‹ Histoire de Waldrade, de Lother II et de leurs descendantsChapitre 8 sur 31 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

ques mots de l'un des plus importants, celui qui nous a été le plus utile, et le seul peut-être des écrivains de cette époque qui mérite véritablement le nom d'historien. Liudprand ou Luitprand, diacre de l'église de Pavie, secrétaire de Bérenger II, roi d'Italie, puis d'Othon le Grand qui le fit évêque de Crémone, a été Tun des hommes les plus instruits et les plus intelligents qui aient vécu dans cet âge do ténèbres. On a trouvé de lui deux ouvrages, dont le principal est « l'histoire ou relation des faits mémorables des princes de son temps. » Par une coïncidence singulière, cet ouvrage, fruit des loisirs forcés d'un long exil, est inspiré par la même pensée qui nous a constamment guidé dans nos recherches sur la famille de Waldrade. Dans son épître dédicatoire, adressée à son ami Recemond ou Raimond, évêque d'Elvire en Espagne, Luitprand dit formellement que le but principal de ses récits est de faire ressortir l'action manifeste ide la justice divine dans les catastrophes qui se sont accomplies sous ses yeux.

Cet écrivain n'est pas seulement contemporain et témoin oculaire d'une partie des événements qu'il raconte; sa famille et lui-même y ont joué un cer-

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(airi rôle, et sa vie entière s'y rattache. Nous croyons inutile d'entrer à ce sujet dans des détails persojinels qui se retrouveront nécessairement ailleurs. Disons seulement que malgré Timportance incontestable de son témoignage, Luitprand n'est pas toujours un guide sûr. On ne s'aperçoit que trop, dans le cours de son récit, qu'il écrivait de mémoire, d'après des souvenirs personnels ou des renseignements recueillis de vive voix pendant sa jeunesse. Il était, de plus, sous l'impression d'un amer ressentiment contre Bérengerll, son ancien maître, dont il avait encouru la disgrâce. Aussi l'on remarque dans son ouvrage l'extrême désordre de narrations, des inexactitudes fréquentes dans les dates, une partialité évidente pour ses amis, des exagérations haineuses contre ses ennemis. On peut encore lui reprocher le cynisme de certains détails de mœurs, étrangement placés surtout dans un livre adressé à un évêque par un prêtre. Malgré ces graves défauts, Y histoire de Luitprand, malheureusement inachevée, n'est pas sans une certaine valeur littéraire. Son style, généralement âpre et entortillé, est parfois d'une singulière énergie, et, à tout prendre, bien supérieur à celui

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