CHAPITRE SEIZIÈME
LE P. DE LA COLOMBIERE A SAINT - SYMPHORIEN D OZON. SES RAPPORTS AVEC SA SŒUR RELIGIEUSE DE LA VISITATION A CONDRIEU
Non mea voluntas, sed tua fiât,
(Luc, xxu.) Que votre volonté se fasse , ô mon Dieu, et non la mienne.
Saint-Symphorien, considéré comme le berceau de la famille des de la Colombière , restait cher à tous ses membres. Aussi, quoique M. Humbert de la Colombière fût alors conseiller du roi en l'élection de Vienne, et marié en cette ville, il venait souvent visiter la maison paternelle, et il y passait une partie de l'automne.
On était alors dans les premiers jours de cette saison ; à cette époque de l'année , où la campagne n'est pas dépouillée de sa verte parure, où les jar-
dins ont encore quelques fleurs, où l'air, plus frais et plus pur, fait un heureux contraste avec les brûlantes ardeurs de l'été. Il pouvait y avoir du plaisir à revoir le pays natal, avec les souvenirs qui s'y rattachent, la vieille église du bourg, la tombe d'un père et d'une mère, les honorables familles alliées ou unies par les liens d'une ancienne amitié. D'un autre côté, l'affection d'un frère et d'une sœur n'épargnait rien pour rendre agréable, autant que possible , le séjour de la campagne à un hôte si cher et si vénéré... ; et pourtant c'était un sacrifice pour le religieux, qui préférait une humble cellule, la vie en commun avec des frères en religion , à une belle habitation et aux soins affectueux de la famille.
Toutefois il se résignait à ce genre de vie, puisqu'il faisait la volonté de Dieu. Il la connaissait de deux manières, par l'ordre de son supérieur qui l'avait envoyé chez son frère , et par la parole de celle qui était pour lui l'interprète des pensées de Dieu à son égard. La bienheureuse Marguerite- Marie lui avait écrit au mois de juillet une lettre dans laquelle elle lui ordonnait, de la part du divin Maître , de ne plus songer au passé , de ne faire nul projet pour l'avenir, et pour le présent de prendre soin d'un mcdade que Notre- Seigneur avait confié à ses soins, pour lui donner lieu d'exercer la charité et la patience, ajoutant que le malade, c'était lui-même, et qu'il devait sans scrupule faire ce qu'il pourrait pour se rétablir, et le faire aveuglément.
Le Père faisait donc bien la volonté de Dieu en
venant à Saint-Symphorien. Il habitait, dans l'hôtel des seigneurs de la Colombière , une chambre contiguë à la bibliothèque qui servait aussi de dépôt pour les archives. Elle était située à l'une des extrémités de cette vaste demeure, qui possédait tout le luxe des habitations seigneuriales : vastes appartements, meubles sculptés , tentures couvrant les murs , portraits de famille ' , et toutes les dépendances ordinaires que réclame une noble et grande existence.
Le Père, guidé par l'esprit religieux, avait choisi une chambre un peu séparée, la plus solitaire qu'il avait pu rencontrer, afin de rester fidèle, autant que possible, à l'observance régulière. Voici comment il parle de son séjour à Saint-Symphorien d'Ozon :
« C'est de la campagne que je vous écris et où j'achève de faire quelques remèdes qu'on m'a prescrits. Vous voyez que je suis chez mes parents, ce qui est pour moi un grand sujet d'affliction, et, au lieu de les édifier par mes discours et par ma manière de vivre, les médecins m'ordonnent de me taire ou de ne parler que pour me divertir. N'est-il pas vrai que voilà une vie bien humiliante? Je com-
1 L'hôtel des seigneurs de la Colombière, propriété actuelle delà famille Lombard de Buffières, a été reconstruit en partie, au moins pour la façade qui donne sur la rue. La chambre du Père a disparu dans les travaux de reconstruction. On voit seulement la porte par laquelle il pénétrait dans la bibliothèque. Cette dernière chambre a été transformée en chapelle et renferme de précieux souvenirs, sans parler de tableaux d'un grand mérite. Elle possède une chasuble dont saint François de Sales s'est servi et le portrait du P. de la Colombière. Le mobilier ancien a été conservé en grande partie.
prends qu'une âme bien spirituelle pourrait se faire, de cette vie , une espèce de purgatoire très propre à la purifier. »
C'était là, sans doute, ce qu'il faisait, quoique son humilité l'empêche d'en convenir. On sait qu'il faut se défier des pieuses exagérations des saints quand ils parlent d'eux-mêmes. Il ajoutait : « Mais Dieu soit éternellement béni de sa patience infinie , avec laquelle il me supporte, nonobstant mon inutilité et les imperfections que je découvre en moi tous les jours 1. »
Gomment employait -il les heures de ces quelques semaines de vacance? Nous l'avons dit: il vivait, autant que possible, selon sa règle, c'est-à-dire dans la prière, le silence et l'étude. « Il avait l'esprit d'oraison à un degré remarquable; il était tellement habitué à rapporter toutes ses réflexions à Dieu, que nul motif ou intérêt humain n'était capable de faire impression sur lui. » Aussi l'on peut juger que , profitant de ce qu'il était condamné au silence, il parlait longtemps à Dieu dans l'oraison , et quand il pouvait étudier ou lire, il passait dans la bibliothèque.
Saint-Symphorien avait alors pour curé M. de Romanet, prêtre zélé pour l'honneur de son église et pour le bien de la paroisse. C'est lui qui fit faire le tableau qui orne le fond du chœur, et placer l'autel principal, en beau marbre, que l'on voit encore aujourd'hui. Le P. de la Colombière a dû y offrir
1 Lettre lxxvi;
souvent le saint sacrifice, et l'on aime à s'en souvenir.
Le curé primitif, en ce même temps, était messire Vaury, prêtre de l'Oratoire, homme d'une piété remarquable, et qui a laissé dans le pays une mémoire bénie, « à cause des grandes charités qu'il avait faites aux pauvres , et des bonnes réparations exécutées dans l'église1. » Un si bon prêtre ne pouvait manquer d'être l'ami du saint religieux. Ils se virent et s'apprécièrent mutuellement.
Ces deux ecclésiastiques rendaient visite au P. de la Golombière, et lui-même se faisait un plaisir d'entretenir avec eux des relations. Les habitants du bourg saluaient respectueusement le Père, et plus d'un regard s'attachait sur lui avec une expression de tristesse. La plupart l'avaient vu enfant ou jeune homme, et ils le retrouvaient pâle, faible et languissant. Alors on se racontait les événements d'Angleterre , la captivité et les souffrances du missionnaire, et, selon la coutume, l'imagination populaire exagérait les faits; on était tout disposé à le considérer comme un saint, dont la présence honorait le pays.
Pour lui , doux et affable à son ordinaire , il recevait avec une charmante modestie les témoignages d'affectueuse sympathie et répondait quelques bonnes et simples paroles où Dieu avait toujours sa place. Sa figure résignée et souffrante, où l'habitude de la prière avait imprimé une sorte de reflet divin,
1 Ainai parle le prêtre qui a rédigé son acte de décès. (Voir Archives de la commune.)
lui donnait une expression céleste, et bien des mères chrétiennes lui demandaient de bénir leurs enfants.
Condrieu n'est pas loin de Saint -Symphorien d'Ozon. En deux heures de marche on est à Vienne, et, le Rhône traversé, on arrive bien vite dans la petite ville, placée à souhait dans une enceinte semi- circulaire de collines couvertes de vignobles célèbres. La sœur Marguerite-Elisabeth de la Colombière, religieuse au monastère de la Visitation, apprit bientôt que son frère était à Saint- Symphorien. Elle lui écrivit pour l'engager à venir à Condrieu. Le Père vit une occasion d'exercer un peu le ministère, et il se rendit à cette invitation. Il put adresser quelques paroles d'édification à la communauté, qui l'accueillait avec toutes les délicatesses de la plus cordiale charité. Ce fut peu de temps après cette visite qu'il reçut une lettre de sa sœur où, après avoir demandé des nouvelles de sa santé, elle l'invitait de nouveau , peut-être pour quelque fête ou quelque ministère. Le saint religieux lui répondit :
« Je vous remercie de la bonté que vous avez de vous ressouvenir de moi ; j'espère que Notre-Seigneur vous en récompensera : car que pourriez -vous attendre de ma reconnaissance? Pour ce que vous désirez savoir, ce n'est pas la peine de vous en instruire , ma santé étant de si peu de conséquence pour les autres et m'étant peut-être fort nuisible à moi-même. Priez Dieu, s'il vous plaît, que, sain ou malade, je réponde fidèlement. aux desseins de sa
miséricorde. Pour vous, ma chère sœur, faites-vous une grande sainte, et faites un meilleur usage de vos forces que je ne faisais de celles que Dieu m'a données. Aimez-le, servez-le pour vous et pour moi. Offrez-lui souvent mon cœur avec le voire, et priez-le qu'il accepte les inutiles désirs que je forme pour ma perfection et pour la sanctification de l'univers * . )>
Nous n'avons pas besoin de faire remarquer la beauté de cette amitié fraternelle transfigurée par le sentiment d'une tendre charité. Le P. de la Colombière nous découvre également un des secrets de son intérieur, le soin constant qu'il avait d'acquérir de nouveaux mérites. Ne pouvant plus travailler, il offrait incessamment au Seigneur ses souffrances, et multipliait les désirs et les prières pour le salut des âmes et la glorification du nom de Jésus. Et Dieu qui récompense l'intention comme l'action ellemême, Dieu qui lit au fond des cœurs et se réjouit des sacrifices secrets qu'ils lui présentent, se plaisait assurément à entendre les vœux formés par un cœur apostolique.
« Croyez-moi, ma chère sœur, mon éloignement ne saurait vous nuire ; vous trouverez Notre-Seigneur toujours près de vous, lorsque vous le chercherez sincèrement, et quand vous l'aurez, tout le reste est inutile... Je ne vois pas trop d'apparence que je puisse vous aller voir dans le temps que vous espérez; mais quelque bien que vous puissiez attendre
i Lcllre xcv.
de ma visite, vous savez tout aussi bien que moi qu'il faut faire tout sacrifice à la volonté divine, et que ce sacrifice vaut mille fois plus que tous les avantages qui pourraient nous arriver par une autre voie. Priez Dieu pour moi, s'il vous plaît, et présentez mes respects à votre révérende Mère et à toutes les autres. J'ai été extrêmement édifié de leur piété, mais leur bonté et leur honnêteté m'ont couvert de confusion 1. »
Dans une autre lettre à sa sœur, le Père s'excuse de ne s'être pas trouvé à la maison lorsqu'une prétendante vint lui apporter des nouvelles du monastère de Condrieu. 11 parle de sa nièce Marguerite et en fait l'éloge. 11 lui rendait ce témoignage qu'elle devenait meilleure de jour en jour et qu'il en était tout à fait content.
« J'espère, disait-il, que Notre-Seigneur l'a choisie pour une de ses fidèles servantes. Elle a de très bonnes dispositions pour" cela. Adieu, ma sœur, toute la famille vous salue et vous aime tendrement2. »
1 Lettre xcvi.
2 Les religieuses de la Visitation de Condrieu conservèrent le souvenir du Père, son nom y fut toujours entouré de vénération, et dans le manuscrit du xvn* siècle déjà cité nous lisons ces mois : « La dévotion au sacré Cœur de Jésus augmenta aussi beaucoup, principalement clans noire communauté. Les soins que le grand serviteur de Dieu, le R. P. de la Colombiôre, avait prisdurant sa vie à l'y établir, ont contribué aux progrès qu'elle y a faits, et nous voyons avec une consolation très sensible celui qu'elle a fait dans toutes les communautés de notre saint ordre. »
Maintenant encore les filles de Saint- François de Sales qui
Ces mots, toute la famille, indiquent qu'il y avait alors à Saint-Symphorien M. et Mme Humbert de la Colombière et leurs enfants : Joseph, Jean-Baptiste, Jean-François, Marguerite- Louise et Marie-Madeleine ; cette dernière était encore une petite créature qui vivait dans le berceau et entre les bras de sa mère.
Le P. de la Colombière sympathisait surtout avec son frère Humbert, en qui il découvrait une piété tendre et solide. Sa belle-sœur, aussi aimable que vertueuse, le comblait d'attentions et de prévenances. C'est pendant son séjour à la campagne que se place un épisode intéressant qui va nous le montrer dans ses fonctions de directeur des âmes , où il excellait.
Nous avons laissé M110 Rosalie de Lyonne luttant contre la grâce qui la sollicitait à embrasser la vie religieuse. La bienheureuse Marguerite-Marie ayant reçu de nouvelles assurances de Notre- Seigneur Jésus -Christ, qu'il voulait cette âme à tout prix, écrivit au P. de la Colombière ce que le Seigneur demandait, afin qu'il usât de son influence à cet effet. Aussitôt le Père envoie à Mlle de Lyonne une lettre, où il lui déclarait qu'elle eût à se préparer au grand sacrifice que Dieu attendait d'elle et qu'il souhaitait fort lui apprendre lui-même. Ayant deviné quel était ce sacrifice, elle pensa mourir d'effroi. Cependant comme c'était une âme courageuse , elle voulut, sans délai, affronter ce nouveau péril. Accompagnée d'un de ses frères , elle part aussitôt et vient
habitent l'ancien monastère, se rappellent que la chapelle actuelle est celle où le Père a prêché et célébré les saints mystères. *
se présenter au saint prêtre, charmé de cette soumission prompte et de cette intrépidité de cœur. Alors elle se met à genoux devant lui et lui déclare qu'elle vient, en tremblant, faire tous les sacrifices qu'il lui commanderait. Le Père, d'un ton et d'un air tout célestes, lui dit : « Si Jésus -Christ vous demandait pour son épouse, refuseriez -vous de l'.être, ma fille? — 0 mon Père! s'écria-t-elle, et elle ne put achever, ayant déjà tout compris. — Ma fille, repritil, refuseriez -vous cet honneur? pourriez -vous refuser Jésus-Christ? Dieu le veut. » Au même instant toutes ses répugnances s'évanouirent, et, sentant son cœur inondé de consolations , elle promet de se consacrer au Seigneur et repart pour Paray.
Pendant le voyage, son âme était si transportée de joie, qu'elle disait à Dieu : « S'il est doux d'entendre parler une personne qui vous aime, ô mon Dieu , que sera-ce de vous voir et de vous posséder éternellement! » Ensuite, pour attester son détachement de toutes, les créatures et son dessein bien arrêté d?obéir à la voix de Dieu , elle s'adressait à la nature entière comme si elle ne devait plus en jouir en quittant le monde. « Adieu, disait-elle, adieu, ruisseaux qui coulez frais et limpides; adieu, verdoyantes prairies; adieu, campagnes paisibles; adieu , petits oiseaux qui chantez les louanges de votre créateur; je ne vous verrai plus, je n'entendrai plus vos harmonieux concerts. » Toute pleine des saints transports de l'amour divin , elle arriva auprès de sa mère , très étonnée du changement de sa fille. Plus tard, Mllc de Lyonne, racontant cet évé-
Dément de sa vie, ajoutait qu'elle ne s'était point aperçue de la longueur du chemin, tant son àme était sous l'action de la grâce.
Un pas immense était fait vers l'accomplissement des desseins de Dieu sur cette demoiselle. Pourtant tout n'était pas fini. L'opposition de sa mère l'arrêta ; elle retomba dans ses hésitations premières , et il fallut presque de la violence pour lui faire dire un adieu définitif au monde. Enfin elle se rendit à l'aimable Sauveur, que tant de résistance n'avait point lassé. Dieu permettra que son pieux directeur soit témoin de sa complète soumission aux volontés du Ciel.
Le temps des vacances touchait à sa fin, c'était le signal de retour à Lyon. Ces quelques semaines passées à la campagne avaient produit une amélioration notable dans l'état du malade. Cet air doux et frais , ces parfums balsamiques des champs avaient calmé l'irritation habituelle de la poitrine. Peutêtre, s'il eût prolongé son séjour, ou vécu à la campagne pendant quelque temps, aurait-il obtenu sa guérison. Dès le commencement du mal, les médecins avaient déclaré que là était le remède et l'espérance d'un rétablissement. Mais le P. Claude tenait plus à la perfection qu'à sa santé, il n'était jamais mieux que dans une maison de son Ordre. Il quitta sans regret la vallée de l'Ozon, pour rentrer à Lyon et reprendre ses fonctions accoutumées.
En méditant sur la vie de Notre-Seigneur, il avait remarqua que c'était l'intérieur de Jésus qui relevait la bassesse des actions communes, et il y découvrait
une manière facile de se sanctifier, comme au — i une source abondante de mérites. Dans le genre de vie qu'il (Hait forcé de suivre, il n'avait guère que ce moyen de sanctification, puisque toute action extérieure lui était à peu près interdite. Il s'appliquait donc à faire les petites choses avec de grands sentiments et des intentions parfaites. Souvent prosterné au pied de son crucifix , il lui disait de toutes les puissances de son âme : « 0 mon adorable Rédempteur! je me donne à vous sans réserve et de la manière la plus étendue qu'il m'est possible. Il y a déjà longtemps que je me suis comme cloué à votre croix par les vœux de ma profession; je les renouvelle ces vœux, je les ratifie en présence du ciel et de la terre; je vous rends mille actions de grâces de me les avoir inspirés ; je proteste que je ne me trouve point gêné par mes liens; au contraire, je voudrais les multiplier ou en serrer davantage les nœuds.
« Que ne puis-je, ô mon divin Sauveur, que ne puis-je, par mille et mille chaînes, m'attacher à vous si étroitement, que non seulement je ne me sépare jamais de vous , mais que je devienne une même chose avec vous! Je m'attache pour toujours, ô mon Dieu , à cette aimable croix, et je jure que jusqu'à la mort elle fera tout mon plaisir et toute ma gloire. Mihi absit gloriari nisi in Cruce Domini nostri Jesu Chrisli, per quem mihi mundus crucipxus est, et ego mundo. Loin de moi toute gloire , toute joie que je ne trouverais pas dans la Croix de Jésus, dans Jésus crucifié. Loin de moi tout autre trésor que sa pauvreté, toutes autres délices que ses souffrances, tout
autre amour que lui-même. Non, jamais, mon Dieu et mon tout, je ne me détacherai de vous et jamais je ne m'attacherai qu'à vous l. »
Oui, il était vraiment uni à Jésus crucifié dans cette vie de langueur et de souffrances. La passion du Sauveur était l'objet de sa constante étude, et à mesure qu'il se conformait à ce divin modèle , il se transformait et s'élevait à une plus haute sainteté. Examinons de plus près les traits de cette figure de saint.
1 Paroles du P. de la Colombière dans un discours sur la Passion.