G. de TUdella
INTRODUCTION ft
des Cévennes, des Pyrénées et de l'Océan, pendant quinze ans de guerre, .a vaincu Innocent III, le vicaire de Dieu, Philippe-Auguste, un puissant monarque, Simon de Montfort, un aventurier de génie, Dominique de Gusman, un missionnaire d'enthousiasme et de fanatisme, exterminé leurs vingt croisades, détruit un million de barbares, et fait triompher de ces avalanches d'hommes, le droit, la patrie, l'humanité. Nous avons dit que Ramon- Roger fut le Roland albigeois. Nous pourrions dire avec plus de justesse encore que Roger-Bernard fut l'Olivier cathare ; et ce nom d'un paladin de l'Aquitaine, ennemi de Charlemagne, ce nom de l'arbre favori de la Provence, convient merveilleusement, par son double symbolisme de guerre et de grâce, au héros, belliqueux à la fois et pacifique, de l'épopée romane du Paraclet.
Le comte Roger-Bernard fut l'objet de l'enthousiasme et des ovations patriotiques de Toulouse. Ce prince, populaire en tout temps, avait été constamment l'ami des Gapitouls. Plusieurs de ses vassaux, les seigneurs de Saint-Ibars et de Camarada, figuraient même parmi les barons du Capitole * . Il avait deux fois défendu leurs murailles, leur avait d'abord rendu leur vieux comte exilé, et maintenant leur ramenait leur jeune comte triomphant. Il était le père de leur ville, et le sauveur de la patrie romane. Après ces fêtes patriotiques, Roger-Bernard regagna ses montagnes : il remonta la rive gauche de la Garonne et de l'Ariège. Il avait