‹ Histoire de TunisChapitre 21 sur 79 · DD. PP · texte numérisé non relu

DD. PP

C’est à une lieue ( 4 kilomètres ) au nord-ouest de Hamâmét, dans un pays montagneux et à quelque distance du rivage, qu’on trouve Qassr-êz-Zéyt (2) :

Cet endroit est couvert de ruines, que leur proximité a fait servir de carrière aux constructeurs de Hamâmét : là était autrefois une ville considérable, qui paraît surtout avoir joué un rôle important à l’époque des Antonins , et que les anciens nommaient Civitas Siagitana, ou Civitas Siagitanorum ; c’est à cette ville que se rapportent les deux inscriptions précédentes, auxquelles j’ajouterai encore le fragment sui vant :

PRO SENATV POPVLOQVE.

SIAG1TANO CELER IMILCONIS ET GVILISSAE F. SVFFES.

Cette inscription nous apprend que l’ancienne cité Siagitana était gouvernée par des magistrats qui portaient le titre de Soitffetes , comme ceux de l’antique Carthage (3).

Un peu au delà de ces ruines on entre dans une grande plaine, qui s’étend jusqu’à Herklah , et qui est cultivée par les tribus des Oueled-Séyd, que nous avions déjà trouvés dans la péninsule.

En reprenant la direction du sud-ouest

(2) Qassr-êz-Zéyt signifie le Château de

V Huile. (J. J. M.)

(3) Ce titre de Suffetes dans les langues

punique ou phénicienne est analogue à celui de Souffett, que la Bible hébraïque donne aux Juges d’Israël. J. J. M.

TUNIS

on trouve bientôt sur la côte , à deux lieues environ ( 9 kilomètres ) de Hamâmét , une grande construction de forme cylindrique, et semblable à une haute tour, mais sans autres aménagements intérieurs qu’une voûte qui la recouvre, et une baie de porte qui y donne entrée. Les Maures ont donné à ce monument le nom de Minârah, c’est-à-dire Phare (1) , et prétendent qu’autrefois on allumait sur le sommet des feux; pour guider les navigateurs.

Cependant cet édifice pourrait bien n’être qu’un monument funéraire destiné à la sépulture communede toute une famille : c’est du moins ce que Ton peut supposer en voyant la corniche de l’édifice surmontée de plusieurs cippes en forme de têtes funéraires , ou d’autels , dont les moins ruinés laissent encore lire de courtes inscriptions offrant seulement des noms propres accompagnés de titres de parenté : c’est ainsi qu’on lit sur un de ces cippes :

VITELLIO QVARTO PATR.

Sur un autre cippe :

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