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Soli Deo honor et gloria.
(Rom., xvi, 27.) A Dieu seul l'honneur et la eloire.
Le jeune religieux, au sortir du noviciat, était comme un charbon brûlant; son cœur, tout embrasé des ardeurs . du divin amour, ne respirait que la gloire de Dieu et le salut des âmes. Pénétré de cette pensée fondamentale de l'institut des jésuites, que le religieux de la Compagnie doit se servir des lettres et des sciences, en un mot, des moyens naturels comme d'autant d'instruments pour conquérir les âmes , maintenir les droits de Dieu et défendre les croyances catholiques , il s'appliqua avec une nouvelle énergie aux fortes études qui devaient le mettre à même d'être un bon ouvrier dans le champ du Seigneur.
Il revint dans le collège de la Trinité pour comploter sa formation littéraire. Cette maison était l'un des plus célèbres établissements dirigés par les Pères de la Compagnie de Jésus. Plusieurs professeurs de ce collège ont laissé un nom illustre. Il suffit de citer les noms des PP. Millet de Châles ', Honoré Fabri 2, et François d'Aix de Lachaize, plus tard confesseur de Louis XIV 3. Claude de la Colombière fut un des plus illustres élèves du collège de la Trinité, où il fit ses éludes avant et après son entrée dans la Compagnie •.
On le vit , avec un étonneraient mêlé d'admiration , développer les plus merveilleuses aptitudes. Sciences abstraites, philosophie, littérature ou théologie: « tout semblait être de son ressort, et tout ce qu'il maniait portait l'empreinte du goût le plus exquis. Il se distinguait surtout par sa manière de penser. 11 saisissait les objets avec une justesse et une finesse qui lui étaient naturelles, et toujours les choses paraissaient relevées et perfectionnées par le tour qu'elles prenaient dans son esprit.
1 Le P. Millet de Châles a donné un cours complet de mathématiques; trois volumes in-folio, chez Anisson, Lyon.
2 Le P. Fabri a publié un cours complet de physique en six volumes et plusieurs autres traités scientifiques. 11 a découvert l i. circulation du sang avant qu'Harvey en eût rien écrit. Ainsi parlent les auteurs du Grand Dictionnaire de Trévoux. Le P. Fabri était en relation avec tous les savants de France.
3 Le P. de Lachaize venait d'imprimer son cours de philosophie intitulé: Peripatelicse quadruplieis philosophie Placila rationalis, naturalis, supernaturalis et moralis ; deux volumes in-folio, Lyon , 1C61.
4 Voir De Colonia, Flisloire littéraire de Lyon, t. II, p. 730.
« Il semblait ne pouvoir écrire ses pensées sans les exprimer avec éloquence, et sans leur donner cet arrangement que produit toujours un esprit maître de ses idées, et ce poli du style qui annonce un goût naturel1. » Dans les questions philosophiques, son intelligence, vive et pénétrante, allait bien vite au fond des choses. Son argumentation était claire, précise et solide. Il transporta dans ses discours ses habitudes logiques, mais il savait les dissimuler sous les charmes de rélocution.
Un sujet aussi distingué que le jeune de la Colombière ne devait pas être placé dans une modeste chaire de grammaire ou dans un collège de petite ville. Il était appelle à briller sur un plus grand théâtre, et, après avoir terminé les études complémentaires qui achevaient son instruction littéraire et scientifique, il fut nommé professeur de rhétorique au collège de Lyon. Un nouveau nom illustre allait s'ajouter à la liste des hommes célèbres qui avaient enseigné dans cet établissement.
La vie des professeurs dans les collèges de la compagnie de Jésus est des plus laborieuses. Outre les exercices religieux communs à tous, ils ont la préparation de leur classe , la correction des devoirs des élèves, environ cinq heures de classe par jour, souvent quelques surveillances ou des emplois particuliers, et cependant c'est le beau temps de leur vie. Le prisme radieux de la jeunesse colore de mille charmes les petits événements du collège. Les pro-
1 P. Nicolas de la Pesse. Préface des Œuvres du P. de la Colombière.
fesseurs ou surveillants ont le privilège du rire franc et joyeux, les saillies d'un esprit qui étincelle au moindre choc. Alors les soucis sont légers et les cœurs joyeux. Le temps s'écoule avec une rapidité surprenante au milieu de ce petit peuple aimable et mutin, toujours en mouvement, toujours réclamant la sollicitude des maîtres. La monotonie des leçons et des classes est rompue par les fêtes , les congés et les vacances, et le cercle de l'année scolaire est gaiement parcouru.
Les jeunes régents exercent un emploi laborieux, mais utile. Ils augmentent forcément la somme de leurs connaissances; et, comme l'on ne sait jamais mieux que ce qu'on a enseigné aux autres, ils se rendent maîtres des matières qu'ils professent. De plus, ils se forment au maniement des esprits, à la direction des jeunes gens, et acquièrent l'expérience. Plus la classe est élevée, plus elle offre d'avantages au professeur. La rhétorique est la classe qui prépare le mieux à l'éloquence; il y avait donc une réelle utilité à la professer.
Les supérieurs avaient sagement agi en nommant le jeune de la Colombière à cet emploi. Sa modestie en fut d'abord effrayée; mais l'autorité avait parlé, il dut obéir. Il n'y eut probablement que lui seul à douter du succès l. Nous connaissons assez son caractère pour affirmer qu'il n'épargnera rien pour porter ce noble fardeau. A peine eut-il paru dans sa chaire entourée de nombreux élèves, la plupart
1 Notice, par le P. de Colo-nia.
externes, que sa réputation fut faite. Les exercic littéraires qu'il donna, selon l'usage, les harangu latines débitées à l'ouverture solennelle des classes lui attirèrent d'unanimes applaudissements, et bientôt il passa pour un des meilleurs littérateurs de son temps.
Comme professeur de rhétorique, Claude de la Colombière eut trois fois l'occasion de prendre la parole au commencement de l'année scolaire. On a réuni ces discours publiés après sa mort sous ce titre : Prolusiones oraioriœ: Essais oratoires1. Le premier discours est intitulé : Augusli Cœsarîs œlas, le Siècle de César Auguste ou l'âge d'or des lettres; le second discours a pour titre : Éloge de l'orateur français : Laus oratoris Galli; le troisième est encore un éloge: Laus panegyristœ ; l'auteur y célèbre le mérite et l'utilité des panégyristes, qui ont transmis à la postérité le récit des belles actions, et qui ont donné en quelque sorte l'immortalité aux grands hommes.
Ces trois harangues, écrites dans un latin cicéronien, nous semblent mériter un seul reproche, celui peut-être de trop d'élégance. On sent que l'auteur a recherché la phrase, le tour, le mot les plus conformes au £!'énie de la langue romaine. On surprend
1 Prolusiones oraioriœ, auctore H. P. Claudio la Colombière, c societate Jesu, Lugduni apud Anissonios Joan. Passucl et Claud. Bigaud, 108 ï. Ouvrage très rare; l'exemplaire de la bibliothèque de Lyon porte une approbation de quatre théologiens et la permission du P. provincial Georges Gallien, datée du 15 mars 1683, et donnée pour les sermons, d'autres œuvres de piété et quelques compositions latines du même auteur.
même, par pur archaïsme de style, l'expression: Du immortelles. Quoi qu'il en soit de cette appréciation, ces discours sont pleins de mouvement, de remarques fines, de jugements dictés par le goût, d'une érudition classique remarquable, en un mot, de vrais modèles d'éloquence latine.
Claude de la Colombière avait pour la langue française ce même goût pur et raffiné. « Jamais , en parlant ou en écrivant, il ne lui échappait une expression tant soit peu défectueuse ou déplacée. Il était un des hommes du royaume qui entendaient le mieux notre langue. C'est ainsi qu'en ont jugé les hommes instruits avec qui il a eu des relations, en particulier le célèbre Patru , qui , accoutumé luimême à être admiré, applaudissait aux remarques du P. de la Colombière sur l'élégance et les tours délicats de la langue française. Cet excellent maître dans l'art d'écrire et de parler a entretenu durant plusieurs années un commerce de lettres avec lui ; et ces rapports, comme il semble par la manière dont il lui écrivait, étaient fondés sur une estime particulière '. »
Le contemporain qui nous a transmis ces appréciations ne nous dit pas comment se nouèrent ces relations avec le célèbre avocat, membre de l'Académie française, et le professeur du collège de la Trinité. Nous interrogerons l'histoire de ce temps.
On était alors dans un de ces moments de réforme littéraire, où les esprits avaient l'enthousiasme du
* Notice biographique, par le P. de la Pesse.
beau langage, une sorte de culte pour la langue française ; et ce travail des intelligences eut pour résultat cette belle langue de nos écrivains du xvnc siècle.
Patru, d'Ablancourt, Maucroix protestaient contre la préciosité de l'hôtel de Rambouillet. Balzac avait appris l'agencement, la cadence des phrases, le choix et l'exactitude des mots ; Descartes, la disposition des idées dans leur ordre et dans leur jour, et le style précis. Pellisson parlait une langue où dominait la simplicité, le naturel et l'urbanité; Pascal avait laissé un monument d'une prose vive et forte, courte et hardie. Bossuet attirait déjà l'attention. Il s'opérait ainsi un progrès réel dans les esprits, et l'on marchait au triomphe du goût et de la raison.
Olivier Patru , quoique légiste et avocat, s'occupait de littérature. Il jugeait sainement des choses du goût, et il a mérité le surnom de Quintilien français. Boileau et Racine le consultaient sur leurs ouvrages. Sa critique était en générai sage et judicieuse, mais sévère. Écrivain froid et correct, Patru a été un des maîtres de notre langue, un de ceux qui lui imprimèrent ce caractère de noblesse, de sagesse et de précision que lui ont conservé nos grands prosateurs.
Ce qui le mit en rapport avec le P. de la Golombière, autant qu'il nous est permis de le conjecturer, ce fut la traduction d'un discours de Cicéron, Pro Archia poeia; et celle d'une homélie de saint Jean Ghrysostome sur la prière'. Le professeur du col-
1 On trouve ces traductions dans les Œuvres complètes de Patru, Paris; Sébastien Cramoisy, 2 vol. 1692.
lège de Lyon en ayant eu connaissance, loua publiquement ce travail et en félicita l'auteur1. Patru, qui était un philosophe chrétien , fut sensible à ce témoignage d'estime, et répondit à ces prévenances. Bientôt, ayant reconnu le bon goût du jésuite, la finesse de ses observations, il lui donna tout à la fois son estime et son amitié. Nous en trouvons l'expression dans une lettre insérée au second volume de ses Œuvres, où il traite en passant de l'éloquence.
Il parle avec abandon et termine ainsi sa lettre : « Je ne croyais pas aller si loin quand je pris la plume, et je ne sais comment je me suis laissé emporter. Mais souvenez-vous que tout cela est écrit à plume courante, tellement qu'il y peut avoir beaucoup de choses à nettoyer... Adieu, mon révérend Père, je vous embrasse de tout mon cœur. »
L'abbé Trublet, membre de l'Académie française, faisant l'éloge des discours de la Colombière, confirme cette réputation de littérateur qui lui était généralement attribuée. « Le célèbre Patru, écrit-il, en parlait comme l'un des hommes qui en son temps pénétraient le mieux la finesse de notre langue2. »
x Dans le second d^s discours latins, P)*olusiones oratorio?.
- L'abbé Trublet, esprit solide et judicieux, a composé des Essais de littérature et de morale, écrits avec clarté, précision et agrément, des Panégyriques pour les fêtes de quelques saints précédés d'excellentes réflexions sur l'éloquence de la chaire. Ayant fait à la Henriade de Voltaire l'application de ce vers de Boileau : Et je ne sais pourquoi je bâille en la lisant, il s'attira la colère de Voltaire, qui le tourna en ridicule dans un de
Trois années s'écoulèrent dans cette vie occupée du professorat. Claude de la Colombière n'oubliait pas toutefois que s'il enseignait les lettres et l'éloquence, c'était pour former les Ames de ses élèves et les tourner vers Dieu. Tel est le but de la Compagnie de Jésus en se consacrant à l'éducation de la jeunesse. Elle veut déposer des germes divins dans le cœur des enfants, afin qu'ils produisent plus tard des fruits d'honneur et de salut. C'est ce qui faisait accepter au jeune religieux les peines et les fatigues inséparables du professorat. Il y avait place pour le dévouement , il faisait un bien réel , cela suffisait pour l'attacher à ses fonctions.
Un petit voyage vint interrompre l'uniformité de cette vie consacrée à l'enseignement. Un document authentique nous apprend que le P. de la Colombière vint le 5 mai 1666 à Avignon , et qu'il y prêcha dans l'église de la Visitation le panégyrique de saint François de Sales à l'occasion des solennités de sa canonisation '.
ses redoutables badinages, intitulé : Le Pauvre Diable, et fit sur lui ce vers si plaisant :
Il compilait, compilait, compilait.
Né en 1697, l'abbé Trublet est mort en 1770.
* Voici ce qu'on lit dans la relation de cette fête, petite brochure due à la plume du docteur Giffon et imprimée à Arles en 1667 : « Le samedi après les vêpres, le P. de la Colombière, de la Compagnie de Jésus, fit un rare discours à l'église de la Visitation et employa pour texte ces paroles de l'énigme de Samson : De parti egrc&sa est dulecdo. La perfection de ce panégyrique (sic) ne pouvait contenir et mériter en particulier (ne pouvait être contenue et son mérite ne devait pas être renfermé dans les limites d'un auditoire particulier), et c'est priver le public
On peut supposer que le professeur de rhétorique de Lyon , ayant eu l'occasion de composer un discours en l'honneur du saint évêque de Genève, fut envoyé pour donner ce même discours à la Visitation d'Avignon. Ce ne fut qu'une absence de quelques jours.
Claude de la Colombière ne cachait pas son désir de se livrer aux fonctions du saint ministère. Aussi , quand arriva l'ordre de commencer ses études théologiques, il l'accueillit avec plaisir. Être prêtre pour avoir le bonheur d'offrir tous les jours la sainte et adorable Victime, pour aimer Dieu davantage dans une union plus intime, était un rêve de bonheur qu'il caressait depuis longtemps. Il allait se réaliser.
Il abandonna donc les études littéraires qui avaient charmé son esprit et où il s'était formé à l'éloquence; il descendit de cette chaire où il avait reçu tant d'applaudissements, et il se confondit dans les rangs des jeunes religieux qui devaient comme lui suivre le cours des sciences sacrées au collège de la Trinité.
Mais les rares talents de Claude de la Colombière et une aptitude bien marquée pour l'éloquence inspirèrent au P. Paul Suffren, supérieur de la province de Lyon , la pensée d'envoyer le jeune religieux au
d'une grande satisfaction de ne point lui faire voir le dessein et l'économie de ce discours, dont son éloignement (l'éloignement de l'auteur) nous prive. » Les Jésuites à Avignon, par A. Canron. Ce discours n'existe pas dans la collection des œuvres. Probablement ce n'était pas un chef d'ceuvre, quoi qu'en dise le bon docteur Giffon.
collège de Clermont à Paris, pour y faire ses études théologiques , et en môme temps pour entendre les prédicateurs célèbres de la cour et de la capitale.
C'est ainsi qu'en 1669 , l'année môme où il fut ordonné prêtre (6 avril), il assistait au début du P. Bourdaloue, ce grand et véritable modèle de l'éloquence sacrée! De tels exemples ne furent pas perdus pour le jeune prêtre, et si nous ne trouvons pas dans ses sermons une logique aussi parfaite, une méthode aussi géométrique que celle de l'illustre prédicateur du xvnc siècle, ils ont du moins une marche claire et méthodique, un enchaînement rigoureux de preuves et une force de raisonnement capable de produire une ferme conviction.
Ce séjour de quelques années à Paris fut donc très utile au P. de la Colombière. Non seulement il assista aux leçons de professeurs distingués, mais encore il entendit les orateurs les plus célèbres de la chaire chrétienne.
Toutefois, malgré l'ardeur avec laquelle il se livra pendant ces quatre années à l'étude ( de 1666 à 1670), nous pouvons affirmer qu'il s'appliqua plus encore à l'étude de la perfection. Avec moins d'occasions d'être détourné des choses saintes , il avait bien plus sous les yeux le but final de tous ses travaux, la gloire de Dieu et le salut des âmes. Il lui semblait retrouver le temps heureux du noviciat, où il ne pensait qu'à Dieu et aux moyens de lui plaire par la pratique de solides vertus. L'étude, accompagnée de l'esprit intérieur et de la piété, bien loin de dessécher le cœur, de tarir la source des
consolations divines , ne fait que nourrir l'àme , agrandir son horizon, lui découvrir de nouvelles merveilles de la bonté infinie, augmenter ainsi la force de la charité.
Ainsi étudiait Claude de la Colombière, soutenu des conseils et des exhortations d'un sage directeur; exact observateur de la règle et fidèle aux pratiques de la vie religieuse, il donnait l'exemple de la ferveur. Aussi ce temps des études fut pour lui une époque de progrès et d'accroissements sensibles. Bien plus, comme la piété est utile à tout, cette vie si régulière, cette dévotion tendre et constante, cette pureté d'intention qu'il apportait dans son travail, lui méritaient une bénédiction toute spéciale et lui firent obtenir les plus beaux succès. 11 acquit la réputation d'un habile et profond théologien, réputation si bien établie que, quelques années après, un jeune religieux de son Ordre lui écrivait pour demain 1er des conseils afin de réussir dans l'étude de cette science.
Le P. de la Colombière, dans sa réponse, se défend d'abord avec une charmante modestie de lui donner son avis, mais il lui fait connaître la méthode qu'il avait suivie. « Pour la théologie, je vous dirai que si c'était à refaire, je voudrais toujours méditer deux fois plus que je ne lirais. Ce n'est que par la méditation qu'on approfondit les choses et que l'on connaît le fort et le faible des opinions '. »
C'est, en eflét, par la réflexion qu'on s'assimile
1 Lettre cxn.
les démonstrations dogmatiques et qu'on se rend maître des doctrines. Tel est le procédé des hommes doués d'une vaste capacité et d'une grande puissance intellectuelle. 11 conseillait sans doute ce qu'il avail pratiqué lui-même.
Le couronnement de ces études sacrées ne fut pas pour lui la soutenance de diverses thèses tirées de la philosophie et de la théologie, mais l'onction sacerdotale. Enfin il était prêtre pour l'éternité! Il s'était rapproché de Dieu en devenant son ministre, le dispensateur des dons surnaturels. Quel motif nouveau de travailler à sa sanctification pour être moins indigne de tenir entre ses mains le Dieu trois fois saint et se rendre l'instrument de ses miséricordes !