ÉGLISE DE SAINT-SYMPHOIUEN
Louis XV se rendit à leurs vœux, et donna l'ordre à l'évêque d'Orléans, de Jarente, directeur des économats, de fournir les fonds nécessaires à sa construction. Le roi chargea Trouard, l'un de ses architectes, de lui présenter un projet, et, après l'avoir approuvé, il fit construire l'église dans le lieu actuel, beaucoup plus rapproché du centre des habitations.
Cette église, commencée en 1764, fut inaugurée en 1770. Elle n'a que 36 mètres de long, sur 16 mètres 25 centimètres de large; mais on peut la regarder comme un modèle de bon goût. Son portail est composé de quatre colonnes d'ordre toscan, et de quatre autres engagées dans le mur, entre lesquelles on voyait deux niches renfermant autrefois deux statues en pierre, l'une représentant saint Louis, et l'autre, sainte Hélène. Ces deux niches viennent d'être remplacées par deux portes donnant entrée dans l'église. Dans l'intérieur, la voûte est soutenue par deux rangs de colonnes d'ordre dorique cannelées. Ces colonnes séparent les bas-côtés de la nef; les extrémités de ce monument sont terminées en cintre. Celui de l'entrée est coupé par la tribune de l'orgue, l'autre termine le chœur et communique avec la sacristie.
En 1859, un artiste distingué, M. Balze, a exécuté, dans cette partie de l'église une grande composition religieuse dont M. Bouchitté a donné ainsi la description (1). « Au milieu de l'abside, sur un fond d'or circulaire, dont l'éclat atténué est en harmonie avec le ciel et les fonds, se détachent la figure du Christ à droite, et celle de la Vierge à gauche, assis tous deux sur un
(1) Voir l'Union de Seine-et-Oise, du 13 avril 1859.
nuage ; Jésus pose la couronne sur la tète de sa mère. Même à distance, on reconnait que ces figures dépassent de beaucoup la taille naturelle; la simplicité affectueuse du Christ, le modeste recueillement de la Vierge sont la fidèle expression d'une religion d'amour et d'humilité.
« Sous les nuages qui portent cette scène, la terre abaisse ses derniers coteau* dans le lointain et disparaît à l'horizon. Elle se relève des deux côtés en avant, pour servir de sol à la figure de sainte Geneviève à gauche, et à celle de saint Symphorien à droite. Le trépied païen renversé devant le jeune martyr, la palme qu'il tient à la main, et la porte d'Autun, qu'on aperçoit sur le plan ultérieur, le désignent suffisamment. Les regards élevés vers le ciel expriment heureusement ses aspirations vers la vie éternelle; son vêtement est simple et grave. A gauche, la vierge de Nanterre, la patronne de Paris, caractérisée par sa houlette et la présence de quelques brebis qui annoncent un troupeau considérable, prie, les yeux fixés sur la patrie céleste. Sa robe obscure et modeste laisse ressortir l'expression de son innocence et de sa foi.
« Du côté de la Vierge, deux anges désignés par les attributs symboliques de la mission qu'ils remplissent, saluent son triomphe des sons d'une musique harmonieuse et de la vapeur de l'encens, poétiques figures de l'amour et de la prière. L'ange qui tient la coupe des parfums tend de la main droite, vers sainte Geneviève, une branche de lys, symbole de sa virginité, et la rattache ainsi au sujet principal. A droite, deux autres anges, rapprochés de J.-C., planent sur la tète de saint Symphorien; l'un tient à la main la couronne destinée au martyr, l'autre déploie une bandelette qui porte le mot Magnificat, chant d'enthousiasme inspiré par les faveurs que le Ciel accorde en ce moment à la terre.
« La plinthe demi-circulaire, qui sert de base au tableau, est décorée de dix-sept médaillons portant chacun l'emblème d'un des (itres par lesquels l'Église honore la Vierge dans les litanies. Enfin la partie antérieure de l'arc doubleau, qui sépare l'abside du reste de l'église, porte en lettre d'or, sur un fond rouge, l'inscription suivante : u Exaltata es sancta Dei Genitrix super choros angelorum
ÉGLISE DE SAINT-SVMI'IIOKIEN. 425
ad ccelestia régna. — Vous êtes placée, sainte Mère de Dieu, audessus des ançes, dans le royaume éternel. »
Au-dessous de cette composition sont les douze Apôtres, peints aussi par M. Balze, et encadrés dans des ornements d'architecture.
Le chœur est relevé de trois marches et fermé par une jolie grille en fer, sortie des ateliers de M. Ducel, fondeur à Paris. Elle a été inaugurée le 21 décembre 1856, et a été donnée à l'église par l'Association du Rosaire. L'autel était appliqué autrefois contre le mur du fond; M. le curé Pinard le fit avancer où il est aujourd'hui et fit refaire les stalles.
Un nouvel autel en marbre blanc a été élevé par la piété des fidèles, en 1859.
Cet autel charme les regards par la pureté de ses lignes et la blancheur de son marbre. Élevé sur trois marches, sa façade présente cinq niches, dont le cintre repose sur des colonnes ioniennes cannelées. Elles renferment les statues d'Aaron, d'Abel, d'Abraham, de Melchisédech et de Jésus-Christ.
Ces cinq figures et leurs relations en forment l'ornement symbolique.
Les sacrificateurs de l'ancienne loi entourent le Christ, et chacun d'eux porte un emblème qui présage la victime du Calvaire. Le Christ, appuyé sur sa croix, dit à son Père : « Me voici pour expier l'iniquité que n'ont pu détruire les holocaustes de l'ancienne loi. — Holocaustomata pro peccato non tibi placuerunt, tune dixi : Ecce venio » .
Ces paroles, gravées en lettres d'or sous la table de l'autel, et ces cinq statues retracent l'histoire du sacrifice sous les deux Testaments. D'autres emblèmes,
placés sur diverses parties de l'autel et sur la porte du tabernacle, se rapportent tous à l'immolation de l'Agneau au Calvaire.
Une inscription, placée au côté droit de l'autel, rappelle la date de son érection et la pieuse générosité des paroissiens.
Cet autel a été fait sur les dessins de M. Roncier. Le sculpteur et statuaire est M. Millot, et le marbrier, M. Vossy, de Paris.
La voûte de l'église est ornée de caissons, et, dans les voussures des deux extrémités, les caissons sont garnis de rosaces. La largeur de la nef est de dix mètres, et celle des bas-côtés de trois seulement. Aux extrémités des bas-côtés du chœur, sont deux autels; aux deux autres extrémités se trouvent, d'un côté, les fonts baptismaux, et de l'autre, un monument funèbre élevé à la mémoire de madame Trial de Monthion. Ce monument, d'une exécution assez médiocre, représente une femme à moitié couchée dans un tombeau ; ses regards sont tournés vers le ciel qu'elle semble implorer, et un ange, placé dans un nuage au-dessus , lui présente une couronne. Les deux figures sont en marbre blanc statuaire; le tombeau et le stylobate qui le supporte sont en granit noir. On lit cette épitaphe :