‹ Histoire de VaubanChapitre 10 sur 35 · U. DE CHOISY · texte numérisé non relu

U. DE CHOISY

Lorsque Vauban reçut la mission, en 1668, de fortifier Charieroi, il fut secondé avec zèle et intelligence par un jeune ingénieur, M. de Choisy," qui sut bientôt se faire apprécier de ses supérieurs et mériter leur confiance. Vauban avait dressé les plans de Cliarleroi et présidé aur premières opérations; mais son service l'appelait souvent aux armées et à la Routière. Il remettait, pendant ses absences, la direction des travaux à Choisy. Les foiiifications de Charieroi achevées, Choisy fut signalé à Lôuvois parVaubén, qui écrivit au ministre, le !•' janvier 1673 :

I7t HISTOIRE DE VAUBAN.

<c C'est celui en qui je me fierais le plus pour la capacité et la valeur. »

Un. pareil éloge , dans la bouche d^un homme si juste appréciateur du mérite , équivalait à un brevet d'avancement. Aussi sa carrière fut-elle rapide et brillante, an moins dès ses débuts. Au siège de Maestricht, en 1676, il fut investi du commandement en second de la garnison. Le commandant supérieur était M. de Calvo , maréchal de ' camp , un des plus anciens et un des plus braves officiers de Tarmée. Il avait pris part à toutes les campagnes de son t^mps, et il possédait au suprême degré Fart de communiquer à ses troupes l'énergie et l'esprit d'abnégation qui l'animaient. Le désintéressement — vertu alors bien rare dans l'armée — était chez lui à la hauteur de l'héroïsme . Quand Lou vois lui demanda ce qu'il avait dépense pour « avoir des nouvelfes de l'ennemi » , il répondit qu^il lie l'avait pas mis par écrit, ne songeant pas « en être remboursé jamais , et que n'ayant d'autre bien que celui que Sa Majesté lui donnait, il n'avait nulle peine de le dépenser pour son service » .

Commandées par de tels hommes , les troupes chargées <le garder Maestricht ne pouvaient que bien faire leur devoir. Aussi la défense fut-elle admirable; c'est une des plus belles dont l'histoire fasse mention. Après plusieurs «Uta({ues inhructueuses qui lui avaient coûté de grandes pertes , le prince d'Orange renonça à poursuivre le siège <^t abandonna la partie, laissant entre les mains des FraiH çais SOS l>agages et son artillerie.

Calvo envova Choisy à Versailles rendre compte à Louvois du résultat des opérations. « J'ai cru, écrit-il au mi* iiistro, ne pouvoir vous envover personne poUr vous in^

former mieux de ce qui s'est passé pendant ie siège , que M. de Choisy, qui, assurément, a une très-grande part à la défense qui s'est feite ici , et aussi je m'en rapporterai à lui. »

Élevé au grade de brigadier des armées du roi et titulaire d'une pension de trois mille livres, Choisy fut investi de plusieurs commandements importants. Louvois le chargea de reconstruire ou de réparer les places fortes de notre frontière de l'est, et, pendant plusieurs années, il fut employé, sous les ordres de Yauban, aux fortifications de Dinant, Pliilippeviile , Rocroi, Sedan, Bouillon, Montmédy et Thionville.

Au siège de Luxembourg, il seconda dignement Yauban, et son nom figura sur l'état des ingénieurs qui s'étaient le plus distingués dans le cours de cette action mémorable. Zélé, attentif, courageux sans for&nterie, Uhoisy était un excellent collaborateur; il comprenait bien les ordres qui lui étaient donnés et savait les faire exécuter avec intelligence et vigueur. Il n'était ni l'émule ni le rival de Vauban, qui dominait les ingénieurs de son temps de toute la hauteiu* de son génie ; mais ses vues étaient justes, et ses avis toujours marqués au coin du bon sens. Les plans qu'i rédigea pour la construction de Mont-Royal furent approuvés dans leur ensemble par Yauban, qui s'en inspira et les appliqua en partie.

Plus heureux que Lapara, son émule , ou sachant mieux faire valoir ses services , il avait franchi rapidement les degrés inférieurs, et, jeune encore, il était arrivé au grade de maréchal de camp. En 1692, cependant, la fortune , jusqu'alors, si clémente, lui tint subitement rigueur. Le roi, ayant résolu de se rendre maître de Reinfels pour interrompre le

commerce du Rhin et paralyser de ce côté le mouvement des alliés, chargea de cette entreprise le comte de Tallard, lieutenant général, qui commandait sur la Moselle. L armée d^investissement, forte de douze mille hommes, vint mettre le siège devant la place le 15 décembre. Le lendemain, M. de Tallard, s*étant approché trop près de TenDemi, reçut une blessure qui le mit hors d'état d'agir , et le commandement de Tarmée passa à M. de Choisy. Dans la nuit du 17 au 18, la tranchée fut ouverte, et le 27 on était proche du chemin couvert. M. de Choisy, ayant reçu avis que le landgrave de Hesse s'avançait avec des renforts pour secourir la place, donna ordre de presser les opérations. Après une action meurtrière , le chemin couvert fut enlevé et les batteries d'attaque installées. Le 31, Choisy se préparait à donner l'assaut, lorsqu'il reçut de M. de Tallard , qui s'était fait transporter à Mont-Royal , l'ordre de lever le siège, ce qu'il fit immédiatement, après avoir pris l'avis dé- ses principaux officiers réunis en conseil de guerre.

Vauban était alors à Nice ; en apprenant la nouvelle de la lovée du siège , il porta un jugement sévère sur la conduite qu'on avait tenue : « C'est une entreprise honteuse i\la Finance, écrit-il le 17 février, et très-préjudiciable aux tix>up(*s. Si nous avions eu trente années de paix, que personne n'eût su attaquer ni défendre de places, il n'est pas possible qu'on eût pu faire une plus grande ânerie'. » Sur ce point là, Vauban, d'ordinaire si perspicace, se trompait. La responsabilité des opérations ne retombait pas sur M. de Choisv, mais sur ceux qui avaient fait entre-

* Vaulmn ;\ l.oiuoisi. y^Uêpùt de la guerre.)

prendre le siëge légèrement, sans prendre les mesures les plus élémentaires de prudence, et avec des moyens insuffisants. En un mot , le tort n'était pas d'avoir levé le siège, mais bien de Tavoir commencé. M. de Ghoisy n'eut pas grande peine de le démontrer dans un mémoire trèsintéressant qui contient sa justification. Le roi se rangea à son avis et lui fit écrire par le marquis de Barbezieux a qu'il était content de toute la conduite qu'il avait tenue dans Tafiaire de Rheinfelds » .

Ce témoignage royal amnistiait complètement M. de Choisy ; mais il était écrit qu'il devait payer pour les fautes de son supérieur. Son avancement s'en ressentit, et il dut attendre jusqu'en 1704 le grade de lieutenant général. M. de Choisy ne jouit pas longtemps de cette nouvelle dignité. Dans le cours de 1706, il s'éteignit à Tàge de soixante-quatorze ans , après une vie bien remplie et consacrée entièrement au service de Ja France.

LAPARA

Lapara, né le 24 septembre 1651^ au hameau de Bas- Bourlès, à une demi-liéue d'Aurillac , était le descendant d'une ancienne femille noble. Dès sa première jeunesse, il se voua à la carrière des armes. Enseigne dans le régiment de Sourches, il fut nommé lieutehant-ingéniçur, en 1672, au régiment de Piémont, et fit en cette qualité la campagne de Hollande. Il assista aux sièges de Maestricht (1673) et de Trêves, et l'année suivante à ceux de Besançon, de Dôle et de Salins. Depuis lors, il prit' part à tous les sièges importants dans les Pays-Bas, en E^

176 HISTOIRE DE YAUBAN.

pagine et en Italie. Le siège de Luxembourg en 1684 hd fournit Toccasion de se distinguer en commandant une des trois brigades d'ingénieurs employées à Fattaque principale sous les ordres directs de Vauban. L^état, apostille des ingénieurs, signé de Vauban, porte au nom de Lapara: a II est fort bon garçon et a du cœur. Il a fort bien senri.f

En 1691, la guerre qui suivit la formation de la ligue d'Augsbourg lui fournit Toccasion de sortir de la demiobscurité dans laquelle il était maintenu, soit par la mauvaise volonté de Louvois, qui jamais n'estima ses senrices à leur juste valeur, soit par une modestie extrême qui Tempéchait de se mettre en avant. Chargé du command^ ment des ingénieurs à Tarmée de Piémont, qui était som les ordres de Gatinat, il eut une grande part à la prise du château de Nice, qui se rendit le 2 avril, après cinq jours d'attaque. Dans son rapport au roi, Catinat se plut à déclarer «qu'il était très-satisfait de M. Làpara, qu'il lui avait trouvé de l'expérience et un bon discernement, meilleur même qu'il ne l'aurait pensé » .

Lapara fut moins heureux devant Goni. Après onze nuits de tranchée, l'ennemi l'obligea de lever le siège. Mais 00 fâcheux résultat doit être bien plus attribué aux fautes dos commandants militaires qu'à la maladresse des ingénieurs. Ce qui le prouve, c'est qu'immédiatement après cet eoheo le roi le destina à servir en chef au si^e de Montmélian. La ville prise sans grande résistance, on ouvrit la tranohéo devant le château, la nuit du 18 au 19 noveuihit» : le 2! déoombro, la capitulation était signée, ilntinat le combla d'éloges. Il lui reprocha seulement de trt^p s'exposer et de se faire blesser. Comme Vauban, Lapara méprisait le danger, non qu'il fût emporté par

Qe ardeur irrëflëchie, mais parce qu^il estimait qu'un in- ,éiiieur ne peut s'acquitter convenablement de sa tâche |u en voyant tout par lui-même et de près. Il ne prit part 1 aucune action sans être blessé.

En 1693, nous retrouvons Lapara dirigeant, en qualité

de brigadier et sous les ordres du maréchal de Noailles, les

attaques du génie contre la place de Roses. Après neuf

jours de tranchée ouverte, la ville se rendit. M. de Noailles

le félicita publiquement et le chargea de porter au roi la

nouvelle de la victoire. « J'envoie, écrivit-il à Louis XIV,

M. Lapara pour rendre compte à Votre Majesté de tout

le détail du siège et de l'état de la place ; mais je ne puis

m'empécher de lui dire qu'il ne se peut rien ajouter à

tout ce qu'il a fait, et que M. de Vauban ne désavouerait

peut-être pas Tordre et la conduite qu'il a tenus dans ses

ouvrages. Il ne pourra jamais assez vous exagérer com-

l)ien il a été nécessaire pour la prise de cette place. »

An sujet de la reddition de Roses, le duc de Grammont raconte qu'un Espagnol qui faisait partie de la garnison lui dit qu'il y avait deux choses qui les avaient forcés de ^ rendre : la première était d'avoir été attaqués par de fort braves gens et de s'être trouvés tous des coquins fort ignorants; la seconde, de ce que le gouverneur avait retiré d'abord partie des troupes du dehors pour les enfermer dans la place en leur donnant trois fonctions : l'une, de veiller àl'eflktdes bombes, de peur d'en être écrasés; l'autre, de se précautionner contre le canon des batteries du roi, et la troisième, d'essayer de se garantir des mousquetades j €t que comme c'était là l'emploi de la garnison pendant le siège, on s'était mis peu en peine de tirer, moins encore de défendre Roses. L'anecdote est spirituellement con-

tée; elle accuse la mollesse de la défense/mais elle ne diminue pas le mérite de Tattaque.

A la Ijataille de Marsnille, le 4 juin, M. La para prouTa qu'il était aussi brave officier qu'habile ingénieur. Le matin de l'action , la gauche de notre in&nterie étant toute découverte et dans une plaine rase , exposée au feu de Tarmée ennemie, le maréchal de Noailles chargea M. Lapara d'amener la gendarmerie sur ce point dangereux. 11 s'acquitta de cette tâche périlleuse avec le plus grand sang-froid, et, d'après le rapport du maréchal de Noailles, « il s'attira bien des louanges de la gendarmerie qui ne le connaissait point » .

A la prise de Palamos, en 1694, Lapara dirigea les attaques, et, dans son rapport, le maréchal de Noailles s'exprime en ces termes : « Lapara a très-bien conduit toute (îette affaire, et Votre Majesté en doit être très-contente, aussi bien que des ingénieurs qui sont sous lui , lesquels nui tous très-bien fiait leur devoir*. »

Lapara termina la campagne de Catalogne par la prise de Girone.

Attaché à la personne du prince de Vendôme, il dirigea en 1697 les attaques contre la place de Barcelone. La lutte fut longue, et la victoire chèrement disputée ; la ville ne se rendit qu'après cinquante-deux jours de tranchée ouverte. De notre côté, les pertes furent énormes ; elles se montèrent à 5G0 officiers et à 7,1)50 soldats tués ou blessés. La disproportion des pertes avec le résultat obtenu donna lieu de la part des généraux et de Vauban princij)alement à de très-vives critiques. Mais avant d'accepter

* Nualllus au roi. (Dc|i.">t de I.i yiicrrc.)

les critiques de juges plus ou moins impartiaux et placés trop loin du champ des opérations pour porter un avis très-raisonné, il convient de foire remarquer que Lapara agissait avec des moyens restreints et des troupes d'une qualité médiocre. Sans diminuer en rien le génie de Vauban et sans mettre en parallèle ses services avec ceux de Lapara, il ne fout pas perdre de vue que yauban,dans les principaux sièges qu'il dirigea, eut toujours à sa disposition des ressources suffisantes en hommes, en munitions et en matériel. De plus, le roi était là, Tarmée combattait sous ses yeux, et chacun était constamment encouragé à se bien comporter, parce que les récompenses ne se faisaient pas attendre. Tout autre était 4a situation de Lapara. Isolé, sans ressource, sans moyens d'action directe sur les troupes placées sous sa direction, n'ayant qu'une artillerie mal approvisionnée et surtout mal servie, peu aidé par M. de Vendôme, qui prisait ses services, mais le secondait mollement, il se trouvait dans la nécessité d'opérer lentement et par conséquent de perdre beaucoup de monde sans pouvoir tenter avec des forces imposantes de grands mouvements qui déconcertent l'ennemi et l'obligent à capituler alors même qu'il pourrait encore tenir longtemps.

Placé sous les ordres de Vauban au siège de New-13rissach, Lapara seconda avec intelligence et un dévouement qui ne se ralentit jamais l'illustre ingénieur. En 1704, il décida de la prise de Suse.

Cependant, en dépit de ses longs services, de sa bravoure incontestée et de sa science très-réelle, Lapara n'avait guère à se féliciter de la fortune. Une espèce de fatalité semblait s'attacher à toutes ses actions ; tandis que

beaucoup de ses collègues, moins capables que lui, ayan-

çaient rapidement, il avait grande peine à atteindre, à la fin de sa carrière, le grade de lieutenant général. Après la prise de Verrue , en 1705, M. de Vendôme écrivit au roi pour le recommander à ses faveurs. Lapara lui demanda de n'en rien foire : « Car, écrit-il, si Sa Majesté ne faisait pas quelque bien et ne me procurait pas les mêmes distinctions qu'elle a accordées à des ingénieurs qui étaient après moi et qui avaient servi sous moi, ce ne serait pas manque qu'elle ne sait parfaitement mes services, la quantité de sièges auxquels j'ai assisté, le nombre de ceux que j'ai conduits en cbef, et le nombre de cboses périlleuses et difficiles qu^elle m'a confiées. » La recommandation du prince de Vendôme fut de nul effet. Mécontent, M. Lapara s'est ouvert au ministre et lui représenta que depuis douze ans il était réduit à un petit gouvernement de 2,840 livres de revenu, tandis que des ingénieurs auxquels le roi n'avait jamais voulu rif» confier avaient de grands commandements et des oordons rouges.

Que répondit le ministre? une lettre évasive très^robablement, car les faveurs espérées ne vinrent pas, et La- }>ai*a re<^ut Tordre d'assiéger la Mirandole, petite place bastionnée où le prince Eugène avait mis garnison. Lapara accepta cette mission avec la résignation touchante qui faisait le fond de son caractère : « Je m'attends, comme par le passé , écrit-il , d'être condamné aux dépens. Ce n^est pourtant pas comme dupe que je le fius, mais c'est mon tempérament et mou zèle qui m*y convient. * l/évênement encore une fois justifia ses mélancoliques prévisions. Après vingt jours de tranchée, la ville se rendit, et Lapara fit présenter au roi onze drapeaux pris sur les

HISTOIRE DE VAUIIAN. 181

ennemi». M. de Vendôme le comMa d'éloges et leroeomtnanda très-chaleureusement au roi. Louis XIV répondit : • Je vois avec plaisir que tout ce qui vous est revenu de la Mirandole est à l'avantage de Lapara. « Et ce fut tout. Lapara s'opposa avec une courageuse énergie à l'entreprise de la Feuillade, qui, avec l'incapacité présomptueuse dont il avait donné tant de preuves, voulait, dés le •début de la campagne de 1703, assiéger Turin. II écrivit au ministre pour lui dire qu'ù mesure que ce nége marcherait en avant , on verrait que les difficultés se multiplieraient, que les conjonctures n'étaient pas iavorables, et que notre infanterie était si faible qu'on ne pouvait y penser', Chamiilard se garda bien d'écouter ces conseils, et rappela Lapara à Paris. Quelques mois après, il lui donnait l'ordre de rejoindre l'armée d'investissement qui venait mettre le siège devant Barcelone. Le 6 avril 1706, Lapara prit le commandement des ingénieurs et poussa les travaux avec activité. Le 15, en visitant la tranchée, il reçut un coup de feu dans le ventre et expira deux heures après. C'est ainsi que cet homme de Inen, auquel il n'a manqué pour devenir un homme illustre qu'un peu de honbeur, couronua par une mort liéroïque une vie tout entière consaci'ée au service du toi et de la France,

Antoine Le Peslre, chevalier, comte de Vauban, neveu & la mode de Bretagne (c'est-à-dire, issu de germain) du maréchal de Vauban, connu sous le nom de Dupuy-Vauhan, lieutenant général des années du roi, grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, gouverneur de Béthune, ingénieur

I DépOt des rortîHcations. Cormponil an ce générale.

{jënéral, naquit en 1654. D'abord lieutenant de cavalerie en 1672, il fit toute la campagne dans Tarmée du maréchal de Turenne; nommé ingénieur en 1673, il marcha en cette qualité à la conquête de la Franche-Comté, (ut blessé au siège de Besançon de deux coups de feu, senit dans tous les sièges dont Yauban son cousin eut la direction, raccompagna dans la visite des places du royaume, fut blessé au siège de Courtrai en 1683, fut fait brigadier le 3 mars 1693, se trouva à la bataille àe Nerwinde et au siège de Charleroi la même année, fut blessé au siège d'Ath en 1697 ; fiait maréchal de camp en 1702, il servit à la défense de Keiser%vert, eut le gouvernement de Béthune en 1704, fut nommé heutenant général le 26 octobre suivant, entra dans Lille en 1708, et contribua, comme commandant du génie, à la mémorable défense qui immortalisa le maréchal de BoufHers; enfin, en 1710, il soutint dans Béthune, place médiocre, mal munie, avec une faible garnison, quai^nte-deux jours de tranchée ouverte ; ce fut son principal titre de gloire * .

A la suite des Siquet, des Choisy, des Lapara, on comptait plusieurs ingénieurs d'un mérite réel, comme le comte Jacques de Mesgrigny, le gendre de Vauban ; Jean- Louis de Mesgriguv, Thabile défenseur de Tournay ; Louis Filley, qui se distingua à la défense de Kamur; Ferry, qui construisit entre autres places la citadelle de Rayonne et servait conimme aide de camp sous les ordres de Vauban à Atli ; Delacour, le défenseur de Mavence en 1689; Lozière-Dastieu, célèbre par sa belle défense de Toulon.

* Marquis i>k Ciiambii4y, Mélanges. Voir a TAppendice la note relative à la }H>$térité île Vauban.

Page 1