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Séminaire Saini-Suipice.
Il n'est pas de souyenir plus précieux pour Vauglrard que le sujet que nous allons traiter dans cet article : nous raconterons des faits d'autant plus certains, que nous les puiserons dans la f^ie dn^M. Olier, composée par M. Tabbé Fayon, directeur du séminaire Saint-Sulpice, ce savant ecclésiastique ajant daigné, dans le temps, nous communiquer son manuscrit, aujourd'hui liyré à la publicité. Nous y retrouverons M*"* de Villeneuve donnant tous ses soins au succès d'une œuvre dont les résultats devaient être immenses ; car si le séminaire de Saint- Sulpice fut le premier que l'on fonda en France* il fut en même temps et est resté le modèle de tous les autres séminaires qui sont venus plus tard.
Il n'y avait pas eu encore, à proprement parler, d'établissement de ce genre jusqu'à i64o; et les maisons auxquelles on avait donné ce nom n'étaient que des écoles publiques où les jeunes gens destinés aux autels venaient, à jours réglés, suivre des cours scientifiques, vivant
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4 ailleurs libres dans le inonde^ et sans autre discipline que celle que leur sucerait leur sagesse personnelle. Nulle surveillance, nul exercice qui préparât directement aux saintes fonctions ; les prêtres de l'Oratoire avaient bien essaye de fonder des maisons ecclésiastiques « mais ils avaient échoue dans leur entreprise. Elles étaient devenues partout collèges séculiers ; les jeunes clercs y étaient mélangés avec ceux que leur vocation appelait dans le monde ; et lorsqu'arrivait Tâge de prendre les saints ordres, on s'y préparait seulement par une retraite de dix jours passés dans quelque monasnastère ou dans quelque communauté ecclésiastique. Celle de Saint-Lazare, fondée par saint Yincent-de-Paul, était la plus renommée pour ce genre d'exercices* Voilà tout ce qu'on avait pu faire de mieux pour l'éducation cléricale, car nous ne parlons pas de certaines sociétés composées de prêtres qui, n'importe à quel diocèse ils appartinssent, réunis volontairement sous la conduite d'un même supérieur, se soumettaient à une règle commune et se consacraient à l'étude, à la prédication, à l'enseignement des lettres humaines, ou à la vie méditative : tels étaient les Pères de l'Oratoire, et la communauté de Saint-Magloire, à Paris, à Luçon, à Mâcon, au
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Mans, à Juilly, qui, bien que portant le nom de séminaires, n'offraient aux jeunes ëtudians que les moyens d'acquërir les connaissances littéraires* Celle des Vingt-Quatre jeunes Clercs, fondée par le cardinal de Joyeuse, à Paris, degënëra promptement en une école de sciences profanes ; il en fut de même des communautés de Prêtres de la Mission, de celle de la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet , instifbëe par le père Bourdoise. Delà tant de désordres, qui attiraient au clergé tout entier de si justes reproches.
Jean-Jacques Olier était l'instrument que la Providence avait choisi pour renouveler le sacerdoce dans notre patrie, et c'était de Vaugirard que devait sortir cette société célèbre, pépinière de tant d'ecclésiastiques appelés par leurs vertus et leur science aux plus hautes fonctions de l'Eglise. Ce prêtre distingué, la gloire et l'honneur de notre clergé, selon les termes des procès -verbaux rédigés dans les assemblées du clergé de France : Eximius ille christi sacer^ dos, insignis Cleri nostri decus et omamen" tum; cet homme éminenl, et dont la sainteté se répandit dans le monde, ainsi qu'un parfum délicieux, comme s'exprimait le grand Bossuet : Olerius, vir prœstantissimus m sanciiiatis odore
jlorens; M. OKer ëtait second fils de Jacques Olier, maître des requêtes , et de Marie Dolu, dame d'Ivoy, en Berry. Elevë sous les yeux de saint François-de-Sales, bëni par ce saint pontife mourant, il fut pourvu, dès i625, de l'abbaye de Pébrac, au diocèse de Saint-Flour, ëlu, en 1626, cbanoine-comte honoraire de l'illustre chapitre de Saint- Julien^de-Brioude, puis nomme prieur de Clisson et de Bazainviile, au diocèse de Chartres. Ce fut sous la conduite de saint Vincent-de-Paul qu'il prit les ordres ecclésiastiques, après avoir terminé ses études en Sorbonne ; et son intimité avec ce prêtre, apôtre de la charité, lui inspira le projet de faire des missions, en Auvergne d'abord, lieu où était située son abbaye, iiisuite à Clermont, au Puy, à Viviers. Sou zèle produisit beaucoup de bien dans ces pays; il ne se signala pas moins à l'occasion des travaux qu'il entreprit pour la réforme de plusieurs abbayes, à Amiens, à Montdidier et dans plusieurs autres villes. Sur ces entrefaites, le cardinal de Richelieu lui offrit la coadjutorie de Châlons-sur-Mame, à laquelle était attachée la dignité de pair de France : il la refusa. Son unique projet était de fonder un séminaire où se formeraient de dignes ecclésiastiques ; c'était là sa pensée de tous les
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jours, le seul but de sa louable ambition.
Le père de Condren contribua beaucoup par ses exhortations à fortifier le dessein de M. Olier. Lui méine, en fondant l'Oratoire, avait eu en Tue d'ëtablir une sociëtë qui travaillerait exclusivement à l'ëducation du clergë ; mais il n'avait pu y réussir, et les membres qui la composaient aimèrent mieux, par la suite, laisser sortir le P. Eude que de rëaliser le but principal de leur fondateur. M. de Condren engageait donc souvent M. Olier à cesser les missions pour s'appliquer à une œuvre bien plus utile, bien plus nécessaire. L'abbé de Pébrac ne tarda pas à s'adjoindre plusieurs ecclésiastiques recommandables, MM. Picoté, de Foix, Duferrier, Amelotte et autres, et il £tinda à Chartres une maison qui ne répondit pas cependant à son attente, et dont l'insuccès fournit long-temps des préventions contre les projets que l'on tenta à Vaugirard.
En i64i, M, Picoté était venu à Vaugirard pour y aider M"** deVilleneuve dans son institut. Cette dame, animée d'un zèle extraordinaire pour la réforme du clergé, priait depuis longtemps notre Seigneur de donner des séminaires h l'Eglise de France. Entendant M. Picolé, dont elle était la pénitente, raconter ce qui se passait
à Chartres, tout à coup elle lui dit : ce Peut être « la volontë de Dieu est-elle que vous vous ëta» «c blissiez à Yaugirard. » Surpris d'une telle proposition, M. Picote la rejeta d'abord ; mais sur les instances de cette dame, qui lui représentait la facilite, les avantages, les moyens de réussite qu'offrait ce village ; qui lui assurait que le curé, docteur de Navarre, serait ravi d'un tel établissement, et prêterait volontiers son église aux prêtres associés, il sentit diminuer ses répugnances; et plus encore, lorsqu'elle promit de soutenii^ avec sa fortune, de nourrir même la communauté naissante, s'il était nécessaire. M*"* de Villeneuve, revenant souvent dans ses conversations sur ce sujet, ne cessait de vanter Yaiigi'rard comme le lieu le plus propice à ses desseins : là, on conserverait facilement l'esprit de retraite ; là, on pourrait consulter des per-sonnes de sagesse et de piété pour l'avancement de cette œuvre. Elle racontait, d'ailleurs, depuis combien de temps elle priait pour sa réussite, l'attrait qui la portait à en favoriser par tous les moyens possibles l'exécution. Enfin, elle fit tant, que M. Picoté en écrivit à ceux de ses amis qui étaient encore à Chartres, spécialement à M. de Foix et à M. Olier.
A l'ouverture de sa lettre, ils prirent cette
proposition pour une pieuse réyerie, persuadés que de s'établir dans un endroit tel que Yaugirard, afin d'y jeter les fondemens de la réforme du clergé français, était ug dessein contraire à la raison et au bon sens. Ainsi s'en ex* pliquèrent-ils dans leur réponse. Néanmoins, M. de Foix s'étant retiré à Paris , vint visiter M. Picoté , qui , de vire voix , lui expliqua les idées de M°* de Villeneuve , et il le fit d'une manière plus claire, plus étendue, qu'il n'avait pu le faire par lettres ; ces deux messieurs réso-* lurent d'en conférer avec elle. M. de Foix, frappé alors de ses raisonnemens, crut reconnaître dans toute cette affaire des signes manifestes de la volonté de Dieu ; il y donna donc les mains. Sachant que M. Duferrier serait assez porté à suivre son sentiment, il le pria de venir à Paris pour en causer ensemble. M. Amelotte et «quelques autres furent de la réunion, où, sans prendre une résolution définitive, on convint seulement de demeurer quelque temps à Vaugirard pour s'y reposer, car les santés de ces messieurs étaient épuisées par les travaux des missions qu'ils venaient de terminer.
On faisait à cette époque les exercices du jubilé dans le village, et l'on y manquait de confesseurs : ce fut pour la petite société une occa-
sion heureuse d'exercer son zèle et de frëquenter davantage M"*' de Villeneuve, qui ne laissait pas échapper une seule circonstance sans leur recommander son projet favori. Comme M. Picote lui objectait que M. Olier ne goûterait jamais ses idées, elle le conjurait de loi en écrire de nouveau, et de lui représenter que c'était le seul moyen de réunir ensemble des ecclésiastiques, tandis que dans Paris il y aurait des obstacles sans nombre. Enfin, pour donner plus d'efficacité à sts sollicitations auprès de M. Picoté, elle employa l'influence qu'avait sur lui M. de Pormorant, digne prêtre dévoué comme elle à l'instruction de la jeunesse, et qui s'efforçait de former des maîtres d'école pour le diocèse de Paris. MM. Picoté, de Foix et Duferrier se rendirent , et résolurent d'écrire avec instance à M. Olier ; ce fut le premier qui se chargea de la commission.
Il serait inutile de raconter les nouvelles difficultés que M. Olier trouva à cette entreprise ; les exercices de piété auxquels il se livra, afin de bien s'assurer de la volonté divine à cet égard; le changement qui s'opéra dans son esprit pendant une retraite qu'il fit à Notre- Dame-des-Yertus ; les soins auxquels il fut à son tour obligé de se vouer, afin de convaincre
ses confrères, qui tous s'étaient retirés pour prêcher une mission à Gaen, exceptés ses trois amis, que nous avons d^à plusieurs fois nommés ; enfin , la ferveur de cet homme respectable, pendant une retraite nouvelle qu'il consacra toute entière à demander les grâces célestes sur son établissement. Pour abréger, disons que tout se trouva disposé à Yaugirard pour recevoir ces messieurs dans les premiers jours de janvier 1642. Ils résolurent tout d'abord de vivre comme en famille, reconnaissant, cependant, dans les commencemens , • M. de Foix comme leur supérieur.
La maison qu'ils occupaient avait été louée de préférence à toute autre, parce qu'elle était près de l'église et de l'ancien cimetière, la plus pauvre peut-être et la plus incommode du village ; il y a lieu de croire que c'est celle qui porte actuellement le n° 2o5. Pour y pouvoir loger tous les ecclésiastiques qu'on espérait recevoir, il fallut pratiquer de petites cellules, et celui de tous qui était le mieux partagé, possédait une chambre qui en méritait à peine le nom. Un puissant motif de confiance pour ces ecclésiastiques, au milieu de leur pauvreté, était d'avoir été réunis par la Providence dans un lieu spécialement consacré à la sainte Vierge.
C'est pour cette raison que dans le catalogue des membres du séminaire Saint-Sulpice, conserve aux archives de la communauté, Vaugirard est toujours qualifié du nom de village de la bienheureuse Marie : Oppidum beatœ Mariœ f^allisgirardi. Cette circonstance était un grand sujet de joie pour M. Olier, qui venait chaque jour dans l'église se prosterner devant une image miraculeuse de cette patronne de la paroisse , et rinvoquer en faveur de la société naissante, en qualité d'épouse du Père étemel, et conséquemment de dispensatrice de toutes grâces.
La communauté, cependant, n'était dans le principe réellement composée que de trois membres, car M. Picoté, occupé de l'établissement de M*** de Villeneuve, ne pouvait leur prêter grand secours. Quoi qu'en si petit nombre, épuisés qu'ils étaient par les sommes employées aux missions et dépensées en vain pour le séminaire de Chartres, ils ne vivaient que d'aumônes* La pieuse veuve qui les avait attirés près d'elle pourvoyait à leurs besoins. « Elle « nous envoyait, dit M. Olier lui-même, chaque « jour du potage et du bouilli dans un petit « chaudron, et le soir un peu de mouton rôti ; tt ainsi, nous passâmes les premiers mois ali-
ce mentes par la charitë. » La compagnie, néanmoins, augmenta bientôt ; il fallut songer à chercher un emplacement plus convenable. Il y avait près de l'église une grande maison où per^ sonne ne logeait ; un grand jardin entouré de murailles y était joint, et se prolongeait jus* qu'au cimetière, actuellement converti en place publique. M. Olier sut que celui qui l'avait à loyer n'y venait jamais ; et comme cet homme était de la connaissance de M. de Foix, ce dernier alla lui proposer de substituer à sa place, comme locataire, la société. Loin de se refuser à une telle demande, il les conjura de l'accepter toute meublée , sous la seule réserve qu'on lui permettrait de venir de temps en temps dire son chapelet dans les allées du jardin : de cette sorte l'on put recevoir tous les ecclésiastiques qui se présentaient.
Le propriétaire de cette maison était M. Godefroy de Rochefort, sieur de Souplainville, homme de grande piété, demeurant à Auch.
On lui fit la proposition de lui acheter sa propriété ; mais il fit réponse à ces messieurs qu'il n'entrerait jamais dans sa pensée de la leur vendre, qu'il s'estimerait heureux qu'ils voulussent bien l'accepter comme un présent; qu'il se croirait assez payé si l'on daignait le regarder
comme bienfaiteur de leur institut. M. Olier et ses compagnons refusèrent de souscrire à une telle gënërositë. Après bien des pourparlers, on convint de deux mille ëcus pour la maison ; mais le propriétaire , en envoyant son consentement, y joignit une métairie, dont les seules dépendances, consistant en terres, prés et vi* gnes, valaient presque cette somme ; car, lors de la construction du séminaire Saint-Sulpice, à Paris, M. Olier les vendit 5ooo liv. Lors* qu'ensuite il s'agit de lui compter l'argent, il refusa de le prendre ; et comme son intention était de leur donner en mourant cette valeur, il les pria de le garder sans rente ni intérêt.
M. Olier et M. de Foix louèrent, en i643, une autre maison contiguè' à celle de M. de Rochefort , qu'ils réunirent à celle - ci pour n'en former qu'une seule. Ces propriétés, où la compagnie de Saint-Sulpice prit naissance, existent encore : les jardins aboutissent à la place de l'Eglise ; et de l'autre extrémité , les bâtimens vont jusqu'à la rue du Collège. Ija partie qui a pour limites cette rue, presque entièrement occupée par l'entreprise des Parisiennes, vient d'être achetée par M. Poiloup ; celle qui se rapproche plus de l'église était la première maison donnée par M. de Kochefort. On y conserve
avec le plus grand respect la chambre de M. Olier, transformée en une petite chapelle domestique* Lorsqu'une fois ce pieux ecclésiastique se fut fixe à Paris , la maison de Vaugirard fut occupée par le petit séminaire Saint- Sulpice; ensuite, depuis lySg, parla communauté des Pauvres - Ecoliers : enfin , elle fut vendue comme bien national à l'époque de la révolution, et démolie en partie par les acquéreurs. Après la révolution, M. Emery, supérieurgénéral de MM. les Sulpiciens, la racheta ; c'était vers 1808, à l'époque où il devint conseiller de l'Université, son traitement lui étant utile pour faire cette acquisition. Sans cesse il disait qu'il fallait économiser pour recouvrer la demeure du saint fondateur; et l'on voyait ce vieillard, courbé sous le poids des études et des années , ce savant que Napoléon admettait dans ses conseils , marcher à pied , le bâton à la main , afin de consacrer à ce dessein la dépense qu'auraient nécessitée un cheval et une cariole. Plus tar.d, cette maison fut louée au vé-nérable abbé Jalabert, mort grand -vicaire de Paris; aujourd'hui elle sert de troisième division au collège de M. Poiloup.
Environ six jours après leur arrivée h Vaugirard , nos messieurs reçurent une proposition
de la part de M. Copin, curé de la paroisse, qui les flatta beaucoup. Ayant besoin de s'absenter pour affaires, il les pria de le remplacer jusqu'à son retour de Paris , oh il croyait n'avoir besoin qu'une quinzaine de jours. Us acceptèrent» et demeurèrent neuf mois charges du ministère pastoral. Us en rendaient grâces à la Providence , qui voulait les faire passer par cet emploi pour les former aux devoirs de cure et de vicaire , et leur donnait le moyen d'exercer les ecclésiastiques qu ils recev^ent journellement. Nou^ citerons les plus remarquables : c'ëtaieni L. de Pardaillan ; de Condren , qui fut ensuite coadjuleur de Sens ; Gabriel de Quélus ; de Fubières, abbë de Loc-Dieu ; Antoine Raguyer de Pousse ; d'Hurtevent , mort supérieur du séminaire Saint-Irënée, à Lyon ; de Cambiac deBas^ sancourt) ecclésiastique très-versé dans la connaissance de la sainte Ecriture, des rits , des cérémonies et de tous les détails du saint ministère, qu'il avait étudiés surtout en faisant les missions ; M. Roumain , fils du lieutenant-criminel d'Orléans, et appelé M. de Sainte-Marie, à cause d'un prieuré de ce nom qu'il possédait; M. Amelotte lui-même, autrefois supérieur, supplia la compagnie de le recevoir comme simple confrère; mais il fut refusé, parce qu'on le re-
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gardait comme destine à d'autres bonnes œuvres. En efifet , huit ans après , il entra dans la congrégation de l'Oratoire, où il s'efforça de maintenir la foi orthodoxe contre l'iiiyasion des doctrines de Jansénius. S'il n'eut pas le bonheur d'empêcher le mal, il en ralentit du moins les progrès par ses vertus, sa vigilance, sa sévéritë tempérée de douceur, et par ses savans écrits. En peu de mois, Ja communauté compta plus de vingt membres : quelques-uns demeuraient au presbytère pour le service de la pa-^ roisse , dont le curé était toujours abseitf ; les autres restaient dans l'ancienne maison de M. de Rochefort, où ils pratiquaient en commun et au son de la cloche , les divers exercices d'une vie régulière. Assurés dès lors de la bénédiction divine sur leur institut, ils songèrent à se donner un supérieur ; M. de Foix se reconnaissant indigne d'en exercer les fonctions, M. Olier fut nommé d'une voix unanime.
Nul doute que Vaugirard n'ait été fréquenté en ce temps par beaucoup de personnages illustres, avec lesquels M. Olier s'était lié d'une manière intime. Saint Vincent-de-Paul ne cessait d'encourager son élève dansle projet si utile qu'il avait conçu ; Dom Grégoire Tarrîsse, supérieurgénéral des bénédictins de Sainl^Maur, vénéré
de la cour et de la ville, ami de saint Vincentde-Faul, sous la conduite duquel tant de savans appartenant à l'abbaye Saint-Germain^des-Prés se distinguèrent, dirigeait les consciences des membres de la compagnie ; M. Bourdoise vint souvent aussi les visiter, et ce fut lui qui leur inspira un règlement de vie simple, mais exactement conforme aux canons ecclésiastiques : il les ëchauffa d'un zèle vraiment apostolique ; il conserva toujours avec eux une sainte amitië. M. Olier trouva , pour son œuvre principale et pour toutes celles qu'il entreprit par la suite , de solides appuis dans un grand nombre de personnes charitables qui habitaient Paris : la duchesse d'Orlëans, la marëchale de la Châtre, la princesse de Condë, la duchesse d'Aiguillon, la duchesse d'Elbeuf, le baron de Renty, et pardessus tout une femme d'une extraction moins noble, mais douëe d'une vertu distinguée : elle s'appelait Marie de Goumoy, plus connue sous le nom de Marie Rousseau.
Cette dame, fille de parens obscurs, fut mariëe à l'un desvingt-et-un marchands de vins de Paris. Son ëpoux ëtant mort, elle résolut de se consacrer uniquement au service de Dieu et des pauvres. Quoique jouissant d'une honnête aisance , elle se retira dans une espèce de re*
traite qu'elle s'ëtait choisie rue du Gindre. elle vivait pauvrement , ne portant que des habits vieux et communs, ne mangeant que des restes dont on n'aurait pu retirer aucun profit; et cependant elle devint le conseil et la lumière des personnes les plus illustres de Paris par leur naissance, et des âmes les plus ëlevëes par leurs vertus : les princesses elles-mêmes eurent recours à ses avis, recommandèrent à ses prières leurs affaires les plus importantes. M. du Coudray, qu'une noble vocation avait appelé aux œuvres qui avaient pour but les missions du Le* vant et la défense de l'Eglise contre les Turcs » regardait comme une grâce signalée de converser avec elle et de lui confier ses projets. Son zèle embrassait tout : conversion des infidèles » prédication des villes et des campagnes, fondations d'ëglises et d'hôpitaux; aussi mit-elle tous ses soiqjs à attirer à Vaugirard des ecclésiastiques , ceux surtout qui s'étaient livrés autrefois aux fatigues des missions , leur faisant envisager l'institution de M. Olier comme la plus précieuse à la religion qui eut depuis longtemps été entreprise , lui-même comme un homme providentiel et un véritable apdtre. En e{fet,après l'avoir entendu, tous s'écriaient, pleins d'admiration, que c'était un second M. de Con-
dren, un héritier de ses pensées, surtout de ses hautes perfections.
Ces messieurs ërangélisèrent donc le village, qui ne tarda pas h changer de face , cëdant à leur zèle et au spectacle qu'offrait leur piétë. c( Aujourd'hui, troisième dimanche d'août, dit « M. Olier, on célébrait l'anniversaire de la dérr dicace de Tëglise dcVaugîrard; je faisais diacre tt à la messe solennelle. Combien je fus édifié « de la modestie, de la foi de tous les habitans « qui remplissaient le temple de Dieu ! Toutes « les femmes du village portaient à l'offrande a des ciergei allumés : ils me représenfaiejit la « charité dont le Seigneur animait ces âmes.
« Beaucoup de personnes se sont ensuite préce sentées pour se confesser ; nous n'avons été « libres que vers une heure de l'après - midi. » Dans une autre circonstance , il raconte que , lorsqu'il prêchait , le peuple accourait en foule à l'église. Une veille de l'Incarnation, en 1642, il le fit avec tant d'onction et de succès , que tout le peuple, ému et touché, vint le lendemain pour se confesser et communier. Ses confrères et lui se réunirent, et ne purent achever d'entendre ces bons fidèles que vers deux heures, et l'église ne désemplit pas depuis cinq heures du matin.
Les petits enfans surtout lui étaient chers : ils l'écoutaient avec une aviditë toujours plus empressée y attirés par le charme de ses conversations et la bonté qui ressortait de tout son extérieur. De temps en temps il dirigeait ses promenades du côté des écoles , puis il faisait assembler les élèves et les maîtresses , qui les unes et les autres, dit l'historien de sa vie, étaient comme embaumées par la suavité de ses paroles et l'attrait communicatif de ses exhortations. C'était surtout chez M°* de Villeneuve que M. Olier aimait à se livrer à ces douces occupations : il trouvait là des enfans plus attentifs et plus fervensy des filles plus capables de comprendre les consolations que procure la religion.
A l'occasion des prédications de M. Olier, nous rapporterons un trait assez plaisant qui eut lieu, non pas à Issy, comme le suppose Filassiez dans son Dictionnaire historique d'éducation, art. Plaisai^terie , mais bien à la maison de Vaugirard, ainsi que le souvenir s'en est consente par tradition au séminaire Saint- Sulpice. M. Olier adressait à ses prêtres et à ses élèves une exhortation sur le sujet qu'il estimait être la base de toutes les vertus cléricales : c'était sur la mortification de l'esprit et du cœur. Il empruntait le langage mystique de saint Paul
(Colosse, 3, 9), qui distingue dans le chrétien deux hommes : Tancien et le nouveau , le premier livre à toutes les erreurs des passions, parce qu'il n'a pas eu recours encore à l'assistance divine ; le second , secouru par la grâce, . identifie avec Jësus-Ghrist, nouvel Adam, conçu sans pëchë, et qui nous communique la sainteté de sa nature : « Faites donc mourir, s'écriait-il, €< le vieil homme!... Oui! il faut tuer le vieil « homme ! » Mais voici que la jardinière de la maison, curieuse d'entendre prêcher son maître, écoutait à la porte. Hélas! pensa-t*elle lorsque cette phrase vint retentir plusieurs fois à ses oreilles, serait-il donc question de mon pauvre vieux mari? Elle court le chercher; il écoute avec elle, et le hasard veut que le prédicateur répète tout de nouveau le terrible anathème. Le voilà convaincu, non moins que sa femme, que Ton en veut à sa vie. Le sermon terminé, il ne tarde pas à venir trouver le supérieur. « Je « sais, mon père, votre dessein, lui dit-il.Yeuillez « seulement me permettre de sortir de la mai- « son, c'est la seule grâce que je vous demande. « — Et quel dessein? reprend M. Olier. — ^ Vous le savez avant moi , continue le bon « homme ; est-il donc nécessaire de vous Tap- « prendre ? Lorsque vous engagez à me tuer.
« TOUS voulez peut-être mon bonheur, c*est « possible ; mais vous devriez me consulter au- <c paravant. Après tout, ma vieillesse n'est pas c< un crime, et, puisque mon travail peut encore « me nourrir, laissez*moi, je vous en prie, pro- « longer ma vie, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu (( de me la retirer ; lui seul est le maître dans (( cette affaire-là. » M* Olier eut beaucoup de peine à dissuader ce pauvre vieillard , et à lui faire comprendre qu'il ne s'agissait pas de lui dans le sermon ^ mais bien d'une mort figurée et d'un homme spirituel.
M. Olier, docte, véhément, élevé avec les esprits supérieurs, savait se faire petit avec les ignorans, simple avec les habitans des campagnes , naïf avec les jeunes enfans , et ces qualités réunies lui attirèrent l'estime particulière du cardinal de Richelieu, qui lui offrit sa maison de Rueil, pour y établir son séminaire. Le bon prêtre lui en témoigna sa reconnaissance avec le respect le plus profond ; mais il refusa, par la raison, disait-il, que sa communauté ne pourrait pas conserver l'esprit de solitude et de détachement du monde dans la compagnie d'un premier ministre, comme elle le faisait à Yaugirard. Cependant, M. Olier était sur le point de remplir ses fonctions sur un théâtre
plus vaste et plus ëminent ; Vaugirard ne de* vait être que le berceau d'uu institut destiné à devenir dans Paris de la plus haute utilité. Avant de quitter cette campagne, M. Olier, cependant, mit fin à une autre œuvre qui faisait présager d'immenses résultats.
Cest en effet de Vaugirard que sortit le pro* jet de la conversion des sauvages du Canada, projet dont le fondateur de SaintrSulpice fut Tâme et le plus actif protecteur. On convint d'abord d'acquérir en propriété l'île de Montréal, et d'y envoyer ensuite ime colonie qui commencerait à défricher le pays jusqu'alors inculte ; on y bâtirait une église et quelques habitations. Attirés par la curiosité , les sauvages ne manqueraient pas d'y venir : on les recevrait, au risque d'être massacré par leurs hordes cruelles ; on s'efforcerait d'en retenir un certain nombre que l'on civiliserait , soit en leur apprenant à cultiver la terre et a bâtir, soit en leur enseignant le vrai Dieu et sa religion. Puis des prêtres viendraient fonder des séminaires au milieu de ce peuple nouveau , y élèveraient des hôpitaux , où de pieuses filles soigneraient les malades : tel fut le dessein qui eut un succès admirable. Trente familles se mirent en route en 1642, ayant avec elles M. Patil de Chau-
medy, sieur de Mai&anneuve, pour les diriger, et M"^ Mance de Langres, pour donner des soins aux malades. Arrives à Québec, ils attendaient le printemps pour passer à Montréal; tandis que M. Olier, de son côte, animait le zèle de l'association qu'il avait fondée parmi des personnes de condition pour faire marcher cette bonne œuvre. Il consacra Montréal à la Sainte- Vierge, d'abord dans Téglise de Vaugirard, puis dans celle de Notre-Dame-de-Paris, par une cérémonie vraiment touchante. La compagnie de Montréal, au nombre de trente-cinq prêtres environ, brûlant tous du désir du martyre, avec un nombre égal de seigneurs et de dames, se rendirent dans la métropole du diocèse ; chaque prêtre célébra la messe à l'un des autels de la basilique, et tous résolurent de contribuer, chacun selon ses moyens , à la propagation de la foi^parmi les idolâtres. Comme on le sait , leurâ promesses ne furent pas ^'aines, et la bénédiction de Dieu se répandit sur ces contrées, qui doivent à M. Olier la connaissance de la vraie religion], le bien être et la prospérité dont elles furent plus tard favorisées.
Nous ne terminerons pas cet article sans raconter comment le séminaire quitta Vaugirard pour aller s'établir à Paris. M. de Fiesque, curé
de Saint-Sulpîce , pensait depuis long^temps à quitter sa charge , et souhaitait vivement avoir M. Olier pour successeur. Un jour de procession dé saint Marc, où Saint- Sulpice venait en pèlerinage à Yaugirard , fut une occasion dont il profita pour faire des propositions au vénérable supérieur. Après la cérémonie, il Tentretint sur ce sujet, mais n'éprouva que des refus de sa part et de la part de ses confrères. Il résolut d'attendre une autre occasion qui se présenta bientôt : beaucoup de paroissiens de Saint-Sulpice venaient àVaugirard habituellement se confesser ; ces messieurs craignant de déplaire au pasteur légitime de ces fidèles, pensèrent à demander à M. deFiesque une approbation. « Que (c dites^vous là ! répondit le curé de Saint-Sulpice, «( ne savez-vous pas combien j'estime votre saa gesse et vos talens ? Faites mieux encore, je « vous en prie. Prenez ma cure, et ces personnes <c n'auront pas à vous aller chercher si loin. Je (c désire avoir mille écus de revenu; eh bien! <c M. Olier possède le prieuré de Qisson , en «c Bretagne, où je suis né : il vaut 1600 liv. ; <c donnez-le moi, joignez- j une pension de H i4oo liv.; alors vous prendrez mon poste, et « moi j'irai passer mes vieux jours dans la re- M traite : nous serons ainsi d'accord. » Ces pro-
positions furent enfin acceptées; le gênerai des bënëdictins de Saint-Germain-des-Prës donna son approbation, et l'affaire fut terminée le 25 juin 1642.
Etahlissemens issus du séminaire Saint-Sulpice.
U n'entre pas dans notre sujet de suivre l'histoire de cet institut, nous n'en rapporterons que ce qui offre quelque intérêt relativement à Vaugirard. M. Olier commença par vivre en communauté avec ses prêtres, et le nombre s'en étant multiplié, il en destina une partie à la direction du séminaire,[qui fut d'abord établi rue Guisarde, ensuite rue du Vieux-Colombier, et approuvé par lettres-patentes en i645 ; l'autre partie continua à l'aider dans les fonctions du ministère. Quoique partagés pour un office différent, ces ecclésiastiques n'ont jamais formé qu'un seul corps.
En 1677, M. Boucher, docteur de sorbonne, avait fondé dans l'impasse Férou, une maison d'instruction pour de pauvres écoliers appliqués à l'étude de la philosophie et de la théologie ; • il engagea , par un vœu consigné dans son testament, messieurs de Saint-Sulpice à se
charger de la direction de sa maison, ce qu'ils acceptèrent. Les libcralitifs dont M. Robert, le nouveau supérieur envoyé de Saint-Sulpicc, les combla, leur fit donner le nom de Robertins.
La maison de M. Olier, sise à Vaugirard, servit de campagne aux élèves de cette communauté pendant très-long-temps.
La réputation du séminaire de Paris s'étendait de jour en jour ; aussi les étudians arrivaient en telle abondance, que les bâtimens devenaient trop étroits. On remédia à cet inconvénient, en fondant, autour de la maison primitive, des succursales qui devaient en recevoir le surplus. La première fut celle dite le Petit séminaire, qui date de 1686, et fut mise sous l'invocation de saint Joseph. M. Tabbé Brenier en fut le supérieur ; elle était établie rue Férou, et réunissait des écoliers de philosophie et de théologie, n'ayant la dénomination de petit séminaire qu'à cause du taux de la pension moins élevé, accessible conséquemment à de plus petites fortunes. Une maison de campagne fut achetée pour lui serrir plus spécialement de promenade ; elle appartient maintenant, aussi bien. que les vastes jardins qui l'environnaient, à M. l'abbé Groult d'Arcy. La seconde succursale fut la maison dite des Phi--
losof)hes, fondée en 1687, pour suppléer à l'insuffisance des bâtimens du petit séminaire, avec lequel elle eut les exercices communs, jusqu'en lyiS ; elle était rue Férou. M. de Cussac, massacré plus tard aux Carmes , fut un de ses supérieurs les plus estimables, et les jeunes gens qui l'habitaient venaient souvent dans la propriété dont M. Groult fut Tacquéreur, y passer les jours de promenade avec les élèves du petit séminaire. On cite à leur occasion un trait digne de faire le pendant de l'histoire du vieux jardinier que nous avons racontée.
Un jour de fête de Saint-Lambert, un prédicateur de Paris fut invité à venir faire le panégyrique du patron de la paroisse. C'était un orateur distingué, avait-on répandu d'avance, aussi y eut-il foule aux pieds de la chaire. Pas un paysan qui n'eût endossé son habit de fête et ne se fût rendu au discours. Selon l'usage du temps, le prédicateur annonce qu'il va parler sur les philosophes, qui avaient alors le triste honneur d'être le point de mire de tous les défenseurs de la religion ; nul sermon où l'on ne s'étudiât à les foudroyer. Le jardinier du séminaire était là. Oh! se dit-il, les philosophes, je les connais ; voici un sermon qui va m'intéresser. On se retourne à cette exclamation, mais le
brave homme reprend sa gravite. Cependant en Yoici bien d'une autre : les philosophes, dit le prëdicateur, sapent la religion toute entière dans ses premières bases, détruisent toute vertu» toute morale ; ils ne révent rien moins que la ruine de l'autel, du trône et de la sociëtë. Le jardinier, attentif à ces chaleureuses sorties contre la philosophie du dix - huitième siècle, ne revenait pas de son ëtonnement : Oh! mon Dieu! s'exclamait-il à chaque période ; ô bon Jésus! A la 6n, perdant toute patience, il se lève, et fendant la presse des assistans, il se retire en s' écriant qu'il ne peut entendre ainsi calomnier les jeunes gens de M. de Cussac; que personne au monde ne pourra lui faire ac-* croire qu'ils sont aussi méchans que cela. Il avait confondu les philosophes de Saint-Sulpice avec les écrivains impies, qu'il était fort heureux du reste de ne pas connaître ; et le prédicateur, fort éloquent, peut-être, avait fait assurément un mauvais discours, puisqu'il était inintelligible à la majorité de ses auditeurs.
En 1694* on avait encore réuni au petit séminaire une communauté établie sous le patro^ nage de Sainte-Ânne, vers 1684, rue Princesse. Ces quatre fondations, y compris celle des Robertins, avaient des portes sur le grand sémi-
naire» et, quoique distinctes pour les revenus et le réfectoire, elles n'en faisaient qu'une pour les classes et les exercices spirituels. Vàugirard leur offrait aussi un centre commun pour les promenades ; ce qui justifie de plus en plus ce que nous avons avance, que des personnages il* lustres ont souvent fréquenté le village. A ceux que nous avons déjà nommés, il convient d^ajouter le grand Bossuet, qui n'y fut pas moins attiré par la maison de Saint- Sulpice, que par Famitié dont il honorait M. Lefebure, curé de la paroisse, docteur de Navarre comme lui, et professeur distingué.
En terminant ce qui regarde Saint-Sulpice^ nous dirons que cette communauté possédait encore un bien près du Parc de TEcoIe, con* sistant en maison, verger et jardin d'une graûde étendue. Elle l'avait acquis de M. de Monty, vers lySy, mais elle ne s'en servait pas, et elle le louait à la communauté de Lisieux, qui habitait la maison et cultivait une partie des jardins. Ce collège, situé à Paris, à la montagne Sainte- Geneviève, remontait à i336, et avait pour fondateur Gui de Harcourt et le sieur d'Estouville. La propriété^u'il occupait à Vàugirard est probablement^elle même qui est devenue la place de la Mairie.