‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 11 sur 922 · Bannis, exilés · texte numérisé non relu

Bannis, exilés

la bataille de Muret qui rejeta derrière les Pyrénées les princes vaincus, l'Infant de Foix recueille tous ses grands proscrits dans les conques de Palhars et d'Andorre. Dépossédés par le concile de Latran, les barons méridionaux embrassent le Catharisme, consolateur des exilés. Le patriarche Guilhabert de Castres bénit la conjuration chevaleresque de Castelbon. Ils repassent le port de Salao. Où vont-ils? A la victoire ou à la mort : reconquérir leurs terres ou mourir dans leurs foyers paternels. Une nuée, sillonnée de langues de feu, brille sur les flancs du Vallier. C'est le tourbillon de poudre soulevé par le galop de la chevalerie du Paraclet. Roger-Bernard conduit l'avant garde, à la tête des trois Roger, Roger de Comminges, Roger d'Aspet, Roger de Montant. Dans les plaines de la Garonne, il culbute Joris, lieutenant de Montfort, et par le gué du Bazacle, introduit dans Toulouse, voilée d'une brume, le comte Ramon le Vieux. Montfort, vaincu devant Beaucaire, est tué devant Toulouse ; le sol roman pied à pied est reconquis, et, après sept ans de la guerre la plus acharnée et la plus tragique, Amaury est expulsé, le légat est fugitif, et les débris honteux de la croisade refoulés sanglants dans le Nord*. C'est l'œuvre de Roger- Bernard de Foix, le Macchabée, le Thrasybule pyrénéen. Le surnom mérité de Grand lui fut donné par le Midi reconnaissant dans ces fêtes triomphales de Toulouse. Car ce petit prince de montagne, dans l'immense champ clos des Alpes, de la Méditerranée,

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