LIVRE DEUXIÈME
pourtant, il proteste encore, ce noble langage, contre l'iniquité de Rome qui le prive de la gloire d'être un des plus éclatants organes de l'esprit humain, il persiste toujours, après six cents ans, à prouver par sa longévité vivace, non moins que par sa grâce étincelante et sonore, les droits qu'avaient à former une nationalité puissante les dix millions d'hommes qui le parlent encore depuis le Limousin jusqu'à l'Andalousie et l'archipel des Baléares *.
Telle est la part régulière que le traité de Paris accordait à l'Église romaine. Mais qui peut, qui pourra jamais dire la part irrégulière que son sanglant caprice se fit sans repos, sans relâche, sans pudeur, chaque jour, à chaque heure, à chaque instant, pendant deux longs siècles, parles confiscations, les amendes, les offrandes arrachées par la torture, par l'épouvante, aux proscrits, aux prisonniers, aux pénitents, aux suspects, contributions des vivants, dons des mourants, legs des morts, en faveur des églises, des monastères, dont on cherchait l'ombre profonde pour dérober aux lynx de l'inquisition sa vieillesse tremblante sous le cloître, et même ses cendres éperdues dans la tombe ?
pais disaient de môme H eoms de Fouès au lieu de lo coms dé Fouis,
1. Les Provençaux et les Catalans viennent de fraterniser naguère dans une fêle poétique à Avignon.
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C0M«1SSA,HBS DD PAPE ET DO ROI DANS LE -IDî. - CONVOCATION DES CHB- VALIERS KT DES CITOYENS A AVIGNON. NaHBONNR, CARCASSOKNE. TOU- 1 OUSE. - LETTRE DO COMTE HAMON AU COMTE DE FO.I QO, REPOSE LA PAIX.
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Les commissaires du pape et du roi, un clerc et un laïque, s'acheminèrent cependant vers le Midi. Le clerc se nommait Pierre de Colmieu, chapelain du souverain Pontife, et son vice-légat dans les Gaules : il devançait le cardinal de Saint-Ange *. Le laïque était Mathieu de Marly, cousin de Mathieu de Montmorency, connétable de France, et d'Alix femme de Simon de Montfort ; il portait le titre dé lieutenant du roi dans les parties de l'Albigeois. Le célèbre chef de la croisade avait entraîné dans son expédition ses parents de Marly. Bourchard de Marly reçut du conquérant le château de Saissac, et Lambert de Croissy, son frère, la ville de Limous. Marguerite, leur sœur, était devenue l'épouse d Amène, vicomte de Narbonne, pour rattacher à la France ce puissant et versatile baron pyrénéen. C'est ainsi que, pour servir la poUtique de Philippe- Auguste, les seigneurs de Marly avaient quitté leur manoir du nord, si digne de son nom de Mtrable-Lieu « car de son monticule de forêts, il