CHAPITRE IV
Carthage; — Êl-Mersâ; — le port vieux; —
le port neuf ; — Êl-Malgah ; — citernes ;
— Ulique; — Porto-Farina; — Bizerte.
Je craindrais de peu intéresser le lecteur , si je lui répétais ici tout ce que les anciens historiens nous ont transmis
(1) Le mot Sebkha, ou Sabkhah , signifie proprement en arabe un marais salant , un terrain dont la surface offre des efflorescences salines.
(2) Voyez la planche n° 14 du volume Afrique, Esquisse générale,
sur la position , l’étendue et la magnificence de la cité des Carthaginois ; ces détails se trouvent retracés dans tant d’ouvrages , que je crois devoir me borner uniquement dans ce chapitre à ne m’occuper de cette fameuse rivale de Rome que sous le rapport des ruines
u’elle présente encore, et que j’ai été
’autant plus curieux d’observer moimême avec le plus grand soin, qu’en offrant une carrière précieuse à explorer aux investigations de l’antiquaire, elles ouvrent le plus large champ aux méditations du philosophe.
Que de réflexions amères et mélancoliques viennent navrer involontairement le cœur du voyageur debout au milieu des débris qui jonchent humblement la terre, et qui sont les seuls témoins de la splendeur, pour- toujours éteinte, de cette cité, qui fut la dominatrice des mers et la rivale longtemps heureuse de la Maîtresse du monde !
Giace Valta Cartago, ed à pena i segni
De l’alte suc ruine il lido sei~va (3).
Où sont maintenant ces remparts formidables, ces arsenaux, ces palais, ces arcs de triomphe , ces deux ports creusés de mains d’hommes d’où s’élancaient ces flottes puissantes qui allaient porter la terreur en Sicile, en Sardaigne, en Espagne, et jusques au pied du Capitole? De toutes ces nobles créations de l’industrie humaine, que reste-t-il?
Quelques pierres éparses qui roulent sous le pied dont les heurte en passant l’Arabe insouciant et le Berbère nomade, ignorant qu’il foule les cendres des anciens maîtres qui asservirent ses pères.
. Quâ devictæ Carthaginis arces [res
Procubuere,jacenlque, infausto in littore, tur- Eversœ. Quantum ilia metus, quantum ilia
[ laborum
Urbs dédit insultans Latio et laurentibus arvis ; ISuncpassim vix relliquias vix nomina servons, Obruitur, propriis non agnoscenda ruinis (4).
Et, comme si ce coin de terre avait été fatalement prédestiné à être le rendez-vous des plus hautes infortunes, peut-on contempler ces tristes décombres sans que l’esprit soit frappé d’un autre grand souvenir, Marius, proscrit par les guerres civiles , répondant
(3) Tasso, Gerusalemme liber ata, cantoXY.
(4) Lucanus , De bello civili , lib. II.
TUNIS
à l’esclave de son heureux antagoniste, Sylla : « Va dire à ton maître que tu as « vu Marius assis sur les ruines de Car- « thage. »
. Solatia fati
Carthago, Mariusque tulit : pariterque jàcentes Ignovere Deis . (I).
Mais un autre désastre, et qui nous touche de plus près encore, ne vient-il pas aussi associer à ces adversités carthaginoises et romaines le deuil français : d’une tombe royale ?
Le nom de Carthage peut-il être prononcé sans rappeler que le plus saint de nos rois , Louis IX, venant chercher la gloire sur ces parages, y trouva la peste et la mort?
L’observateur a besoin d’écarter de i son esprit ces lugubres images pour pouvoir se livrer avec l’attention nécessaire à l’examen archéologique de ces débris , seuls restes de la puissante Carthage.
Des traces assez faciles à reconnaître nous révèlent une partie de l’ancienne en- ! ceinte qui circonscrivait de ses remparts J l’antique métropole punique : elles pa- ■ raissent confirmer d’une manière non équivoque l’exactitude de la position que lui ont attribuée les géographes anciens, et qu’à leur tour les savants modernes ont cherché à établir par la sagacité de leurs conjectures (2).
Cette enceinte avait, suivant Tite- Live(3), vingt-trois mille pas de tour, et Pline (4) nous apprend que cette circonférence s’étendait encore davantage à l’époque où les Romains n’en étaient pas encore maîtres : Strabon donne à la péninsule sur laquelle Carthage était assise trois cent soixante stades de tour, ce qui établirait une circonférence de quarantecinq milles romains; mais il s’abstient de préciser les mesures qui pourraient déterminer la dimension de la ville ellemême.
Quoi qu’il en soit de cette dimension précise, les ruines maintenant existantes déterminent la position de l’ancienne métropole carthaginoise sur cette saillie de la côte qui porte encore de nos
(r) Lucanus, loco citato.
(2) F oyez dans le volume Afrique , Es- \ quisse générale, les planches ire el 2e.
I (3) Tit.-Liv., lib. LI.
(4) Plin., A fric. Descr. lib. V.
jours le nom de Cap Carthage, c’est-àdire à trois lieues environ (douze kilomètres) au nord de Tunis, et pour ainsi dire en face de cette Rome qu’elle devait si longtemps combattre et qui devait enfin l’écraser.
. Italiam contra Tiberinaque longe
Ostia (5).
Lorsqu’il parcourt l’immense amoncellement des débris qui autrefois furent Carthage, et qu’il considère jusqu’à quel point le poids de vingt siècles et la haine humaine ont pu anéantir une ville à laquelle la solidité de ses constructions et la puissance de l’empire dont elle était le siège semblaient devoir promettre un avenir presque indestructible, l’observateur d’une telle misère, après une telle gloire, ne peut s’empêcher d’associer à un profond sentiment de regret un retour douloureux sur l’instabilité des choses humaines et sur l’impitoyable rigueur des destinées auxquelles elles sont contraintes d’obéir.
Pour mieux connaître ce vaste territoire jadis occupé par Carthage, je pris le parti d’aller établir ma demeure pendant un mois entier,
inter semirutas magnæ Carthaginis arces,
c’est-à-dire, à la Marse (6). On appelle ainsi une assez grande étendue de la côte occupée maintenant par de nombreux jardins et des maisons de campagne agréables, qui forment , à ce que l’on peut croire, à peu près le centre de l’ancienne Carthage ; car il paraît que cette grande ville s’étendait depuis les environs de Sydy-Abou-Sayd jusqu’en deçà de Kamart , que nos navigateurs nomment la Camarte (7).
D’après la signification du nom de Él-Mersâ, le docteur Shaw a cru y trouver un indice certain pour déterminer l’emplacement du port de Carthage; mais pour peu qu’on examine la position de la Marse et les deux montagnes qui la séparent de la mer, on reconnaît promptement le peu de fondement de cette conjecture.
(5) Virgil., JEn.
(6) Êl-Mersà ; ce nom arabe signifie l’ancrage , la rade, le port. ( J. J. M. )
(7) Ce village est situé sur un promontoire qui porte lui-même le nom de Râs-Kamart,
L’UNIVERS
C’est inutilement que j’ai cherché à reconnaître l’emplacement du Vieux Port et du Port Neuf; mais d’après tout ce que des géographes habiles en ont dit dans leurs savants ouvrages , on peut, je crois, conjecturer que le grand port , autrement dit le vieux port, était réellement situé là où est actuellement la Camarte , et que le port neuf était entre le cap de Carthage et le canal de la Gou lette.
Les traces de ce dernier sont moins équivoques si on en juge par les restes d’une espèce de construction qui s’avance sur ce point dans la mer; mais il n’en est pas ainsi du premier, qui a été entièrement comblé par les sables , et qui , par les envahissements d’alluvions , a subi une métamorphose si considérable, qu’il est maintenant absolument impossible de le reconnaître.
Béüdor, dans son excellent ouvrage sur l’ Architecture hydraulique , a donné le plan de ces deux ports d’après les plus célèbres géographes anciens , et il suffira de jeter un coup d’œil sur les planches qu’il a données, pour se convaincre de l’exactitude de ce que je viens d’exposer.
Si toutefois il y avait erreur dans cette hypothèse, il faut espérer qu’elle pourra être postérieurement rectifiée par des savants plus instruits dans l’ancienne histoire du peuple qui a si longtemps dominé la Libye.
En partant de la Marse pour se rendre à la Goulette , et en marchant constamment, ainsi que je pense avoir lieu de le croire, dans l’enceinte de l’ancienne Carthage, on arriveà un santon nommé Abd- Elyâ , puis à un petit village qu’on appelle El-Malgah ; ce village est en grande partie bâti sur des citernes, dont les pro« portions sont réellement gigantesques.
Quelques-uns des voyageurs qui les ont visitées ont été tentés de croire que ces longues voûtes souterraines, dont plusieurs sont encore en assez bon état, étaient jadis des magasins; mais pour peu que l’on considère que les célébrés aqueducs venant du Zaghouân (1) y
# aboutissent précisément et devaient y
* porter leurs eaux , on trouvera sans au-
(t) Voyez dans le volume Afrique , Esquisse générale, la gravure n° 14 , et ci-après les planches n° 2, 9, 14, i5, et 16.
cun doute que par cet indice positif l’emplacement du réservoir général de cette eau, si abondante autrefois, est fixé ici d’une manière incontestable.
En partant de là, et en se dirigeant vers le cap Carthage, on trouve encore, près d’un petit village nommé Douar ês-Sahal , et au pied d’un petit fort, nommé él-Bourdj él-Djedyd ( la Tour- Nouvelle ) , d’autres citernes d’une forme plus élégante et plus régulière, et véritablement d’un travail admirable. Plusieurs d’entre elles sont dans un état parfait de conservation, et remplies d’une eau saumâtre que la mer y a filtrée à travers le terrain sablonneux. Leur position indique clairement qu’elles ne pouvaient être destinées qu’à recevoir les eaux pluviales, qui étaient recueillies, par le moyen des terrasses, formant la toiture des maisons de l’ancienne ville.
Dans toute l’étendue de terrain qui se trouve entre le cap Carthage et la Malgah, et principalement du côté de la mer, on peut remarquer çà et là quelques portions assez considérables des antiques murailles, que le poète nommait validissima Carthaginis mœnia; mais on y observe surtout un grand nombre de voûtes ou arcades , plus ou moins ensevelies sous les sables et les décombres : ces restes, qui ont traversé tant de siècles dans un tel état de conservation, pourraient indiquer, de la manière la plus positive, que les Carthaginois, ou les Romains, possédaientdès lors parexcellence l’art de cette espèce de construction.
Les ruines couvrent ici toutes les parties du terrain ; en revanche le territoire qu’on appelle la Marse{2) est si complètement déblayé et si bien cultivé, qu’on a de la peine à se persuader qu’il y ait eu là autrefois quelques édifices; mais ce qui a sans doute favorisé l’industrie dans cet emplacement, c’est qu’on y a trouvé une qualité d’eau moins saumâtre, et, par conséquent, plus propre à favoriser la végétation , que toute celle qui se trouve sur le reste de la plage.
Du côté de la Camarte il existe beaucoup d’indices d’anciennes constructions ; on y trouve même plusieurs sou-
(2) Le mot arabe mersâ signifie un port, comme nous l’avons vu ci-dessus, note 6, page i3.
TUNIS
terrains aussi vastes que curieux à examiner, mais que beaucoup de voyageurs n’ont pas eu l’occasion de visiter, soit par défaut de temps , soit par le manque d’un guide qui pût les conduire dans leurs excursions archéologiques.
Voilà à quoi se réduisent les vestiges de cette grande et célèbre cité , de cette dominatrice de l’Afrique (1). Sur chacun des décombres que heurtent les pas du voyageur, il croit lire encore ce terrible anathème si souvent lancé par l’implacable Caton contre la rivale de sa patrie : « Delenda est Carthago ! »
Utique, située au nord de Carthage, à la distance d’environ quatre lieues (seize kilomètres), était, d’après tout ce que l’histoire nous en apprend, une trèsgrande ville, et elle jouissait sous plusieurs rapports d’une célébrité que rehaussa encore la mort du second Caton.
Si, d’après les données des anciens historiographes , on cherche à reconnaître l’emplacement de cette ville, et si on considère le peu de vestiges qui en sont restés, on ne se persuadera qu’avec peine que le temps ait pu en faire disparaître j aussi complètement les traces.
Les Maures ont fait à Utique ce qu’ils j ont fait à Carthage; ils en ont successivement emporté tous les matériaux préj cieux, surtout les marbres, pour construire ailleurs des demeures particulières ! ou des mosquées.
! Tout ce qu’on voit aujourd’hui sur i l’emplacement d’Utique se réduit à sept grandes citernes remplies de chauves- ! souris et de pigeons sauvages , avec les indices non équivoques de l’ancien port; ce port autrefois si fréquenté a été évi- ! demment comblé par les sables de la rivière appelée maintenant Megerdah (2), ui a changé son lit depuis longtemps , e façon que cet emplacement est éloigné aujourd’hui de près de quatre milles du rivage de la mer.
Tandis que les eaux qui viennent de
(i) Voyez la planche 4, Afrique , Esquisse générale.
r (a) Medjerdah ou Megerdah ; les géographes ont reconnu dans cette rivière l’ancien fleuve Bagradas , dont il est si souvent fait mention chez les historiens latins. La permutation réciproque des labiales est fréquente dhns les anciens noms géographiques. Voyez ci-dessus la note 3e de la page 5.
l’intérieur du pays ont tellement éloigné Utique du littoral, par la quantité considérable des sables qu’elles charrient, celles de la mer, d’un autre côté, ont opéré le contraire; car tout prouve que les eaux de la Méditerranée se sont portées sur Carthage elle-même, et ont envahi et détruit une portion assez étendue du cap, qui, d’apres toutes les probabilités, s’avançait dans la mer beaucoup plus autrefois qu’aujourd’hui.
Porto-Farina , au fond du golfe formé par le cap que les Maures ont nommé Râs-Zebyb (3), c’est-à-dire le capdesRaisins,estune très-petite ville, avec un port assez profond, qui peut contenir environ vingt-cinq navires. Le Bey tient toute sa marine, ou, pour mieux dire, sa petite escadrille, dans ce petit port, pendant tout le temps de l’hiver. On assure que c’est en cet endroit que saint Louis mourut de la peste à sa seconde croisade (4).
L’embouchure du port a si peu de profondeur, qu’il faut incliner les navires de côté pour les y faire entrer. Elle est, au reste, défendue par trois forts; le premier est au nord-est du port, le second au sud-ouest; le troisième, appelé fort Nadour, est au nord et éloigné d’un mille de la ville.
Au nord de Porto-Farina, à la distance de cinq lieues (vingt kilomètres), se trouve Bizerte, petite ville située sur le bord de la mer; elle a des alentours très-agréables, et un petit port qui présentait autrefois de grands avantages aux navigateurs; mais aujourd’hui ce
(3) Ce mot arabe rds signifie tête, cap, pro¬
montoire ; le mot zebyh signifie raisins secs ; on prétend que ce nom a été donné à ce cap à cause du grand commerce de raisins secs qu’y font les habitants : ce cap est l’ancien Apollonis promontorium. (J. J. ‘M.)
(4) Ce fut l’an 1270 de notre ère, le ier juil¬
let, que Louis IX s’embarqua à Aigues-Morles avec ses fils et soixante mille hommes, pour sa seconde expédition contre les infidèles; il relâcha d'abord en Sardaigne, et cingla ensuite de là vers l’Afrique; le 17 du même mois il arriva au port de Tunis , où il débarqua sans résistance : huit jours après il en emportait le château; mais la maladie s’étant mise dans son camp , il en fut attaqué luimême, et mourut le a5 août suivant, à l’âge de cinquante-cinq ans , après en avoir régné près de quarante-quatre. (J. J. M.)
L’UNIVERS
port a si peu de fond, par ses atterrissements successifs, (fu’il ne permet guère l’entrée qu’à de très-petits bâtiments.
Cet encombrement du port de Bizerte accuse la funeste négligence du gouvernement de la Régence : partout on ne voit qu’insouciance, que dégradations; et si on ne connaissait le système , généralement adopté par ce gouvernement, de ne pas employer de l’argent en réparations, on ne pourrait croire qu’on ait pu ainsi abandonner et laisser détruire, par l’incurie, des établissements aussi importants pour un État qui songe non-seulement aux intérêts de son fisc , mais aussi à ceux de ses sujets.
lies navires qui viennent charger des marchandises ou des denrées sont obligés de rester en rade, et même à une distance assez considérable, s’ils sont d’un fort gabarit. Cette rade offre si peu desûreté, lorsque les vents du nord au nord-ouest dominent avec force, qu’il n’est absolument pas rare de voir ces navires se perdre sur les récifs des côtes ; aussi les navigateurs qui s’y rendent cherchent-ils toujours à faire avec célérité leur chargement, pour se soustraire aux dangers qui les menaceraient dans un plus long séjour.
Bizerte a tout au plus une population de dix mille âmes; les rues y sont mal percées, comme dans toutes les villes de l’Orient, et on n’y observe ni activité ni industrie. On ne peut dire que l’air y soit plus sain qu’à Tunis; mais pourtant je dois avouer qu’il m’a semblé y éprouver une sensation plus agréable que celle dont j’étais affecté dans la capitale de la Régence.
Durant l’hiver le froid y est un peu plus sensible , à cause de la proximité de la mer et de la direction des vents; mais l’été, en revanche, y est plus tempéré, et plus agréable qu’en aucun autre lieu de la côte (1).
Au sud-ouest de Bizerte est un lac d’une vaste étendue et d’une assez grande profondeur ; ce qui est remarquable, c’est que tantôt il verse ses eaux avec beaucoup de force dans la mer, tantôt il en reçoit les eaux avec un con-
(t) La planche de costumes que l’on trouvera ci-après , n° i x , offre dans le fond l’esquisse d’une vue de Bizerte.
tre-courant d’une force égale. On croit ordinairement que ces courants opposés sont l’effet du flux et du reflux, mais des observateurs plus éclairés ont reconnu que ce double phénomène n’est que l’effet naturel d’une différence alternative de niveau entre l’eau de la mer et celle du lac lui-même.
On voit dans ce lac une île au milieu de' laquelle s’élève une montagne assez haute. Il est au reste très-poissonneux, et toutes les espèces de poissons qu’on y prend viennent de la mer, s'introduisant avec les eaux par ses canaux de communication. Cette abondance de poissons est si considérable, qu’on en pêche habituellement beaucoup plus qu’il n’en faut pour la consommation de Bizerte.
La pêche de ce lac étant affermée, les entrepreneurs envoient la plus grande partie de cet excédant à Tunis, où le poisson se vend plus ou moins cher, en raison de sa conservation ; car, comme on le charge simplement sur des bêtes de somme, qui restent quinze heures en chemin , il arrive souvent demi-gâté à sa destination, pour peu que la saison soit chaude ou orageuse.
Au reste , le poisson se pêche facilement, et avec la plus grande simplicité, au moyen d’une espèce de bâtardeau en joncs , formant une enceinte, de laquelle le poisson ne peut plus sortir une fois qu’on l’a forcé à y entrer.