CONCLUSION
Nous voici arrivé au terme de notre tache. Nous avons suivi Turennc tant dans sa carrière militaire que dans sa vie privée. De cette étude nos lecteurs garderont sans doute, comme nous l'avons fait nous -même, une \ive admiration pour cette belle figure. Quelques taches, il est vrai, ont obscurci la renommée de Turenne. Il a porté les armes contre sa patrie; ce fut la grande faute de sa vie, mais elle fut rachetée par une prompte soumission et un entier dévouement à la cause royale; nul ne peut savoir quelle eût été, sans le puissant secours de son génie, la destinée de Louis XIV. La victoire ne lui a pas toujours élé fidèle. Condé, disent ses panégyristes, a toujours triomphé en bataille rangée; Turenne fut vaincu à Marienthal, à Rethel. Gela est vrai; mais, inébranlable dans l'adversité, l'habile et prudent maréchal savait ramener la fortune. Un mois après Marienthal, Merci, victorieux, reculait devant lui.
Turenne a consacré sa vie tout entière à l'étude persévérante, incessante de la guerre; aussi son génie, qui n'a peut-être été qu'une longue patience, n'a-t-il jamais cessé de grandir. Ses deux dernières campagnes ont mis le comble à sa gloire. Confiné dans sa spécialité , il ne dérobait à ses travaux militaires que le temps nécessaire pour se livrer à l'examen des questions religieuses , examen approfondi qui a ramené dans le sein de lÉglise catholique cet esprit droit et juste.
Sa réputation n'a pas élé diminuée par le prestige des généraux illustres qui l'ont suivi. Le temps, « ce fleuve qui entraîne tout, n'entraînera pas de sitôt une telle mémoire; elle est consacrée à l'immortalité, i> a dit de lui M^^^ de Sévigné, et ce mot est toujours vrai. Son nom vit entouré de respect et d'honneur, non seulement en France, mais chez nos ennemis eux-mêmes.
<r En 1814, quand la division d'Ermolof, en marche contre la France, arriva auprès de Sassbach , le général russe donna à ses troupes l'ordre