‹ Histoire de Vaugirard ancien et moderneChapitre 14 sur 24 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Communauté des Prêtres de la paroisse

Saint - Sulpice.

M. Léchassier, troisième supérieur de Saint- Sulpice, était devenu propriétaire de la maison attenante à celle de M. Olier ; il la vendit en 1696 au séminaire, qui bientôt la céda de nouveau à M. de Tersac, un des successeurs de M. Olier dans la cure de Saint-Sulpice. Ce fut lui qui la destina au clergé de sa paroisse ; et ses prêtres y venaient alternativement se reposer des fatigues du saint ministère. Ne trouvant pas le jardin suffisant, il acheta de l'autre côté de la route un enclos de dix arpens, situé à micôte, et qui offrait d'admirables points de vue.

i47 Il fit pratiquer ea travers de la rue une galerie souterraine qui unit, par une communication facile, les deux propriétés. Il fit creuser un puits, vrai chef*d'œuvre en ce genre , à l'instar de celui de Bicétre : il a quinze pieds de diamètre , et conserve cette belle largeur jusqu'à la pro« fondeur de quarante pieds environ ; à cette distance on en trouve un autre, moins vaste, dont le fond n'a pu être mesuré. On descend à ce dernier par un. escalier en fer, scellé le long des parois du premier; les degrés, qui décrivent une spirale, conduisent jusqu'à l'ouverture du petit puits, dont la nappe d'eau est si considé-* rable que, dans des années de sécheresse, il a suffi à tout Yaugirard, lorsque les autres puits étaient devenus arides. Cette eau, légère, douce et très-salubre , a toutes les propriétés de l'eau de la Seine, dont elle provient peut-être par infiltration. Déjà une superbe plantation d'arbres était terminée; des caves immenses, qui devaient servir de fondations à Une maison nouvelle , étaient voûtées ; un mur de clôture en pierre ceignait la propriété, lorsqu'arriva la révolution. Les deux biens furent vendus séparément, après avoir été confisqués au profit de la nation. Dans les premières années de la restauration , M. Dupré, chevalier de Saint • Louis ,

acheta Tenclos et y construisit, sur une partie des anciennes fondations, une fabrique de blanc de ceruse. Tel était Fëtat de cette propriëtë, lorsque M. Poiloup Tacheta de M. Dupré, en 1829, pour y placer son collège, comme nous le dirons plus au long.

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