‹ Histoire de vénérable P. Claude de la Colombière de la Compagnie de JésusChapitre 27 sur 38 · PORTRAIT DU P. DE LA COLOMBIERE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DU P. DE LA COLOMBIERE

On possède plusieurs portraits du vénérable Père, et tous reproduisent un même fonds de ressemblance. Cependant il y a entre eux des différences sensibles.

Le portrait le plus connu est celui que conserve l'hôpital de Paray. Ce tableau a été fait après la mort du Père. Le peintre lui a ouvert les yeux à moitié, et il y a sur la joue droite une sorte de bourrelet occasionné, sans doute, par la situation du corps. Le peintre a cherché à rétablir les traits de la figure et à en faire ceux d'un homme vivant. Il n'a pas réussi : et ce portrait ne représente le P. de la Colombière ni mort ni vivant, il n'a qu'une ressemblance incertaine. Sa figure a quelque chose de vulgaire et de repoussant.

Le second portrait est celui qui- se trouve placé en tête

des premières éditions des sermons. On l'attribue à Matthieu Ogier. La gravure est mal faite , mais elle représente le Père tel qu'il était dans ses dernières années. La maigreur de la figure et le développement du front rappellent son état de maladie, et l'ensemble répond assez à l'idée qu'on se forme généralement des traits du saint religieux.

Il y a une autre gravure qui paraît en tête de certaines éditions, mais qui présente fort peu de ressemblance avec le type connu , tel qu'il se dégage de ces différents portraits.

Enfin, le meilleur à notre avis, celui qui représente le Père dans la plénitude de sa santé , est conservé dans la chapelle du château de M. le baron Louis Lombard de Buffière. ancienne demeure de la famille de la Colombière. Ce tableau, peint à l'huile, a toujours été dans cette maison depuis deux siècles. Le Père est revêtu du surplis. Il paraît avoir trente-six ans environ. La tête est longue; le front haut et couronné de cheveux noirs : les yeux sont petits, mais brillants d'esprit et de vie, le teint coloré, la bouche fine, spirituelle et gracieuse; le menton long et fort, ce qui est le signe d'une volonté énergique; un air recueilli; l'ensemble est noble, distingué et agréable. Le buste indique un homme de taille moyenne.

11 y a entre le portrait du Père et celui d'Humbert, son frère, un air de famille, la même coupe de figure, le même type de race. Ce qui est pour nous un nouveau motif de penser que nous avons le véritable portrait du P. de la Colombière.

Comment expliquer l'origine de ce tableau? L'humilité du religieux ne dut pas, sans doute, consentir à ce que l'on reproduisît ses traits sur la toile. Mais l'obéissance pouvait tout exiger de lui. M. Bertrand de la Colombière a pu demander aux supérieurs de la Compagnie, comme

une consolation, le portrait de son fils. M. Ilumbert, de son côté, a pu charger un peintre de reproduire les traits de son frère, lorsqu'il était en chaire et à son insu. Nous ne savons laquelle de ces hypothèses il faut admettre; mais tout semble attester l'authenticité du tableau, plus ancien que celui de l'hôpital de Paray, fait sur le modèle vivant, et aussi religieusement conservé.

Nous ne parlerons des autres portraits du P. de la Colombière que pour les déclarer apocryphes et faux. Ils ont été répandus sous forme de petites photographies dans ces derniers temps. Ces images de fantaisie, que la vérité historique condamne, sont de pure invention.

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