LOUANGE A DIEU UNIQUE
« Cet écrit a pour objet de demander que « Sydy Mohammed- Khodjah. , intendant de « l’arsenal et ambassadeur de Tunis, en ce
L’UNIVERS
Cependant l’année suivante, lorsque, l’an VI de la République (1798), l’expédition d’Égypte et l’oecupation par les Français de cette province, vassale de la Porte-Ottomane, eut été considérée par le Divande Constantinople comme casus belli, le Bey de Tunis n’hésita pas à rompre lui-même avec la République française et à envoyer ses corsaires contre les bâtiments que la mère-patrie envoyait au secours de sa colonie naissante. Les hostilités réciproques continuèrent entre les deux États, surtout par Bonaparte , devenu premier Consul, et elles ne cessèrent que lorsque le Bey de Tunis obtint un armistice, qui fut signé à Tunis, le 9 du mois de Raby-êl-àkher de l’an 1215 de l’hégire, c’est-à-dire le 9 fructidor an Vill de la République ( 7 août 1800), par le citoyen Devoize, qualifié de Chargé d’affaires èt de Commissaire général des relations commerciales de la République (1) , et muni des pleins pouvoirs du premier Consul pour traiter d’une paix définitive.
Voici la teneur des conditions de cet armistice, qui n’ont été publiées par aucun historien contemporain :
«1°À commencer du 9 fructidor « toutes les hostilités seront suspendues « entre les deux nations.
« 2° Le Bey donnera immédiatement « aux commandants de ses côrsaires, et « à ceux armés par ses sujets, des ordres « de respecter le pavillon français ; et « s’ils venaient à s’emparer de bâtiments
« moment à Paris, agrée ce témoignage d’a- « mitié, imprimé en sa présence pour lui « faire connaître l’art de l’imprimerie. Nous « désirons aussi que le Rey de Tunis, prince « des princes , Hamoudah-Pacha , trouve « dans cette attention l’assurance de l’amitié a sincère qui existe entre les deux gouver- « nements. »
« A r Imprimerie de la République.
« Dans le mois de Chaabàn 12 xr de l’hé- « gire, qui correspond au mois de pluviôse a (c’est-à-dire le mois pluvieux )de l’an 6 de « l’ère de la République française. » (Février 1797.)
(1) Ce titre était celui qu’on attribuait alors aux agens extérieurs du gouvernement français, depuis que le titre de Consul avait été réservé pour la qualification des trois hauts fonctionnaires de la république.
« ennemis de la Régence, sur lesquels se « trouveraient des marchandises dont « la propriété française serait constatée « par le manifeste et police de charge- « ment, elles seront rendues sur-le- « champ à qui elles appartiendront.
« Le citoyen Devoize s’engage, de son « côté, de faire défendre par le gouverne nement de la République à tous com- « mandants de ses armements, et noce tamrnent de ceux de la Corse, de cou- « rirsur le pavillon tunisien; et quant « aux marchandises trouvées à bord des « bâtiments ennemis de la République , » chargées par des sujets du Bey , il sera « usé de réciprocité comme dessus.
« 3° Tout bâtiment pris de part et « d’autre après le '9 fructidor sera rendu « avec ses équipages et sa cargaison.
« 4° En attendant la paix définitive, « les bâtiments de Tunis seront reçus « dans les ports de France, comme ceux « de la République seront admis dans les « ports de la Régence.
« 5° Dans le cas de rupture du présent « armistice, il est convenu qu’il sera ré- « ciproquement donné avis de la reprise « des hostilités deux mois avant qu'elles « recommencent. »
La paix définitive ne tarda pas à être conclue sur les mêmes bases que l’armistice ci-dessus, et dès lors il a régné entre la France et la Régence une bonne intelligence qui n’a pas cessé jusqu’à nos jours : pendant les dix années qui s’écoulèrent depuis ce traité aucun événement digne de remarque ne signala l’histoire de Tunis; mais l’année 1226 de l’hégire (18ll de notre ère) vit tout à coup interrompre cet étal paisible et prospère par une catastrophe qui répandit la terreur dans toute la Régence.