RUE DE MONTREUIL. A\S
11 l'établit alors dans sa petite-maison de Montreuil, fit faire les fourneaux et les creusets nécessaires à ses opérations, et fit apporter les nombreux matériaux demandés par l'alchimiste. Boudin paraissait tellement sûr de la réussite de cet homme, qu'il fit passer sa confiance aux ministres et à toute la cour. Le commissaire de police Narbonne raconte que le contrôleurgénéral des finances, Chamillart, vint plusieurs fois à Montreuil pour voir travailler ce charlatan, et que l'on alla même jusqu'à placer auprès de lui, un sous-brigadier et deux gardes-du-corps pour le surveiller et l'empêcher d'emporter le trésor qu'il allait découvrir. Enfin, après deux mois d'attente et d'essais de toutes sortes, Boudin en fut pour sa courte honte et pour l'argent que lui dépensa ce fripon.
CÔTÉ DROIT
N° 50. — Maison de charité.
Avant la Révolution, Montreuil ne possédait point de maison de Charité. Cet établissement date de l'année 1815. A cette époque, l'administration municipale fit venir trois sœurs de la Sagesse (1) et les plaça dans une maison n° 6 rue Saint-Jules. Deux furent chargées de faire l'école et une de visiter les malades à domicile.
En 1816, ces mêmes sœurs se transportèrent rue de Montreuil, n° 50, dans la maison qu'elles occupent aujourd'hui, mais qui s'est agrandie du n° 48, acheté en 1844.
Cet utile établissement ne tarda pas à prendre un grand accroissement. Trois nouvelles sœurs étaient ve-
(1) Les sœurs de la Sagesse établies par le vénérable de Montfort, au siècle dernier, ont leur" maison-mère à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée).
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nues se joindre aux anciennes et suffisaient à peine à soulager les misères de ce quartier, le plus pauvre de la ville. En 1828, l'administration municipale leur confie l'éducation de cinq orphelines, et deux autres sœurs viennent se joindre aux premières. Un ouvroir est fondé, et l'orphelinat s'accroît successivement par l'adjonction de jeunes pensionnaires orphelines, surtout en 1838, époque de la fondation de l'œuvre charitable des jeunes économes, par M. Pinard, alors curé de Saint-Symphorien.
Avant l'arrivée des sœurs dans ce quartier, les filles pauvres étaient en quelque sorte abandonnées, et bien peu parvenaient à avoir quelques notions de lecture et d'écriture. Depuis 1815, presque tous les parents ont voulu que leurs enfants suivissent les classes des bonnes sœurs, et le nombre est devenu si grand qu'en 1847 on fut obligé de faire de nouvelles constructions afin d'établir trois classes.
En 1850, l'administration municipale confia aux sœurs de Montreuil la direction de l'asile fondé dans ce quartier. Cet asile, construit dans les dépendances de la maison, prit bientôt un grand développement, puisqu'il compte 140 enfants présents en moyenne. L'établissement de cet asile a changé la physionomie morale de l'enfance, au Grand-Montreuil.
Cette même année 1850, une autre intéressante fondation fut aussi confiée aux soins des mêmes sœurs.
Dès le mois de mai de cette année 1850, M. Vauchelle, alors maire de Versailles, avait proposé au conseil municipal, qui avait adopté sa proposition, de voter une somme de 1,200 francs, destinée à aider, dans les essais de Crèches qu'elles tenteraient d'établir, les associations
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de personnes bienfaisantes des différents quartiers de la ville.
Montreuil paraissant le quartier le plus propre à tenter la fondation d'une crèche, M. le maire proposa à M. Hacquart, curé de Saint-Symphorien, de faire cet essai. M. le curé entra avec ardeur dans cette idée et réussit promptement à la réaliser.
Une association, sous le nom (VOEuvre de la Crèche, fut promptement formée; et, grâce au zèle de son président et de toutes les personnes charitables qui voulurent bien en faire partie , des dons nombreux furent recueillis, une maison fut construite exprès, meublée, et, au mois d'octobre de la même année, la crèche s'ouvrit, et douze berceaux en fer, garnis de rideaux blancs et portant les noms des dames donatrices, reçurent les pauvres petits enfants dont les mères ont besoin de demander leur vie au travail de tous les jours (1).
Aujourd'hui, la maison de charité de la paroisse de Saint-Symphorien est un établissement important. Les sœurs sont au nombre de quatorze, chargées de visiter les malades à domicile, de distribuer des médicaments, le pain, la viande, le bouillon, le bois et le linge aux pauvres du quartier; de faire les classes, et de surveiller l'ouvroir, l'asile et la crèche. Ainsi, en résumé, cet établissement se compose : 1° du bureau de bienfaisance et de ses annexes ; 2° d'un ouvroir et de quarante orphelines; 3° de trois classes ayant 160 élèves ; k° d'un asile recevant 160 enfants; 5° d'une crèche ayant actuellement 18 berceaux.
Comme dans les autres quartiers de Versailles, des
(1) Voir, pour plus de détails, le numéro du £3 octobre 1850 de VUnion de Seine-et-Oise.
médecins sont attachés à cette maison, et vont visiter les pauvres malades.
N° 62. — Ancienne maison Bénard.
Avant la Révolution, M. Bénard était attaché à la maison de Monsieur, depuis Louis XVIII. Grand amateur d'horticulture, il se livra l'un des premiers, à Versailles, à la culture des primeurs. Il était parvenu à obtenir de bonne heure de très beaux melons, et son plus grand plaisir était d'en offrir au roi plusieurs jours avant le jardinier de Choisy, qui était dans l'usage d'en apporter le premier à la cour.
N° 64. — Sous la Restauration, des religieuses Augustines avaient fait construire cette maison pour y établir un couvent. Elles y habitèrent peu de temps, faute de ressources suffisantes.
En 1828, on y fonda une École préparatoire à l'Ecole militaire de Saint-Cyr. Aujourd'hui le département a acheté cette maison et y a placé l'école normale primaire.