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occupés qu'à s'entre-détruire. Aux misères de ces guerres civiles vient s'ajouter un fléau plus redoutable encore, celui des invasions ! Opprimée en Espagne, menacée d'un schisme en Orient, l'Eglise contemple avec une morne désolation ses plus augustes asiles détruits ou insultés par les sectateurs farouches d'Odin ou de Mahomet. Au chant des hymnes pieux, au recueillement de la vie monastique a succédé le tumulte effrayant de la dévastation, puis le silence de la mort. La foret sauvage reprend partout son empire; les broussailles et les ronces croissent plus épaisses, plus impénétrables parmi les ruines des cloîtres, des sanctuaires, et les ossements de nouveaux martyrs I
Les grandes cités, où s'élevaient encore alors tant de monuments, contemporains de meilleurs jours, ne nous présentent aussi que de lugubres tableaux pendant cette période. A partir des dernières années du IX' siècle, l'histoire de Rome est enveloppée d'épaisses ténèbres. Il semble que la Providence ellemême ait voulu dérober aux hommes la connaissance d'événements qui ne pouvaient qu'affliger les chrétiens sincères et scandaliser les faibles. Tout se ré-
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(luit à quolquos épitaphes douteuses, à quelques traditions vagues, et souvent contradictoires; là comme ])artout, rien n'est certain que le malheur. A travers les splendeurs factices d'une civilisation en décadence, Constantinople nous offre un spectacle si rebutant, de tels raffinements de bassesse et de perfidie, que les violences de TOccident semblent encore préférables. Enfin, cette époque est, comme on Ta dit souvent, celle du plus grand obscurcissement des sciences, des lettres et des arts*. Toutes les facultés humaines étaient alors absorbées par la préoccupation incessante du péril, ou par l'accablement qui suit le malheur accompli. Les annalistes de ce temps ont entrepris visiblement une tache qui leur pèse ; la pensée se forme péniblement dans leurs cerveaux, comme les caractères sous leurs mains inexpérimentées. Ils n'ont plus que des notions confuses sur des événements antérieurs à eux seulement de quelques années, souvent même ils ne savent pas mieux les faits contemporains. La différence des idiomes, l'inimitié native des races, les luttes coiiti-
» Voyez Éclaircissements, n^ i, page 361 .