL. MARCVS SIMPLEX ET L

MARCELLVS SIMPLEX REGI LIAiNVS S. P. F.

Plusieurs autres inscriptions encore, les unes frustes, les autres bien conservées, ornent la frise et les parois de ces belles ruines.

On ne trouve, au contraire, aucun vestige d'antiquités à Lorbous , l’ancienne Laribus Colonia ; cette petite ‘ville, située à cinq lieues environ (20 kilomètres) à l’ouest-sud-ouest de Testourah, et à la même distance au nordest de Qeff, n’est maintenant remarquable que par la beauté de sa situation sur une éminence.

Dans la plaine qui s’étend au-dessous | de Lorbous y non loin de Douggah, est assise une autre petite ville, Mestorrah, l’ancienne Civifas secunda Tuggensis; on y trouve le piédestal d’une antique statue qui a disparu, et sur lequel existe encore cette inscription :

SATVRNO A VG. SACRVM CHUTAS II TVGGENS1S DED1C. DECR. DECVR.

A une demi-lieue seulement (2 kilomètres) de Douggah et à une lieue ! (4 kilomètres) de Toubersôk s’élève sur une colline Dessous , l’ancien Municiypium Agbiensium , où l’on trouve les vestiges de deux temples antiques et d’un château plus moderne.

Ces ruines offrent quelques cippes

main des hommes : il paraît que dans les guerres civiles qui ont si longtemps bouleversé l’empire romain, surtout en Afrique, les vainqueurs effaçaient le nom des princes vaincus ou détrônés sur les monuments qui I leur avaient été dédiés . ( J. J. M. )

funéraires et plusieurs inscriptions en partie effacées.

On trouve aussi quelques vestiges antiques à l’ancienne Musti , située dans une plaine, en vue de Douggah et de Dessous, à moitié chemin de Testourah et de QeJJ : ce lieu est nommé par les habitants Sydy-Abd-él-Abbâs , du nom d’un marabout qui y a sa sépulture : on y voit les restes d’un bel arc de triomphe, dont l’une des pierres offre encore cette inscription:

INVICTISSIMO FELICISS1MOQVE IMP. AVGVSTO CAESARI OR BIS PACAT . MVST1CENS1VM DD.

En continuant de marcher au sudouest on arrive à la frontière qui sépare de ce coté la Régence tunisienne du territoire de l’Algerie, et qui est à 24 lieues ( 96 kilomètres ) ouest-sud-ouest de Tunis.

La ville frontière est celle de Qeff (l’ancienne Sicca-Veheria\ située à cinq lieues (20 kilomètres) au sud-ouest de Lorbous : cette ville est réputée la troisième de la Régence pour la richesse et la force, quoique sa citadelle ait été démantelée, il y a environ un siècle, dans les guerres civiles. La ville elle-même est bâtie sur le penchant d’une colline, comme son nom même semble l’indiquer (l), et presque au milieu de son emplacement elle possède une fontaine qui lui fournit une eau abondante. Les seules antiquités que possède la ville de Qeff sont deux inscriptions, dont je citerai seulement la suivante :

HERGVLI SACRVM. TITAC1VS PROGVLVS PROCVR AT. AVGVSTI SVA PECVN1A FECIT.

En partant de Dazil-Dâb pour se rapprocher de Tunis on suit la direction de l’est à peu près dans le même parallèle; et, quittant la vallée arrosée par la Medjerdah, on se jette dans un pays montagneux ; la première position remarquable qu’on y rencontre est Douchah , qui n’est qu’un monceau de ruines, à environ six lieues (24 kilomètres) au sud-sud-ouest de Tunis.

On peut croire que Douchait était autrefois la cité nommée Turza ou

(i) Le mot Qeff ou Qo/f signifie une colline, un monticule, en langue arabe. ( J. J. M.)

L’UNIVERS

Turceta ; du moins cette induction doit se tirer des fragments d’une inscription qu’on y lit encore, quoiqu’elle soit presque entièrement détruite : ce que l’on peut déchiffrer des restes de cette inscription indique que le monument auquel elle appartenait avait été érigé en l’honneur de Cælius Alcinus Felicianus, qui paraît être natif de cette ville, et elle se termine par les lignes suivantes ;

OB EXIMIVM AMOREM IN PATRIAM SPLENDIDISSIMVS ORDO TVRCET. PATRONO SVO.

De là le chemin de Tunis laisse à droite Mechergah , ou Mecherkah , qui est dans une plaine entourée de montagnes, à trois lieues (12 kilomètres) à l’est de Bouchah.

Cette petite ville s’appelait autrefois Giuf ou Municipium Giufitanum ; elle a aussi porté en même temps les titres d e Aurelium, Alexandrianum , Augustum , Magnum : ceîte dernière épithète aura sans doute été donnée à cette cité, pour la distinguer de la bourgade nommée Giuf Minus, située dans la montagne de Zaghouân , et qu’on appelle encore aujourd’hui Z y ou f-êz- Zaghouân : on n’y trouve d’autres vestiges d’antiquités que cinq inscriptions, dont je citerai de préférence celle qui prouve que la ville de Giuf a porté simultanément à la même époque, et non successivement , les divers surnoms que je viens de ràpporter :

LVCINIAE SATVRN1NAE AVRELI DIONISI PATRONI CON1VGI MVNICIPES MVNICIPI AVRELI ALEXAN DRIANI AVGVSTI MAGNI GIVFITANI.

C’est de Mechergah qu’une route tournant vers le sud-ouest conduit directement à la montagne de Zaghouân, dont il a été fait une mention détaillée dans le chapitre V ci-dessus (1). Une autre route, partant du même point à l’est-sud-est, se dirige vers Toubernôk (2) située dans une position centrale entre la petite ville de Souleymân et Qassr-

(r) Voyez ci-dessus , pages 16 et suivantes.

(2) Il faut prendre garde de ne pas confondre Toubernôk avec Toubersôk , dont il a été question ci-dessus, page 26.

êz-Zéyt, à l'entrée de la péninsule qui forme la partie orientale du Quartier d’Été, et que nous allons rapidement parcourir.

Section Troisième.

Partie orientale du Quartier d’Été ; — Beled-êl-Hadarah ; — Rhadès, Hammâm-êl- Ayn , Souleymân, Toubernôk, — Péuinsule, Gourbos, iSydy-Dâoud, Louaréah , Grottes antiques;"— Cap Bon,Dakhoul, Klybéah, Gourbah', Nabal, Hamâmét, Qassr-êz-Zéyt, Minârah , Farâdys, Herklah.

Pour se rendre dans la partie orientale du Quartier d’Été et visiter cette péninsule, qui doit nous offrir une moisson d’antiquités plus abondante que notre exploration de la côte septentrionale, on sort de Tunis par la Porte du Sud, et on traverse les faubourgs.

D’abord, dans celui qui est nommé Beled-êl- Haddrah, on rencontre un Bag no, où un beau fût de colonne, apporté probablement de Carthage ou de ses environs, offre l’inscription suivante :

IMP. CAES. D1V. NERVAE NEP.

DIV. TRAIANI PARTHIC. FIL.

TRAIANVS HÀDR1ANVS AVG.

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