‹ Histoire de TurenneChapitre 30 sur 33 · LIVRE CINQl'lfeMf. iVt · texte numérisé non relu

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défendre l'abandonnèrent et s'enfuirent. Le duc de Lorraine et le comte de Caprara, qui en furent averti», y envoyèrent promptement un régiment d'infanterie ; mais quoique la hauteur sur laquelle était ce château fût assez escarpée de notre côté , nous # y arrivâmes les premiers , et celui qui commandait les ennemis ayant été tué de la première décharge qu'on fit sur eux , tous les autres prirent aussitôt Ja fuite.

Turenne s'occupa aussitôt de l'attaque générale. II se mît au centre de l'armée , i la tête de laquelle il fit avancer le canon , et il ordonna , sur toutes choses , à sa cavalerie, d'essuyer le feu des ennemis sans tirer , et de ne les charger que l'épée à ht main. A peine eûmes-nous formé deux petites lignes i mi-côte , que les ennemis , qui de leur hauteur voyaient tous nos mouvements, ne voulant pas nous laisser le temps d'en former une troisième , vinrent fondre sur nous avec tout l'avantage que Jeur donnait la pente du terrain , et renversèrent notre première ligne sur la seconde. Notre canon ne faisait que d'arriver, et il était encore attelé ; de sorte que les attelages, épouvantés par le hruit de la mousquetterie des ennemis , s'échappèrent à travers nos escadrons , et , rompant nos lignes , entraînèrent deux pièces de canon jusqu'à l'arriêre-garde , ce qui causa beaucoup de confusion.

Turenne rétablit ce désordre le plus promptement

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^u'il lui lut possible : il fit avancer nos bataillons I* pique baissée , pour arrêter l'impétuosité des cuirassiers de l'empereur, qui faisaient tous leurs efforts pour enfoncer nos lignes ; et Turenne s'étant mis à la tête de la cavalerie avec tous les officiers-géné* raux , ils fondirent l'épée à la main sur les ennemis. Tous les escadrons se mêlèrent dans cette charge , et notre cavalerie rompit presque les cuirassiers qui étaient devant elle. Turenne ne se contentait pas d'aller dans les rangs pour encourager ses troupes de la voix et du geste; il les animait par son exemple , en ne se ménageant pas plus que le moindre soldat. Il se trouvait partout , donnant ses ordres avec toute la tranquilité possible. Il se mêJadix fois avec les ennemis l'épée à la main , et il fut plus d'une demi-heure au milieu des cuirassiers de l'empereur.

Le duc de Lorraine et le comte de Caprara n'en faisaient pas moins; et s'étant mis à la tête de leur armée avec tous les officiers-généraux t le combat devint beaucoup plus terrible qu'il ne l'avait encore été. Il n'y eut point d'escadron qui ne chargeât .quatre ou cinq fois. Les étendards et les drapeaux furent repris des deux côtés. Le marquis de Montgon portait la cornette blanche; la lance de sa cornette ayant été cassée en trois morceaux par deux coups de sabre et un coup de pistolet, il essuya le feu de deux bataillons pour ramasser cette ©or-

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